Premier condensé de Namibie

Swakopmund est une des (très) rares villes situées sur le littoral namibien, autrement complètement désert (un total de 3 villes sur une côte d’environ 2000km de long, on doit pouvoir utiliser le terme « désert »). Normal, l’eau est glaciale et les environs sont tout sauf hospitaliers : qui voudrait s’y installer ? Elle possède un nom à consonance allemande, ce qui n’est guère étonnant vue que la Namibie fut naguère une colonie teutonne. Nous y sommes arrivés après avoir traversé la moitié sud du pays, pas vraiment une mince affaire vu la taille du dit pays et le fait que peu (trop peu) de routes soient goudronnées. Mais ça nous fait du bien de retrouver la civilisation, en même temps que la mer, après des semaines passées dans le désert, que ce soit en Namibie ou en Afrique du Sud.

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Bon, c'est par où la route ?

Dans le dernier article, on vous avait envoyé quelques photos prises lors de notre passage dans le Kalahari. On devait ensuite traverser la frontière au niveau du parc national et se diriger directement plein nord vers les fameuses dunes de Sossusvlei. Seulement voilà, on a comme d’habitude ouvert le guide au dernier moment et découvert qu’il existait dans le sud du pays un canyon a priori pas vilain et qui vaudrait quelque peu la comparaison avec LE Grand Canyon amerloque. Ni une, ni deux, mais 500 kilomètres plus loin à travers les paysages les plus désolés au monde, nous voilà arrivés au bord du Fish River Canyon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas eu à regretter ce détour.

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Apres mûre reflexion, ca se passe de commentaire...

Les mots nous manquent (et c’est suffisamment peu fréquent pour être signalé) pour décrire le paysage qu’on peut admirer depuis les bords du précipice. Majestueux, grandiose… Pour reprendre les mots de Mr Powell, un des pionniers qui ont découvert le Grand Canyon, c’est « too vast, too grand for description ». Le canyon est bien moins profond (550m) que son illustre confrère américain et il est possible de voir la rivière, ou plutôt ce qu’il en reste en cette période sèche, refléter la lumière du soleil dans le fond. Par contre, en ce qui concerne la largeur, le canyon de la Fish River n’a pas grand chose à envier à quelque autre formation géologique. L’autre rive semble perdue loin à l’horizon. Entre les deux, c’est un chaos de pitons, de falaises et de formations rocheuses aux formes étranges. Qui plus est, l’éloignement limite le nombre de touristes : aucun bus de chinois bruyants pour vous empêcher de profiter du coucher de soleil en toute sérénité.

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Au bord du vide...
Au bord du vide...

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On n’a pas fait non plus que l’admirer d’en haut : on est allé voir par nous-mêmes à quoi ressemblait le fond. Bon, Vincent a su (difficilement) résister à l’appel du trek de 5 jours de long qui parcourt le canyon sur toute sa longueur. C’est qu’on a d’autres choses à voir en Namibie et que, même sur un an de voyage, le temps est limité. On s’est contenté de remonter la vallée au cours d’une petite marche qui nous a permis de découvrir des paysages superbement désolés. Bien qu’il y ait ici un peu d’eau, la vie est rare et on se sent très rapidement perdus en plein désert. Trop chaud par ici, on n’a qu’une envie, se mettre à l’eau ! Oui mais voilà, où ? Et bien justement, dans une oasis juste à côté, un centre thermal a été aménagé, dont la présence est aussi incongrue dans cet univers minéral qu’une chanson de Brassens dans la bouche de Beyonce. Néanmoins, profiter du luxe des installations thermales et des bains bouillants (et bouillonnants), ça n’a pas de prix ! Ou plutôt si, juste celui du camping adjacent…

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L'oasis d'Ai-Ais au milieu du désert
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Des fois la vie, c'est vraiment trop dur...

Ceci fait, on a une nouvelle fois couvert beaucoup de distance pour rejoindre la petite « vile » de Sesriem. Sesriem n’a rien pour elle si ce n’est d’être le point de passage obligé pour aller visiter les fameuses dunes de sable du désert du Namib. Il y a des gens qui ne viennent en Namibie que pour admirer ces dunes ! Ce doit être les mêmes qui achètent des « tours de l’Europe en une semaine »…

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Ouais, ca valait le coup de se lever a 4h du mat'
Ouais, ça valait le coup de se lever a 4h du mat'
Audrey porte encore son coupe-vent mais dans moins d'une heure, on n'aura plus qu'une envie : tout enlever !
Audrey porte encore son coupe-vent mais dans moins d'une heure, on n'aura plus qu'une envie : tout enlever !

On ne peut pas leur donner totalement tort non plus car le spectacle des rangées de dunes parallèles au soleil levant vaut son pesant d’or (en fait, on verra plus loin que ce n’est malheureusement pas qu’une façon de parler). Le sable passe par toute une incroyable série de couleurs, du rose pâle à l’orange vif, pour finir par un jaune doré de carte postale. Et ce qui est agréable, c’est que tous les touristes vont moutonner en groupe dans le même coin, laissant le calme du désert à ceux qui font l’effort de marcher un peu plus loin dans les dunes.

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Ben la aussi, pas de mots...
Ben là aussi, pas de mots...

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Au delà du célèbre Sossusvlei, il y a des endroits cachés à quelques kilomètres, accessible à pied uniquement, où on peut expérimenter l’impression d’être seul au monde. On arrive sur des plaines dont la terre a littéralement cuit au soleil, entourées de dunes de 300m de haut. Bon, soit disant qu’il s’agit des plus hautes du monde mais on se souvient que les péruviens disaient la même chose du Cerro Blanco, alors on se contentera de dire que c’est trop haut pour y grimper sans y laisser un poumon. D’accord, la marche sous le cagnard brûlant est une des plus dures qu’on ait jamais faites si on la ramène à sa durée. On a chacun perdu trois litres d’eau partie en sueur. Mais profiter seuls d’un terrain de jeu de pareil, ça vous laisse des souvenirs inoubliables.

Plus marrant a descendre qu'a monter !
Plus marrant à descendre qu'à monter !

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Les arbres en bas donnent bien l'echelle
Les arbres en bas donnent bien l'échelle
La dune 45, la plus visitee et pas la plus vilaine, il faut le dire...
La dune 45, la plus visitée et pas la plus vilaine, il faut le dire...

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Le hidden vlei, un endroit qui porte bien son nom, loin des foules
Le hidden vlei, un endroit qui porte bien son nom, loin des foules

Pour revenir rapidement sur le fait que les namibiens ont bien compris que touriste rime avec pompe à fric, il faut parler du camping de Sesriem. En fait, si on veut pouvoir franchir les barrières du parc avant le lever de soleil et profiter de celui-ci depuis les dunes, on est OBLIGE de dormir dans le dit camping, ou dans une des lodges adjacentes. L’endroit est donc toujours surbooké mais fidèles à notre habitude, on est arrivé sans réserver. On a tchatché un veilleur de nuit dubitatif quant à notre réservation perdue, mangée par un lion borgne, et notre pneu crevé, grignoté par des rock dassies, qui nous aurait mis en retard, jusqu’à ce que celui-ci nous ouvre la grille avec une certaine désapprobation. Le lendemain, en honnêtes petits français que nous sommes, on est quand même passé à la réception régler la note pour la nuit. Ben on aurait mieux fait de filer à l’anglaise : 600 dollars namibiens la nuit en camping ! Soit 55 euros pour un coin de sable à côté des douches. En fait on a compris le pourquoi de la chose : pour être sûrs d’avoir un « plus quelque chose », les gens de Sesriem ont multiplié leurs tarifs par 5 pour devenir le camping le plus cher du monde, élémentaire mon cher Watson !

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Le tout petit point au centre, c'est bien Audrey !
Le death vlei, un endroit bien nomme lui aussi
Le death vlei, un endroit bien nommé lui aussi

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D’autant plus vilain si on le compare avec le plus (encore un « plus ») extraordinaire camping dans lequel on ait jamais dormi, juste au pied des montagnes de Naukluft. Cet endroit proposait un concept unique, ou du moins tout nouveau pour nous. Chaque emplacement possédait en effet son propre bloc sanitaire. C’était déjà surprenant mais ça n’aurait été qu’anecdotique sans le fait que chaque emplacement était situé à au moins 100m de l’emplacement voisin ! C’est ça de posséder des propriétés de plusieurs centaines (voire milliers) d’hectares, on peut se permettre ce genre de luxe ! D’ailleurs, la réception proposait gratuitement plusieurs treks à faire dans l’enceinte de la propriété : l’un d’eux faisait pas moins de 21km de long, imaginez la taille du truc ! Évidemment dans ces conditions, on a vraiment l’impression de camper en plein milieu de la nature, loin de toute civilisation (ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment faux).

Oui, tout ca, c'est notre emplacement...
Oui, tout ça, c'est notre emplacement...

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Le lendemain, gros trek de 7h de long dans les montagnes toutes proches. On a découvert qu’il pouvait y avoir de l’eau en Namibie puisqu’on a remonté et descendu deux petits canyons au milieu desquels coulaient de jolis ruisseaux formant cascades et bassins, où on pouvait même se baigner. Un paysage idyllique d’autant pus surprenant que, dès qu’on quittait les vallées, on arrivait sur des plateaux secs où, sans vent, on aurait suffoqué sous la chaleur. Une marche très dure mais qui nous a permis de voir nos premiers klipspringers, des petites antilopes encore plus agiles que nos chamois. Évidement, il n’y a que des français pour s’infliger des trucs pareils et on était encore bien loin des foules, ce qu’on apprécie toujours plus.

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La vallee de la Naukluft
La vallée de la Naukluft

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Un petit klipspringer
Un petit klipspringer
Les rock dassies dont on parlait plus haut, des petites marmottes en plus joufflu
Les rock dassies dont on parlait plus haut, des petites marmottes en plus joufflu
Il parait que cet animal est le plus proche cousin de l'elephant. Certains scientifiques devraient arreter la drogue...
Il paraît que cet animal est le plus proche cousin de l'elephant. Certains scientifiques devraient arrêter la drogue...

La suite du programme n’est pas très claire mais il est certain qu’elle inclura le parc national d’Etosha, où il nous reste plein d’animaux à voir. On n’est pas encore blasés et il nous manque encore les rhinos noirs à rajouter à notre liste, qui commence pourtant à être longue. Bonne canicule à vous, nous on peut vous dire que même si on est en plein hiver, on est bien content d’avoir la clim’ dans la voiture pendant la journée !

…et 10 de der !

Yeeebo !

Ce petit mot rapide depuis le fin fond du désert namibien pour vous dire qu’on n’oublie pas le blog mais qu’Internet est ici suffisamment rare pour que le prochain article complet sur la Namibie attende encore un peu.

On voulait juste signaler par ce petit article (et ce titre) qu’on a fêté le 18 août dernier notre journée des 10 : 10 ans que nous sommes ensemble tous les deux et également 10 mois de mariage. Yeah ! On a passé la frontière namibienne ce jour-là pour souffler nos bougies au fin fond du désert (à Karasburg précisément), sous la pluie qui plus est ! Si ce n’était pas une journée exceptionnelle !

Histoire de ne pas vous laisser sans rien, on vous rajoute quelques photos prises dans le parc du Kgalagadi, le dernier qu’on a visité en Afrique du Sud. Beaucoup (beaucoup !) de route pour s’y rendre, des journées fatigantes à suer toute l’eau de son corps par une chaleur intenable mais a l’arrivée un spectacle animalier formidable. Une de nos plus belles expériences dans ce pays avec le Kruger ! Et pourtant, on en a fait quelques uns, des parcs…

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Ouais, on etait vraiment pas loin cette fois ! (double verification que les vitres etaient bien fermees)
Ouais, on n'était vraiment pas loin cette fois ! (double vérification que les vitres etaient bien fermées)

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Et ouais, la lionne n'etait pas seule ! Il est pas trop chou lui ?
Et ouais, la lionne n'était pas seule ! Il est pas trop chou lui ?
Bon d'accord ils sont un peu plus loin que la lionne mais ce sont les tout premiers guepards que l'on observe (une mere et deux jeunes)
Bon d'accord ils sont un peu plus loin que la lionne mais ce sont les tout premiers guépards que l'on observe (une mère et deux jeunes)
Et un oryx pour finir, parce que c'est quand meme la plus belle de toutes les antilopes
Et un oryx pour finir, parce que c'est quand même la plus belle de toutes les antilopes
Allez, encore un avec un copain cete fois
Allez, encore un avec un copain cette fois

The Cape Region

Ca y est, c’est fait, nous avons finalement atteint la limite sud de notre périple en Afrique du Sud (et par conséquent en Afrique tout court, logique). Le Cap… C’est un nom qui fait rêver, non ? Un nom qui suffit à évoquer le voyage et l’aventure, quand tous les ans les navigateurs en solitaire passent au large. Après six semaines de route et plus de 7000 km, nous avons rejoint la deuxième ville du pays en terme de population mais certainement la toute première en terme de notoriété touristique (et ce n’est certainement pas Johannesburg qui va lui faire de l’ombre sur ce terrain). On a passé quelques jours dans la métropole, laissant le van au parking et goûtant aux délices d’un vrai lit après plusieurs mois de quasi camping permanent, profitant des restaurants, des cinémas et surtout de l’environnement absolument magnifique.

La vue des Table Mountains depuis le port
La vue des Table Mountains depuis le port
La Clock Tower
La Clock Tower

Notre dernier article sur ce blog datait du Drakensberg et on devait à l’époque se dépêcher de rejoindre la côte. On a bien fini par retrouver l’Océan Indien, mais un peu plus tard que prévu. On a fait entre temps connaissance avec une région un peu à l’écart des routes les plus fréquentées : le Karoo. C’est ainsi que sont nommées les immenses étendues de terres arides qui s’étendent au centre, à l’ouest et au nord du pays (bref, à peu près partout en dehors de la côte).

Dans la montée du Swartberg
Dans la montée du Swartberg

Des paysages de western absolument plats mais agrémentés de temps à autres d’une petite montagne de pierre rouge avec un sommet bien plat d’où on s’attendrait bien à voir s’élever des signaux de fumée. Pas d’indiens par ici c’est évident (ou alors si, mais dans ce cas ils s’appellent Rajiv, ont une grosse moustache et tiennent l’épicerie du coin), mais pas d’humains tout court en fait. Le coin est complètement désert et on peut tout à fait conduire pendant une demi-heure sur les routes absolument rectilignes sans croiser âme qui vive.

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Bien que ridiculement petites à côtés de leurs consœurs alpines ou himalayennes, les montagnes qui délimitent la région au sud sont parmi les plus belles qu’on ait traversées, Drakensberg inclus. Elles compensent en verticalité ce qu’elles n’offrent pas en altitude. Les ruisseaux y ont taillé des gorges à la tronçonneuse et on passe d’une vallée à l’autre par des cols vertigineux ouvrant sur des panoramas à couper le souffle.

Cette fois, c'est dans la montee du col d'Outeniqua
Cette fois, c'est dans la montée du col d'Outeniqua
Hop, on entame la redescente !
Hop, on entame la redescente !

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Pour la partie fun de l’histoire, c’est là aussi qu’on a visité ce qui doit sûrement être la capitale mondiale de l’autruche (en même temps, y-a-t-il des concurrents ?), un endroit où ces oiseaux remplacent les vaches dans les champs. Dans toute la ville, on ne vit qu’au travers de ces stupides mais amusantes bestioles dont on exploite les plumes, le cuir et bien sûr la délicieuse viande rouge. Mais ce qui nous a bien fait marrer à Oudtshoorn, c’est le rodéo d’autruche. Car oui, il est possible de grimper sur une autruche, c’est en fait super costaud comme animal. Après ça, la contraindre à aller dans la direction qu’on a choisie, c’est une toute autre histoire. On se contente de s’accrocher très fort aux ailes et on prie pour éviter de s’étaler lamentablement dans la boue sous les rires narquois de ses petits camarades.

La en fait, elles nous faisait un peu peur... Surtout quand l'une d'elles a presque reussi a franchir la barriere !
La en fait, elles nous faisaient un peu peur... Surtout quand l'une d'elles a presque réussi à franchir la barrière !

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Mais tu vas me le faire ce bisou, oui ?
Mais tu vas me le faire ce bisou, oui ?
Yeeeaaahhhh !
Yeeeaaahhhh !

Puis on a changé de pays d’un seul coup. A dire vrai, on a changé aussi de continent. En rejoignant la côte, on a quitté l’Afrique pour arriver dans un pays ressemblant étrangement à la NZ. Ou à l’Australie, au choix. Sea, sex and backpackers ! Alors qu’on était seuls ou presque dans tous les campings du pays depuis un moment, voilà qu’on a retrouvé les foules touristiques. Ici, pas question d’insécurité, de crime, de SIDA et de tous ces trucs qui dérangent. Non, la vie est fun et il y a à peu près autant d’activités à faire que dans les plus grands centres kiwis. Même le paysage est bien plus vert qu’ailleurs et s’il n’y avait pas cette forte population noire (évidemment la classe la plus pauvre), on pourrait hésiter sur le nom du pays dans lequel on a atterri.

Hermanus, la ville ou 'on a vu des baleines nager a 20m du rivage
Hermanus, la ville où l'on a vu des baleines nager a 20m du rivage

Bon, on ne veut pas du tout dire par là qu’on n’a pas aimé notre passage sur la Garden Route (nom marketing du coin) on veut juste préciser que les gens qui ne visiteraient que ça dans le pays ne pourraient pas dire qu’ils ont vu l’Afrique. Nous, ce qu’on a le plus apprécié sur cette portion de la côte, ce sont les magnifiques paysages, une fois de plus (en particulier dans le Tsitsikamma National Park). La mer y est d’un bleu parfait, qui contraste fortement avec le vert émeraude des forêts qui recouvrent le rivage. On trouve dans le coin des dunes de sable, des falaises immenses, des cascades, des ponts suspendus, de la forêt tropicale, bref, un grand terrain de jeu majoritairement vierge de toute trace de l’activité humaine.

Les cotes du Tsitsikamma NP
Les cotes du Tsitsikamma NP

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Et puis enfin il y a le Cap. Quand on demande aux sud-africains de Jo’burg ce qu’ils pensent de la vieille rivale, la première chose qu’ils évoquent, ce sont les superbes alentours. Pour aussitôt ajouter « mais je n’irais jamais vivre là-bas, il fait bien trop moche en hiver ». Et ils ont parfaitement raison sur les deux points. En ce qui concerne la météo, disons que c’est le seul endroit dans toute l’Afrique du Sud où on a subi deux jours de pluie consécutifs. Partout ailleurs, on a bénéficié d’un soleil tellement beau qu’il était impossible d’imaginer qu’on était en hiver (si ce n’est les températures nocturnes). Et pour ce qui concerne le cadre, on peut dire sans exagérer qu’il y a très peu de villes au monde qui peuvent se vanter de bénéficier d’un plus bel emplacement.

Le matin, au dessus de la mer de nuages
Le matin, au dessus de la mer de nuages

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Le centre-ville est complètement coincé entre l’Océan Atlantique d’un côté et les Table Mountains de l’autre. Des falaises incroyables qui dominent de jolies maisons, des espaces verts partout et surtout des plages si idylliques qu’elles pourraient avoir leur place en Polynésie française… jusqu’à ce qu’on mette les pieds dans l’eau. En fait, la ville est posée juste à l’entrée de la péninsule du Cap, occupée aux trois-quarts par un parc national dans lequel on trouve une colonie de pingouins (c’est bien la preuve que l’eau est loin des 28°C), ainsi que des antilopes et des autruches en liberté, le tout à quelques minutes de trajet depuis les immeubles du centre. Et s’il n’y avait que ça ! Au milieu des collines et des vallées, on trouve aussi de grands domaines viticoles qui produisent un vin d’extrêmement bonne qualité dans ce qui serait Antony (pour la distance du centre) si on comparait à la région parisienne. Bref, les gens qui vivent par là seraient bien hypocrites s’ils critiquaient leur cadre de vie…

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The Lion's Head, qui domine le centre
The Lion's Head, qui domine le centre
Oh, un petit pingouin sur la plage
Oh, un petit pingouin sur la plage

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Un bontebok perdu dans la lande
Un bontebok perdu dans la lande
Les vignes au pied de la montagne
Les vignes au pied de la montagne
Yep, les caves ont la classe par ici
Yep, les caves ont la classe par ici

La vallee de Franschhoek, le graal des vignerons
La vallée de Franschhoek, le graal des vignerons

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Et puis tout au bout du bout de la péninsule, il y a le Cap de Bonne Espérance, sans doute un des points géographiques au nom le plus évocateur du monde. Les sud-africains aimeraient bien d’ailleurs le vendre comme un endroit « le plus quelque chose » mais pas de bol pour eux, ce n’est pas le point le plus au sud du continent (c’est un autre cap méconnu d’Afrique du Sud qui détient ce titre). Frustrés, ils se contentent de le désigner comme le point le plus au sud-ouest d’Afrique. Si quelqu’un comprend ce que ça veut dire au juste, merci de nous éclairer. Mais plus qu’un rocher qui sépare deux océans (hop je fais trempette dans l’Atlantique et hop, 5 minutes plus tard dans l’océan Indien !) c’est un de ces endroits quasi mystiques où on se sent tout chose face à la grandeur de la nature. Et on vous le dit sans rigoler…

Le plus au sud-ouest donc...
Le plus au sud-ouest donc...
Le fameux Cap de Bonne Esperance
Le fameux Cap de Bonne Esperance

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Sur la cote atlantique
Sur la cote "indienne"

Et juste apres sur l'ocean Atlantique
Et juste après sur l'ocean Atlantique

 Vous l’aurez compris, on en a pris plein les yeux avec les paysages de la région du Cap. On a tellement aimé qu’on a un peu rallongé notre séjour en Afrique du Sud au-delà de ce qu’on avait initialement prévu. Ce qui en fait désormais le pays dans lequel on a passé le plus de temps durant ce tour du monde (en comptant les petites incursions au Lesotho et au Swaziland). On n’en a pas tout à fait fini néanmoins. Après la Cap, on fonce vers le nord et la frontière avec le Botswana pour aller visiter le parc désertique du Kgalagadi. C’est de là qu’on finira par quitter le pays pour finalement entrer en Namibie.

Ooooh, le premier pneu a plat (et pas qu'un peu). Heureusement, on n'etait pas trop loin de la civilisation...
Ooooh, le premier pneu à plat (et pas qu'un peu). Heureusement, on n'était pas trop loin de la civilisation...

PS : comme d’hab, on en a profité pour remettre a jour différentes pages, comme le trajet en Afrique, le tour du monde de la biere et la mise a jour de la page manuel du tour du monde avec les données concernant l’afrique du Sud tout en bas.

Oh une carte !

Et ouais tout arrive ! Une carte toute fraîche pour voir notre trajet en Afrique du Sud. Un grand merci à ses auteurs !

Pour nous, tout continue a merveille, on se dirige desormais vers le Cap, en suivant plus ou moins la côte et en s’arrêtant au bonheur des superbes paysages rencontrés.

Sinon, histoire de rigoler, vincent a fait un nouveau saut a l’élastique, cette fois le plus haut saut IN DA WORLD en toute simplicité : juste 216m de haut, voila qui rend les 134m du Nevis Highwire en NZ tout de suite plus ridicules, non ?

4 secondes de pure chute libre, 180m de chute... ouais, ça laisse songeur
4 secondes de pure chute libre, 180m de chute... ouais, ça laisse songeur

A la demande expresse de Jo…

…qui accède ainsi à la célébrite blogospheresque.

Voici la mise à jour de la page binouze !!! Non, on n’avait pas oublié cette page (ni de boire d’ailleurs) on manquait juste d’internet ! Juste trois bières listées pour le moment mais il faut dire qu’on se les caillait un peu ces derniers temps et qu’on était plus au vin chaud qu’à la biere après le déjeuner… Ou n’importe quand d’ailleurs…

Quant à la carte du trajet en Afrique du Sud, désolé, elle attend patiemment à Orsay de nous être envoyée par mail dès qu’une certaine personne aura reparé le toit de la maison au fond du jardin !

Enfin, c’est jour de fête, on a même une tellement bonne connexion aujourd’hui qu’on a créé une nouvelle page, qu’on espère faire grandir très bientot car on a un bon stock de photos a écouler !

Drakensberg et Lesotho (tamponneuses) (*)

Et voilà le (seulement) deuxième billet en provenance d’Afrique du Sud, alors que notre compteur affiche déjà près de 5000 kilomètres parcourus dans le pays. Enfin, à l’heure où on le compose, on ne sait pas encore quand on finira par trouver un poste internet qui nous permettra de vous donner ces quelques nouvelles fraîches. Car on navigue en ce moment dans des coins relativement reculés, où on ne trouve pas d’autres touristes que nous-mêmes. Nous avons pour un moment quitté la côte et sommes retournés dans les montagnes. Pendant une bonne semaine, on a ainsi parcouru du sud au nord la superbe chaîne du Drakensberg, ou traduit en bon français, « les montagnes du dragon » (vous ne trouvez pas que ça claque comme nom ? C’est quand même bien plus vendeur de dire « je vais randonner dans les montagnes du dragon » que « je pars en cure thermale dans les Vosges, non ? »). 

Il n’y a personne aux environs disait-on, mais ce n’est certainement pas à cause d’un manque de paysages scéniques. Ces montagnes sont tout simplement magnifiques, et plus que tout, uniques. Bien qu’on commence à en avoir vue une belle quantité, sur un peu tous les continents, il est certain qu’on n’a encore jamais rien admiré de pareil. Prenez un plateau couvert de savane africaine, ces herbes hautes et jaunes où on s’attendrait à croiser un lion derrière chaque acacia, et bordez-le d’une première barrière de falaises. De belles falaises, des murs rouges et gris absolument infranchissables. Rajoutez-y un deuxième plateau et une deuxième muraille de pierre encore plus haute (dépassant les 3000m d’altitude, soit le plus haut massif au sud du Kilimandjaro) par-dessus et ça y est, vous avez une idée de ce à quoi ressemble le Drakensberg. Et n’oubliez pas de multiplier le tout sur plus d’une centaine de kilomètres de long. A chaque passage d’une vallée à l’autre, on en restait le souffle coupé… 

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Au pied du Policeman's Helmet
Au pied du Policeman's Helmet
La sentinelle
La sentinelle
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Ooooh, les gros cochons d'Inde de montagne !

Non si le coin est déserté, il faut plutôt chercher du côté du climat. Comme vous le savez, ici, en ce moment, c’est l’hiver. Et en hiver, dans les montagnes d’Afrique du Sud, il peut faire vraiment très froid. En fait, il y a des écarts extrêmes entre le jour et la nuit. On randonne dans la journée en T-shirt, on peut aussi s’y balader en tongs, en prenant de bonnes couleurs sur les joues, mais la nuit mon dieu qu’il fait froid (on a subi du -7°C). En fait, pour pouvoir supporter ces températures polaires dans notre van non chauffé, il faut d’abord enfiler sa tenue de commando avant d’entrer dans le duvet sarcophage, lui même recouvert de deux couvertures : pantalon chaud, polaire et micro-polaire, grosses chaussettes de laine… Audrey rajoute même des gants et un bonnet à la panoplie.  

Au petit matin, on voit encore que la bagnole est completement gelee
Au petit matin, on voit encore que la bagnole est complètement gelée

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La contrepartie, c’est qu’on a un temps absolument magnifique (très peu de précipitations en hiver). Le ciel est d’un bleu d’acier et pas un nuage ne vient boucher l’horizon. Un temps parfait pour randonner et on s’en est donné à cœur joie. Avec un plaisir d’autant plus grand qu’on n’avait pas fait d’exercice sérieux depuis… voyons voir… le Milford Track en NZ. Wahou ça date (comme on dit en Égypte). 

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En particulier, on a fait une de nos plus belles randos autour de Cathedral Peak, une marche de près de 9h qui nous a menés au-dessus des falaises pour avoir une vue magnifique sur toute la région. On marchait sur des sentiers vertigineux avec l’impression de voler au-dessus des pics. Et on était parfaitement seuls, exceptés les vautours. Il régnait un silence incroyable, presque dérangeant pour qui est habitué aux montagnes françaises où il y a toujours un bruit perceptible, qu’il vienne d’une route, d’un village ou même simplement de la cloche d’une vache. Là, même pas un souffle de vent… Et en plus on a rencontré notre première neige africaine, encore conservée sur les versants à l’ombre. Tiens, ce serait pas mal si on pouvait skier… 

Pendant la montee vers Cathedral Peak
Pendant la montée vers Cathedral Peak

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La premiere neige
La première neige

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Le Peak en lui meme, assez impressionnant
Le Peak en lui-même, assez impressionnant

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Oui c'est un peu abrupt...
Oui c'est un peu abrupt...

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Best panorama ever !!!
Best panorama ever !!!

Enfin bref, c’est dans ce décor de rêve qu’on a fêté l’entrée dans la « vieillerie » de Vincent. Plus exactement, Vincent a fêté ses 30 ans au Royal Natal National Park. Et autant on avait choisi le décor et les activités parfaits pour les 30 ans d’Audrey (plage, coraux et farniente) autant on ne pouvait mieux tomber pour Vincent : montagne et rando tous les jours, avec le soleil en prime, yeepeeh ! On a passé la journée du 27 (oui, c’était le 27, trop tard pour les retardataires) à marcher dans des gorges au pied de « l’amphithéâtre », un immense cirque surplombé de falaises impressionnantes et contenant en son sein une des plus hautes cascades au monde (qui pour le coup, était complètement gelée). Audrey en a profité pour prendre sa revanche sur le fait de n’avoir eu qu’une bougie / chauffe-plat pour son anniv’ et a fait souffler ses (ou plutôt sa) bougie(s) à Vincent sur absolument tout ce qu’il a ingurgité durant la journée. Il y a eu les céréales d’anniversaire, la tartine d’anniversaire, la pistache d’anniversaire, l’avocat d’anniversaire… avant, tout de même, le gâteau. 

C'est super mal fait mais c'est cense etre un mime de 30 (ans)
C'est super mal fait mais c'est censé être un mime de 30 (ans)
La saucisse d'anniv'
La saucisse d'anniv'
La pistache
La pistache

Et les cereales
Et les céréales L'amphithéâtre en question, grandiose
Un peu de grimpette
Un peu de grimpette

Remarquez les ballons sur le sac a dos
Remarquez les ballons sur le sac à dos

 Mais revenons à ce qu’on disait un paragraphe plus haut et sur un mot en particulier qui résonne à nos oreilles comme une douce musique : le ski ! Il y a deux semaines de cela, on n’aurait même pas eu l’idée incongrue de faire du ski en Afrique du Sud. Pour ce qu’on en savait, le ski en Afrique se limitait au Maroc, point à la ligne. Erreur ! Ce furent d’abord deux hollandais rencontrés au Swaziland qui nous ont dit que oui, peut-être, il y aurait bien une station dans le coin mais… au Lesotho ! On est allé vérifier sur internet et en vérité, il y a même deux stations, l’une en Afrique du Sud elle-même, et l’autre effectivement au nord du Lesotho. Ni une, ni deux, on a inscrit cette dernière à notre programme, parce que skier au Lesotho, on trouve que ça assure un max (et qu’on comptait de toutes façons passer dans le coin). 

Le Lesotho vous connaissez ? C’est ce minuscule pays complètement enclavé dans l’Afrique du Sud. Pas d’autres voisins, ni même un accès à la mer. Et un territoire sûrement aussi montagneux que la Suisse (la richesse en moins malheureusement). D’ailleurs, l’intitulé officiel du pays est « Royaume des montagnes du Lesotho ». Une grande partie du pays se trouve au-dessus de 2000m et les conditions climatiques en hiver sont assez terribles. Ce qui donne au paysage des allures certaines de Tibet, par son aspect aride et rocheux. Par contre le pays possède une ressource inestimable : de l’eau. Il semblerait que toute l’eau (et ce n’est pas une façon de parler) de l’Afrique du Sud provienne du Lesotho, ce qui apporte un peu de devises à la contrée et aide Lesotho-chtones (*) à s’en sortir.

Les hauteurs du Lesotho, avec un petit air de Tibet
Les hauteurs du Lesotho, avec un petit air de Tibet

 Et qui dit précipitations plus froid dit neige. C’est ainsi qu’un autrichien un peu fou a décidé de monter de toutes pièces une station à côté du minuscule hameau d’Oxbow, à plus de 2500m d’altitude. La route pour y aller est une des plus violentes routes de montagnes qu’on ait jamais empruntée. Vingt kilomètres d’épingles à cheveux vertigineuses et tellement raides qu’on n’a jamais pu dépasser le 40 km/h, pied au plancher, rapports les plus bas enclenchés ! Pour ajouter au piquant de la chose, on croisait des camions surchargés qui descendaient comme des fous en se souciant peu de notre petit véhicule… En fait, après avoir conduit au Lesotho, on peut affirmer que la conduite en Afrique du Sud est une expérience tout à fait sécuritaire. Enfin, pour arriver jusqu’à la station elle-même, il faut finir par quelques kilomètres de piste en gravier. Bref, il faut vraiment se le mériter, son ski !  

La vue generale sur le site
La vue générale sur le site

La piste dans son integralite (pas bien grande hein ?)
La piste dans son intégralité (pas bien grande hein ?)

 Et tout ça pour quoi alors ? Et bien Afriski (c’est le nom de la station) dispose d’un domaine culminant à la très estimable altitude de 3222m (genre le haut des pistes de Tignes, par exemple). Ce qu’il ne faut pas dire, c’est que le bas des pistes se situe, lui, à environ 3000m. Et que par « bas des pistes » on entend plutôt bas de LA piste. Car oui, il y a une seule et unique piste, longue d’un peu plus d’un kilomètre, perdue au milieu de nulle part, complètement incongrue dans cet environnement minéral. Mais les installations sont plutôt modernes : il y a un téléski et des dameuses, qui avaient visiblement bien travaillé car la couche de neige était plutôt agréable à skier. Au final, nous ne sommes restés pour skier qu’une demi-journée (une fois comparé avec le niveau de vie du pays, le prix du forfait est tout à fait qualifiable de « vol caractérisé», ce qui nous fait dire qu’on ne critiquera plus jamais les tarifs français) mais on s’est vraiment bien amusé. En fait, la qualité du ski était étrangement bonne, avec une neige assez souple en milieu de journée. Et puis il faut le dire aussi, on avait clairement le meilleur niveau de la station et on pouvait (un peu) grave se la péter ! 😀   

Et vue d'en haut
Et vue d'en haut

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On aime beaucoup le "extreme" !
On aime beaucoup le "extreme" !

 A l’heure qu’il est, le plan est de continuer vers le sud du petit royaume pour aller faire une rando à cheval dans les environs de Malealea, puis de retrouver simultanément l’Afrique du Sud, la côte et des températures nocturnes au-dessus de 0°C. Direction ensuite Cape Town (étape indispensable de toutes façons si on veut avoir le moindre espoir de faire réparer notre reflex) avant de remonter vers la Namibie. See you later ! 

(*) Vincent supporte la pleine et entière responsabilité de ces calembours (hâtifs), calembours d’autant plus moisis que le Lesotho ne se prononce pas Lé-zo-to à la française , mais Lé-ssou-tou !

Les débuts en Afrique du Sud, le vrai (et gros) article !

Salut à tous, voilà enfin le premier vrai article consacré à l’Afrique du Sud !

Petit matin au Kruger
Petit matin au Kruger

On est désolé de ne pas avoir donné de nouvelles ces derniers temps mais voilà, nous avons changé de continent et en Afrique internet est tout à la fois lent, cher et peu fréquent. Enfin ce n’est pas tout à fait vrai, on se souvient très bien qu’à Madagascar, ou même en Ethiopie, on en trouvait partout, mais ici en Afrique du Sud, pays pourtant bien plus développé que les précédents, ce n’est pas le cas. Peut-être est-ce aussi parce qu’on bat la campagne depuis des jours et des jours. Quand on reviendra vers des zones urbanisées, peut-être pourra-t-on communiquer plus souvent avec vous, qui sait ? Enfin tout ça pour dire qu’on a bien l’impression que les mises à jour régulières, agrémentées de moultes photos pour illustrer, semblent appartenir désormais au passé. Et ce d’autant plus que notre super appareil photo-reflex-numérique-micro-ondes-réveil-matin vient de rendre l’âme sans même un « couac » ou un « bliblip » d’avertissement et qu’on ne voit pas du tout comment on va le faire réparer dans le coin. Si on ne peut même plus faire confiance aux marques japonaises… (qui commencent par Ni et qui finissent par Kon pour ne pas la citer).

Et sinon qu’est-ce qu’on a fait depuis tout ce temps ? Et bien nous avons atterri à Johannesburg (Jo’burg pour les intimes) où nous avons passé quelques jours histoire de préparer la suite du voyage en Afrique. La ville en elle-même a peut-être un intérêt touristique mais ça, nous n’en savons rien ou presque. Quand, même en plein jour, tout le monde déconseille fortement d’aller dans 95% des quartiers, y compris (et même surtout) dans le centre, ça limite fortement les options. C’est assez impressionnant pour nous autres européens de voir les habitants s’enfermer chez eux avec barrières électriques, barbelés et caméras de surveillance. Le crime ici, c’est un vrai problème pas encore résolu.

On est quand même sortis de l’hôtel parce qu’on y étouffait un peu, histoire de passer une quasi journée complète dans l’ultra intéressant (et pas trop déprimant car c’est quand même une histoire qui finit bien) musée de l’apartheid. Et on en a profité aussi pour passer une soirée avec Ryan et Inge-Marie, les deux SA (pour Sud-Africains) qu’on avait rencontrés en Équateur, au tout début de notre voyage, il y a de ça déjà si longtemps.

Mais il est clair que l’intérêt du pays se trouve ailleurs, par exemple dans ses innombrables parcs nationaux qui renferment une incroyable faune, celle qu’on a tous vue au moins une fois dans un documentaire animalier quelconque sur la cinquième, un de ces dimanches après-midi où on ne voulait pas mettre le nez dehors (ou une de ces longues nuits sans trouver le sommeil). On a donc loué un van, du même type que ceux qui nous ont déjà bien servis en Australie et en NZ et on est partis pour un très long tour non seulement en Afrique du Sud, mais aussi en Namibie et au Botswana. Ce qui fait que ce van là, ça va être notre maison pour au moins deux mois et demi. Il a donc intérêt à être confortable (et fiable !). En tout cas, il a un peu la classe…

Dans le parc du Pilanesberg
Dans le parc du Pilanesberg
Hop, le même mais vu de haut
Hop, le même mais vu de haut
Le van "DJ qui fait du scratch avec les pneus". Ultime...
Le van "DJ qui fait du scratch avec les pneus". Ultime...

On a commencé notre tournée par le parc du Pilanesberg, à seulement deux heures de route de Jo’burg (au passage les routes SA sont étonnamment super bonnes ET limitées à 120, ce qui fait qu’elles sont absolument mortelles, au sens propre du terme, car les locaux roulent comme des tarés juste à côté des piétons qui piétonnent en tout sens et des vaches qui ruminent au milieu de la route). Le parc est situé en pleine zone urbaine et pourtant, dès qu’on en franchit les grilles, on passe dans un autre monde. On entre véritablement dans le doc’ dont on parlait plus haut. Il y a des gnous et impalas (les petites gazelles qui servent de casse-croûte aux lions) absolument partout. Et bien sûr tous les membres de ce qu’on appelle ici le « Big 5 », à savoir lions, léopards, rhinos, éléphants et buffles. Qu’on a tous vus alors, excepté le léopard. Par contre les rhinos (blancs), ça on en a vu, et même de super près ! A tel point qu’on se demandait si plus près, ça n’aurait pas été directement la corne dans la portière !

Bon là, c'est un rhino blanc : un bon point à celui qui nous dit pourquoi on l'appelle comme ça (attention, il y a un gros piège)
Bon là, c'est un rhino blanc : un bon point à celui qui nous dit pourquoi on l'appelle comme ça (attention, il y a un gros piège)
Un phacochère
Un phacochère
Des impalas (l'animal de loin le plus fréquent ici)
Des impalas (l'animal de loin le plus fréquent ici)
si vous ne savez pas quel animal c'est, on ne peut plus rien faire pour vous...
si vous ne savez pas quel animal c'est, on ne peut plus rien faire pour vous...

Mais le gros morceau, c’est le parc national du Kruger, situé tout au nord-est du pays, à la frontière du Mozambique et du Zimbabwe. Un parc incroyablement immense, plus grand qu’Israël, pour vous donner une échelle. Et ce parc regorge de tous les animaux possibles et imaginables, même des espèces les plus rares comme les guépards, les chiens sauvages (ou lycaons) et les rhinos noirs. Bon, malgré nos 5 jours et demi sur place, on n’a réussi à observer aucun de ces trois-là mais ce n’est que partie remise, il y a encore plein d’autres parcs sur le trajet. On a par contre fait une orgie de girafes, éléphants (en fait, leur présence est un problème, il y en a même trop dans le parc !), zèbres, koudous (grandes antilopes), hippopotames, phacochères et autres buffles. On a même enfin réussi à voir nos premiers léopards (un animal magnifique) soit en train de dormir sur une branche, soit en train de chasser une impala (sans succès d’ailleurs) ! Et au moins un lion par jour, les derniers étant un groupe de 5 lionnes qui se battaient avec des babouins à 10 mètres de la voiture. Gros coup de bol de s’être trouvés au bon endroit et au bon moment.

Une lionne en train de regarder avec envie un babouin dans un arbre voisin
Une lionne en train de regarder avec envie un babouin dans un arbre voisin
Un bushbuck, le sosie de Bambi
Un bushbuck, le sosie de Bambi
Oui le truc là, c'est bien un léopard
Oui le truc là, c'est bien un léopard
Un buffle
Un buffle
Un hippo timide
Un hippo timide

Ce qui est bien avec les parcs SA, c’est qu’on peut se faire son propre safari : on y entre avec sa voiture, on choisit alors un coin à explorer pour la journée et on s’arrête ensuite où on veut, au gré de ses envies et des indications des autres conducteurs, des fois qu’on trouve un point d’eau accueillant de nombreux animaux. Le seul truc, c’est qu’il est formellement interdit de sortir de sa caisse, histoire d’éviter de servir de casse-croûte aux lions ou de paillasson aux hippopotames.

Sinon on a un peu galéré avec l’hébergement dans le parc lui-même. Certes il y a de très nombreux camps où se loger mais voilà, pas de bol, nous sommes arrivés en pleines vacances scolaires. On était venus en juillet parce qu’on avait lu que c’était la meilleure période de l’année pour voir les animaux. Et effectivement en hiver (oui, ici on est en hiver) la végétation s’assèche, les rivières baissent, les points d’eau se raréfient et les animaux se retrouvent concentrés dans un petit nombre d’endroits. Les Afrikaners le savent bien et viennent alors en foule passer ici leurs vacances en famille.

Un nyala (l'antilope préférée de Vincent)
Un nyala (l'antilope préférée de Vincent)
Une famille de rhinos
Une famille de rhinos
Là aussi, vous devriez deviner par vous même...
Là aussi, vous devriez deviner par vous même...

Ouverture de parenthèse : les Afrikaners, ce sont ces descendants des colons hollandais (et donc blancs) parlant l’afrikans, une sorte de néerlandais avec lequel ils apostrophent systématiquement Vincent et sa tête de teuton, avant de continuer dans un anglais parfois laborieux et toujours teinté d’un fort accent allemand. Au passage, même si c’est du passé, il n’est pas inutile de préciser que ce sont eux qui ont un peu institué l’apartheid (mot afrikans d’ailleurs) dans le pays et on sent qu’il en reste parfois quelque chose (pas un qui n’ait pas sa bonne noire à demeure, qui les suit même dans le camping !). D’ailleurs il n’y a quasiment pas de touristes noirs dans le Kruger… Au demeurant et à une exception près pour le moment, ils sont toujours très sympathiques et prêt à aider leurs voisin (en l’occurrence nous, quand on a réussi à complètement ensabler le van sans aucun espoir d’en sortir par nous-même). En plus ils ont inventé le biltong, une viande séchée dont on raffole tous les deux.

Fin de la parenthèse et retour à notre galère pour se loger. Vacances scolaires veut donc dire « il n’y a pas de place pour des romanos comme vous ici les gars, rentrez chez vous ! ». Tout est réservé depuis des mois, jusqu’au moindre emplacement de camping. Mais comme on avait quand même vraiment envie de visiter, on a dû se la jouer un peu filous. On arrivait par exemple le soir dans les campings, quand ils ne pouvaient plus nous mettre à la porte sans nous jeter dehors avec les lions. On pouvait alors rester une nuit seulement. Et le lendemain, on allait à un autre camping où on zappait l’employé de la réception pour aller directement supplier le manager, avec notre discours bien rodé de petits français paumés dans la grande Afrique du Sud (sortez vos mouchoirs). Bref on s’en est pas trop mal sortis, sauf une fois où on n’a pas eu d’autres choix que de dormir en dehors des limites du parc. Et comme, on le rappelle, celui-ci est immense, ça signifiait devoir se farcir un long aller-retour pour revenir aux zones intéressantes.

Un babouin, juste avant que les lions ne le coursent d'ailleurs...
Un babouin, juste avant que les lions ne le coursent d'ailleurs...
Y sont pas mignons eux ?
Y sont pas mignons eux ?
Et un gnou pour finir...
Et un gnou pour finir...

On a ensuite quitté momentanément le pays pour aller se paumer quelques jours au fin fond du Swaziland voisin, 2 jours dans les montagnes et 1 dans une réserve privée un peu plus luxe, histoire de varier les plaisirs. Tout ça avant de revenir sur la côte SA, juste au sud de la frontière avec le Mozambique. Le temps est avec nous pour le moment et l’hiver chez eux, ça veut peut-être dire « nuits assez fraîches » mais par contre, on peut se balader sans problèmes en tongs et en T-shirt dans la journée. Bref si l’appareil photo pouvait se remettre à marcher subitement comme par magie, tout se passerait absolument à merveille. Et tant qu’il n’y a que l’électronique qui foire (et Vincent est bien placé pour savoir que oui, il arrive parfois malencontreusement et de façon totalement inexpliquée que l’électronique bugge) on peut dire que tout va bien.

PS : Le 11 fut une sale journée pour Audrey. C’était en effet le jour du premier concert de U2 au Stade de France et heureusement qu’on était alors dans le Kruger car sinon, elle serait revenue exprès en France pour voir ça !

PPS : Dans la série je perds du poids (mais je garde la forme, rassurez-vous les parents), Vincent vient de franchir un nouveau cap : acheter une nouvelle ceinture taille S ! On l’a essayée tous les deux et il n’y a plus qu’un cran d’écart entre nous deux (oui, Vincent reste quand même le plus gros, faut pas exagérer non plus). Donc soit Audrey devient obèse (ah ah ah) soit la prochaine étape pour Vincent, c’est de passer derrière le papier peint sans le décoller 😀

PPPS : puisqu’on en est à rajouter plein de texte à la fin, autant ne pas faire les choses à moitié. Voici donc le (long) extrait de notre journal de bord du 05/07 narrant une petite arnaque dont Vincent a bien failli être la victime. Sur ce, on vous laisse pour de bon.

Au moment de partir de la station-service, Vincent est victime d’une arnaque qui aurait pu lui coûter une carte bleue. Comme toutes les arnaques, elle semble trop grosse pour être crédible une fois analysée et retranscrite à froid sur le papier. On se demande après coup comment il est possible d’être aussi crédule. Mais l’art du voleur consiste à ne pas laisser le temps à sa victime de réfléchir calmement et de se rendre compte qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond. La première étape consiste à amener la naïve victime (en l’occurrence Vincent) en face d’un distributeur automatique de billets. Cette fois, l’argument utilisé était le suivant : un balayeur qui semble travailler pour la station s’approche de nous et nous informe gentiment que les caisses électroniques du prochain péage sur l’autoroute ne fonctionnent pas en ce moment et qu’on ferait mieux, pour éviter toute attente, de prendre un ticket pré-payé à la machine située dans la station. Il y a en effet un distributeur de billets à côté duquel est écrit « vente de tickets pré-payés ». Il s’agit vraiment en tout cas d’une machine officielle, sans doute utile pour diminuer les queues au péage (l’intérêt pour le voleur, c’est que cette machine donne du crédit à son histoire et calme les premiers doutes de la victime). Là-dessus, le « gentil » balayeur reprend son travail et laisse le pigeon aller au distributeur et sortir sa carte bleue. Fin du premier acte.

Vincent sort sa carte, l’insère comme il a l’habitude de le faire et s’apprête à taper son code quand une main surgit de l’arrière et appuie sur « annulation », ce qui fait ressortir la carte. Et là tout se passe très vite. Le « gentil » balayeur est de retour et prétend qu’on n’a pas fait la bonne manœuvre (c’est pour ça qu’il a appuyé sur annuler) : la meilleure preuve, c’est qu’il y a une croix rouge en travers de l’écran (qui, dans le souvenir de Vincent, est une croix qui veut juste dire « vous n’aurez pas de reçu pour cette non-transaction »). Très vite, il dit que ce qu’il faut faire, c’est d’abord poser la carte à plat à l’endroit où c’est indiqué (là où une carte est bleue est dessinée, sans doute pour montrer où l’insérer) et seulement ensuite la glisser dans la fente adéquate. On a beau savoir comment marche une carte bleue, on a beau être averti de toutes les arnaques possibles, une fois pressé, le cerveau humain fait vraiment n’importe quoi…

Voilà donc Vincent qui fait ce qu’on lui a demandé. Et avant qu’il ait pu réagir, le voleur de dire « mais non pas comme ça, comme ça », en lui prenant la carte des mains et en faisant mine de l’insérer à son tour. La scène ne dure que quelques secondes au total. Là il se passe deux choses : tous les signaux d’alarme qui commençaient à clignoter dans la tête de Vincent commencent à se faire entendre (qu’est-ce que c’est que cette histoire de poser une carte bleue à plat ?). Et d’un autre côté le voleur tente son numéro de prestidigitateur : d’un très très léger mouvement du bout du majeur, il fait glisser la carte bleue sous son poignet tout en faisant mine de l’insérer dans le distributeur. Sans doute la suite de l’arnaque aurait consisté à prétendre que la machine avait « mangé » la carte. Mais pas de bol pour lui, l’alerte a sonné dans le cerveau de Vincent juste à temps pour le voir faire (ou plutôt, pour entendre un léger « tchac » très suspect). Vincent a juste le temps de lui chopper le poignet et de récupérer sa carte (ou plutôt celle d’Audrey qu’il lui avait empruntée pour l’occasion) dans la manche du larron.

Il faut d’ailleurs noter qu’à ce stade, Vincent n’avait pas encore compris toute l’arnaque. Juste qu’un gars avait mis ses sales pattes un peu trop longtemps sur la carte bleue… D’ailleurs le gars s’en va en prenant des airs offusqués et en disant « mais pas de problème, mon gars, je te laisse faire la manip toi-même ». Impossible de se fâcher contre lui ! De toutes façons, tenter de lui casser la gueule au milieu d’une foule de gens qui doivent connaître la manip depuis longtemps et lui témoigner une certaine sympathie ne serait sûrement pas une très bonne idée. Ce n’est qu’en revenant à la voiture que tous les pièces du puzzle se remettent en place et que Vincent comprend qu’il l’a échappée belle. Et qu’il se traite de crétin à juste titre. Mais enfin, il a récupéré la carte, n’a jamais tapé son code, bref semble n’avoir rien perdu de fâcheux. On s’en tire juste avec un sérieux avertissement pour l’avenir.

Debuts en Afrique du Sud

Bonjour,

On avait prepare un long article pour vous raconter nos premieres aventures en Afrique du Sud, mais le poste internet qu’on a fini par trouver apres des jours de recherche n’accepte pas les cles USB.

Du coup on vous met juste ce petit mot pour 1) vous dire qu’on est vivant 2) que tout va bien pour le moment 3) qu’on a deja vu pleins d’animaux 4) qu’apres avoir traverse le Parc Kruger et le Swaziland nous sommes desormais arrives sur la cote est, juste au sud du Mozambique.

On essaiera plus tard de poster un vrai article

A+

Rugby : Australie vs France

Allez, une fois n’est pas coutume, je prends la plume (Audrey) pour vous dire de ne pas louper le match de rugby Australie vs France si vous n’avez rien d’autre a faire samedi (27 juin) de 12h a 14h et si vous avez Canal+.

Vous aurez peut-être la chance de nous apercevoir…  Nous, on aura juste la chance d’y être en vrai !

Promis, on va essayer de mettre quelques photos des plus grands supporters de la France !

PS :  En attendant, on a enfin créé une page reprenant tous nos trajets en Océanie, dont ceux en Australie.

Mise a jour depuis l’Afrique du Sud : Et ouais, on est toujours en vie et on profite d’un court passage sur Internet pour poster ces quelques photos d’avant et apres match. Tchuss…

Avant le match : on y croit encore...
Avant le match : on y croit encore...
Dans les tribunes
Dans les tribunes
Une des rares incursions francaises en terre australienne
Une des rares incursions francaises en terre australienne
La defaite est dure a avaler...
La defaite est dure a avaler...

PPS : nouvelle mise a jour, cette fois de la page toi aussi pars autour du monde avec les donnees sur l’Australie. Et en plus, pour ceux qui sont sur facebook, un lien vers un groupe qui nous fait bien marrer

Du tout au tout…

Voilà c’est fait ! Fallait vraiment pas nous provoquer avec votre saison hivernale de malade mental et les annonces de chutes de neige plus délirantes les unes que les autres. On le sait bien que vous autres, en France, avez vécu un vrai hiver bien froid. Et qu’on n’était pas là pour en profiter. Du coup, on a un peu craqué, fait péter le compte en banque, chauffé la carte bleue, sorti les liasses de billets, dit merci à la boîte de Vincent pour le généreux intéressement reçu récemment et on est parti faire un truc que peu de touristes ont même jamais envisagé de faire en Australie : du ski !

Et ouais, on y est !
Et ouais, on y est !

C’est une de ces choses extraordinaires qu’on ne peut accomplir que dans quelques pays au monde (dont l’Australie en l’occurrence) : changer totalement de climat du tout au tout, en un petit vol d’à peine deux heures (couplé, il est vrai, à encore quelques heures supplémentaires de bus). Nous avons ainsi fait le grand saut entre la moiteur tropicale de Brisbane et la neige de Canberra (ou plus précisément des Snowy Mountains). En moins d’une semaine, nous sommes ainsi passés de notre plage Koh Lantha dans les Whitsundays, avec ses fonds coralliens tout droits sortis du Monde de Némo, aux pistes de Thredbo, une des plus grandes stations de ski en Australie (ce qui, on vous l’accorde, n’est pas vraiment un titre de gloire dans le petit monde de la poudreuse).

Remarque, ça a pas l'air si mal, hein ?
Remarque, ça a pas l'air si mal, hein ?

Avant de s’étendre plus longuement sur les pentes enneigées du sud de l’Australie (façon de parler) faisons juste un petit flash-back de quelques jours en arrière pour vous parler de notre dernière visite dans le Queensland : l’île de Fraser. Une visite extraordinaire elle aussi par la simple nature de ce lieu. Fraser est en effet la plus grande île de sable au monde. C’est-à-dire que cette île de 100km de long n’est qu’une immense dune géante posée au milieu de la mer de Tasmanie. Et pourtant, une dune entièrement recouverte de forêts, de lacs aux eaux cristallines et d’endroits plus beaux les uns que les autres. Bref, un endroit à découvrir.

Le petit lac Wabby
Le petit lac Wabby
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Les pinacles

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Mais pour partir à sa découverte justement, c’est là que le bât blesse, il faut être motorisé. Ou alors avoir devant soi pas mal de temps pour parcourir à pied les très longues distances. Comme ce n’était pas notre cas, nous avons opté pour la location d’un véhicule (comme on avait toujours notre van, on s’est donc retrouvé à louer deux bagnoles en même temps, yeah !). Et enfin comme il n’existe pas une seule route sur cette île entièrement sillonnée de pistes plus crevassées les unes que les autres, il faut obligatoirement conduire un 4×4.

Remarquez la bâche tendue a l'arrière pour tenter de se protéger de la pluie
Remarquez la bâche tendue a l'arrière pour tenter de se protéger de la pluie
Ouais, quand même, ils auraient pu nous en trouver un moins gros à l'agence...
Ouais, quand même, ils auraient pu nous en trouver un moins gros à l'agence...

On s’est donc retrouvé à conduire un de ces monstres qu’on exècre pourtant dans cette autre jungle qu’est la banlieue parisienne. Mais il faut le dire, le 4×4, une fois qu’il a retrouvé sa fonction première (à savoir passer là où aucun autre véhicule n’oserait poser ses roues) est un instrument merveilleux. Et, osera-t-on le dire ? le conduire dans les chemins défoncés de Fraser a grandement contribué au plaisir qu’on a eu à visiter l’île.

La plage de l'est
La plage de l'est

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L'épave du Maheno
L'épave du Maheno

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Évidemment, aucun de nous deux n’avait jamais dirigé un tel engin mais la prise en main s’est révélée plus facile que prévue. Au bout de quelques heures, Vincent commençait déjà à avoir des velléités de dépasser le 20km/h sur les pistes, au grand désespoir de sa passagère dont le menu postérieur a souffert. On a donc finalement parcouru une bonne part de l’île. D’abord la côte est, où la seule « route » disponible est encore une fois la plage (exactement comme à la 90 Mile Beach en NZ). Plage au bord de laquelle on a campé le soir, absolument seuls au monde une fois de plus. Puis la partie sud de l’île et ses forêts denses, comptant des magnifiques eucalyptus de plus de 60m de haut aux troncs enserrées dans les lianes.

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Mais surtout, les stars de l’île, ce sont ses lacs. Grâce à tout un tas de phénomènes physiques passionnants dont vous vous ferez un plaisir d’aller voir le détail sur Wikipédia si jamais ça vous intéresse, il se trouve qu’il est possible d’avoir des lacs permanents posés au milieu des dunes. Les lacs en question (et les quelques ruisseaux de l’île) ne sont alimentés que par l’eau de pluie et possèdent du coup des eaux incroyablement transparentes. Sans mentir, s’il n’y avait pas de courant dans certains ruisseaux, on pourrait croire qu’ils sont à sec tellement le fond en est visible ! Les lacs sont, eux, bordées de plages de sable fin et présentent sur leurs rives les plus beaux dégradés de bleu possible. Il manquait juste parfois un peu de soleil quand on y était pour compléter la carte postale.

Eli Creek
Eli Creek

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Oooooh, il fait des petits pâtés, le Vincent !
Oooooh, il fait des petits pâtés, le Vincent !

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Les bords du lac MacKenzie
Les bords du lac MacKenzie

Mais revenons maintenant à notre premier sujet : le ski à Thredbo. La station est située sur les flancs du Kosciuszko, le plus haut sommet d’Australie qui culmine à l’exceptionnelle altitude de … 2228m ! C’est sûr que ça n’a pas la classe de nos Alpes, ni même, pour aller chercher une comparaison plus proche, des Alpes NZ et du Mont Cook. Ici, pas de pics acérés, de glaciers ni de vallées profondes. Le paysage ressemblerait plutôt aux Vosges qu’on aurait bizarrement décidé de reboiser avec des eucalyptus (Hein, c’est vrai ça ? Qui parmi vous peut se targuer d’avoir déjà skié au milieu des eucalyptus ?). Et à la place des chocards, on aurait mis des perroquets multicolores (effet assez saisissant avec la blancheur de la neige). Ne manquent que les koalas pour halluciner complètement…

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Ici, vous l’aurez compris, ce n’est pas les Trois Vallées. Quoique… Si on se penche sur le prix du forfait journalier, on découvre qu’on n’en est pas si éloigné (60 euros la journée, et pire, 37 euros les deux heures de ski en fin de journée !). Il faut le dire, le ski en Australie, c’est grave l’arnaque, et on comprend mieux pourquoi un aussie nous avait dit qu’il leur revenait moins cher de faire l’aller-retour vers la NZ plutôt que d’aller dans leur propre pays. Néanmoins Thredbo possède quelques atouts, en particulier quelques pistes qui nous ont agréablement surpris : 400 à 500m de dénivelé, c’est plutôt pas si mal. Et puis il y a un peu de pente (plus qu’aux Saisies en tout cas 😀 )… Quant à la neige, bon, il n’y en avait assez que pour ouvrir quelques pistes, pas bien épaisse, plutôt dure le matin et molle le soir mais on nous a dit en ville qu’on était super chanceux d’en avoir autant à cette période de l’année, alors bon, on s’en contente tout à fait.

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Donc vous allez nous dire : cher, pas bien grand, pas de poudreuse, c’était tout pourri alors ? Et bien non, pas du tout ! On s’est vraiment éclaté sur les pistes. On a vite retrouvé nos bonnes sensations et, dieu de dieu, ça nous a vraiment fait du bien, ces deux journées de ski ! Franchement, cette petite parenthèse à la neige restera un super souvenir. Le dernier stop en Australie, c’est désormais Sydney où on passe 4 jours avant d’attaquer la dernière partie de notre voyage : 4 mois en Afrique australe en commençant par l’Afrique du Sud.

PS : et en plus, on a rajouté des shava-shava en tenue de ski