Kilimanjaro

Plein les pattes ! Vraiment ! Mais ça y est, on l’a fait, on a grimpé le Kili, 5895m, la plus haute montagne d’Afrique (ça, c’est pour continuer à améliorer nos statistiques de « plus quelque chose »). Et le plus beau dans l’histoire, c’est qu’on est arrivé tous les deux au sommet. Cette fois, pas de bande à part comme au Chimborazo, il y a déjà presque un an (eh ouais, déjà). Maintenant qu’on a fait notre petit « exploit » sportif , on se sent vraiment en vacances (ça, c’est pour vous faire bisquer une dernière fois). Désormais on va pouvoir se concentrer sur des choses vraiment sérieuses, n’impliquant aucun effort musculaire, comme partir en safari (oui, encore !) dans le Serengeti puis buller sur la plage à Zanzibar.

Mais quand même, on va revenir un peu sur cette petite promenade qui nous a vus parcourir pendant 7 jours les flancs de cet énorme volcan. Tout commence dans la petite ville de Moshi, située juste au pied de la montagne, et dont les quelques milliers d’habitants se répartissent en quatre catégories : les guides, les porteurs, les rabatteurs pour une agence organisant des treks et, tout en bas de l’échelle sociale, les femmes qui nourrissent tout le monde. Le visiteur est donc littéralement assailli de propositions plus ou moins déplacées pour monter le Kili en 2 jours, à trottinette ou à cloche-pied. Sachant qu’on allait de toute façon devoir cracher des sous (même si on l’avait voulu, il est interdit de tenter l’ascension sans partir avec un guide) on a préféré passer par une agence sérieuse. Mais forcément plus onéreuse.

Car monter au Kili, c’est tout de même une histoire de riches. Rien que pour passer une journée et une nuit dans le parc, il faut débourser 110$ / personne. Le gouvernement tanzanien sait traire comme il faut la vache à lait touristique. Et ça, c’est juste pour camper ! Il faut ensuite payer le guide et les porteurs. Reste à choisir sa route. La plus courte, la Marangu Route, se fait en 5 jours et 4 nuits. La pente est relativement douce, constante, et elle est généralement considérée comme la plus facile. Elle est même surnommée la « Coca Cola Road ». En comparaison de quoi, la Machame Route est appelée la « Whisky Road », car plus longue et plus dure : terrain plus accidenté, plus de dénivelé (on monte et on descend) et chemins moins bien tracés.

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Le programme des réjouissances
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Avec Patrick, notre guide
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Le camp de Machame, au milieu de la foret tropicale

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Pour trouver la route, suivez la ligne de porteurs...

Pourtant, c’est cette dernière qui nous intéressait. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord, la route fait tout le tour de la montagne avant l’ascension finale, ça permet de varier les paysages. Ensuite et surtout, qui dit route plus longue dit plus de temps pour s’acclimater. Et ça, depuis les déboires d’Audrey à 5000m en Équateur, on a bien compris que c’est un facteur à prendre en compte. La Machame Route se fait normalement en 6 jours et 5 nuits. Pour mettre vraiment toutes les chances de notre côté, on a décidé de la faire en un jour de plus (et donc une nuit supplémentaire à 4000m).

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On atteint les hauteurs, le camp de Shira Cave, à 3850m

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Malgré les dollars supplémentaires qu’il a fallu débourser, on ne regrette absolument pas notre décision. D’abord, parce qu’on y est arrivé au sommet ! Et en entier surtout. On a en effet croisé en là-haut des gens blêmes que leurs guides devaient littéralement porter au sommet. Ensuite parce que la route était superbe. Il faut dire qu’on a été incroyablement chanceux avec la météo. Il pleuvait avant qu’on arrive, et il pleut ce soir sur Moshi alors qu’on compose cet article. Entre les deux, grand beau temps ! Les journées suivaient toujours le même schéma : soleil le matin, nuages dans l’après-midi, et de nouveau grand ciel dégagé au coucher du soleil, juste comme il faut pour faire de belles photos.

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Les vrais héros de l'ascension, les porteurs, avec le Mt Meru en toile de fond

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Les journées de marche (exceptée celle où l’on grimpe tout en haut) n’étaient pas monstrueuses, c’est le moins qu’on puisse dire. Au pire, 1200m de dénivelé positif, au mieux trois heures de marche tranquille. En général, on arrivait au camp suivant pour le déjeuner (et juste avant que les nuages de l’aprèm ne pointent leur nez, timing parfait). Les porteurs montaient la tente, on n’avait plus qu’à se reposer jusqu’au dîner. Il manquait juste la bière fraîche… Et tout ça pendant 5 jours, à voyager entre 3800 et 4600m d’altitude. Ce qui fait qu’on est arrivé à Barafu, le dernier camp, 4600m de haut, parfaitement acclimatés à l’altitude. Pas un mal de tête, pas de vertiges, rien !

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Oui, les arbres ont une drôle d'allure dans le coin
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Le camp de Barranco, en train de se faire grignoter par la brume

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I believe I can fly... I believe I can touch ze sky !

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Audrey comparaît le Kili à un gros Flanby. Pas faux, mais si la neige correspond au caramel, disons que Chambourcy a été radin sur la dose...

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Le sac rouge au milieu c'est celui de Vincent dans lequel on avait reuni toutes nos affaires pour que ce soit plus facile a porter. Mais on n'avait pas imagine qu'il serait porte de cette facon !
Le sac rouge au milieu c'est celui de Vincent dans lequel on avait réuni toutes nos affaires pour que ce soit plus facile à porter. Mais on n'avait pas imaginé qu'il serait porté de cette façon !

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Le pic Mawenzi
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Le dernier camp, celui de Barafu, 4600m, perché sur sa crête

Restait alors le plus dur, l’avant-dernière journée, celle qui justifiait toutes les autres et qui devait nous amener sur le toit de l’Afrique. Celle-là, c’était une autre paire de manche : 1300m de montée et 2800m (!) de descente au programme. Avec le facteur altitude pour corser le tout. Départ à minuit et grimpette pendant 6h à la lampe frontale, dans un froid polaire. Quasiment impossible de boire, l’eau avait complètement gelé dans les gourdes au bout d’une heure. Pourtant, on avait encore une fois de la chance, il n’y avait presque pas de vent. On avançait à un pas de sénateur, mais bien régulier, sans quasiment aucun arrêt. Grâce à toutes ces nuits en hauteur, la seule chose dont on a eu à se préoccuper, c’était le manque d’oxygène qui rendait la marche de plus en plus dure. Mais quand Audrey, épuisée, a demandé au guide si on en avait encore pour longtemps avant de rejoindre Stella Point, marquant le bord du cratère à 5700m, le guide nous a répondu « 15 minutes ». Énorme soulagement dans les chaumières. Sans s’en rendre compte, petit pas de fourmi après petit pas de fourmi, on l’avait fait. Car de là, il ne restait plus qu’une petite heure facile jusqu’au sommet.

A y est ! On l'a fait !
A y est ! On l'a fait !
Le cratere
Le cratère

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Notre arrivée coïncidait parfaitement avec le lever du soleil. On découvrait alors un paysage magnifique dominant une immense mer de nuages : un cratère gigantesque bordé par des glaciers loin d’être ridicules. Car oui, la question qu’on se posait c’est : « est-ce qu’il reste encore de la neige au Kilimanjaro ? ». La réponse est « oui, mais pas pour longtemps » : 10 ou 15 ans suivant les prévisions. La preuve la plus évidente, c’est qu’on peut aujourd’hui rejoindre le sommet sans jamais mettre le pied dans la neige, chose impossible il y a seulement 10 ans de cela. En attendant, les glaciers sont toujours là, défiant le réchauffement climatique. Ils sont assez étranges d’ailleurs, rien de comparable avec nos glaciers européens qui creusent de profondes vallées. Ces glaciers là sont comme posés sur la cendre du volcan, petites tâches blanches incongrues au milieu d’un univers marron-gris. Et font de cet endroit un lieu magique, inoubliable.

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Le glacier est, encore de beaux restes...
Le Glacier Est, encore de beaux restes...

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Gênée par le manque d’oxygène, Audrey est rapidement redescendue avec le guide, pendant que Vincent, miraculeusement épargné par tout problème avec l’altitude, gambadait de droite à gauche avec l’appareil photo, redescendant un peu plus tard avec le guide-assistant. Au passage, l’appareil était complètement gelé lui aussi, mais fonctionnait encore, ce qui faisait retrouver à Vincent quelques vagues réflexes professionnels profondément enfouis et lui faisait dire que les japonais avaient bien fait de ne pas utiliser des composants électroniques en gamme commerciale pour réaliser leur produit. Finalement, c’est la descente (comme toujours en fait) qui nous a tués bien plus que la montée. Une longue et interminable descente jusqu’à 3100m, bien fatigante pour les genoux. Mais à l’arrivée, enfin allongé dans sa tente, on a juste le plaisir de se dire « Bon, ça, c’est fait ».

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Toute l'equipe au complet
Toute l'équipe au complet

Vraiment, on a adoré ce passage au Kili. Pour Vincent, c’était un rêve de gosse qui se réalisait. Pour Audrey c’était une vraie (et bonne) surprise. Arrivée au sommet, elle a dit texto : « Ah mais en fait c’est pas vilain le Kilimanjaro ». Oui, en effet, c’est pas vilain. Et si vous voulez profiter des glaciers, prévoyez un créneau dans les 5 prochaines années…

5 réflexions sur “Kilimanjaro

  1. lancien dit :

    Bravo la belle fille !! Nous sommes vraiment trop heureux que tu soit arrivée en haut, et que tu aies pu en profiter sans trop en baver.
    Quelle apothéose pour conclure ce tour du monde.
    Nous avons tous les uns et les autres souvent dit dans nos commentaires « vous nous faites rêver », mais sur ce coup là, vraiment, ça me fait rêver « grave ».

  2. yoannoflyon dit :

    salut!
    Et le shava shava au sommet du kili, il est OU?
    On tremble d’avance a l’idée d’un regrettable oubli…
    Bises yo

  3. Audrey et Vincent dit :

    Et oui malheureusement la motivation ne manquait pas mais l’appareil photo/camera a rendu l’ame aux Victoria Falls… mais j’avoue que j’aurais ete un peu a bout de souffle !

  4. cestmoileportugais dit :

    Des rêves de gamin réalisés….. Encore une fois les bras m’en tombent.
    Je vous envie !! J’espère bien un jour pouvoir effectuer ne serait-ce qu’une minuscule partie de vôtre périple ( sur vos conseils bien avisés:-) ).
    Merci pour l’évasion que vous me procurez à chaque billet, j’ai découvert ce que signifiait voyager…

    Même si je ne poste pas souvent, je dois être l’un de vos plus fidèle lecteur et Grand Fan !!

    Je vous embrasse

  5. Aujourd’hui, nous avons une pensée particulière pour vous deux et c’est de tout coeur que nous vous souhaitons un Joyeux Anniversaire de mariage.
    Déjà un an et que de choses partagées grâce à vos super-reportages que vous nous avez si généreusement offerts tout au long de votre périple !
    Nous avons encore beaucoup apprécié celui relatant l’ascension du Kilimanjaro et nous vous adressons un Grand Bravo pour votre exploit.
    Nous vous souhaitons une très bonne fin de voyage.

    Bises à vous deux et à très bientôt

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