Zanzibar et retour à la maison

Et non, surprise, le site n’est pas mort ! Du moins pas encore tout à fait… Ce n’est pas parce que nous sommes finalement arrivés sains et saufs en terre française qu’il nous faut négliger de parler de notre ultime étape en Tanzanie : l’île de Zanzibar. Et un peu aussi de la façon dont se sont passées les retrouvailles avec la famille, les amis et la maison (qui était toujours debout, ouf).

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Un dhow, une de ces embarcations qui parcourent l'Océan Indien depuis des siècles

Mais revenons à Zanzibar. L’île, située juste en face de Dar-Es-Salaam, est connue pour plusieurs choses : sa vieille ville classée, ses épices et ses plages. Disons qu’on était intéressé par au moins deux points sur les trois. Le fait qu’elle ne se trouve pas bien loin de la ville de Dar, où nous devions prendre l’avion de retour vers la France, en faisait en plus un lieu de villégiature idéal pour passer une dernière semaine « glande ». Une à deux heures de ferry depuis le continent suffisent à rejoindre l’île. On arrive alors à Zanzibar, la ville, parfois aussi surnommée Stone Town.

L'arrivée en ville par le ferry, avec un peu de mauvais temps derrière
L'arrivée en ville par le ferry, avec un peu de mauvais temps derrière
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L'ancien palais d'apparat des sultans d'Oman

Surprise, ce sont les douaniers qui vous accueillent alors. Car oui, on a beau être sur le territoire tanzanien, Zanzibar n’en reste pas moins un état autonome au sein de la république. Une fois les formalités effectuées, reste à gérer le deuxième comité d’accueil, les hordes de guides autoproclamés tous désireux d’amener le touriste vers l’hôtel de leur choix (le choix du guide bien sûr, pas celui du touriste). Il faut cependant reconnaître une utilité à ces agaçants rabatteurs : ils permettent d’éviter de se perdre dans la multitude de rues, cours, allées et autres ruelles qui composent l’incroyable labyrinthe qu’est Stone Town.

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La ville est typiquement swahilie, c’est-à-dire qu’elle est le produit du mélange des cultures africaines et arabes. Normal, les arabes ont occupé le coin pendant des siècles, fondant un sultanat riche et puissant grâce au commerce d’ivoire, d’esclaves et d’épices. Aujourd’hui, il en reste des palais, de grandes maisons aux portes de bois finement sculptées et donc ce lacis inextricable de rues étroites où il n’est possible de se déplacer qu’à pied. De nombreux indiens sont venus s’y installer et tiennent les boutiques installées dans le rez-de-chaussée de ces demeures. Pas mal de boutiques pour touristes, c’est évident, mais il existe encore une économie propre à l’île et les marchés sont toujours pleins, de gens comme de marchandises. Par contre, il faut le reconnaître, les bâtiments ont pris cher avec le temps et auraient besoin d’un méchant coup de restauration. Quand ils ne sont pas déjà irrémédiablement en ruines. Disons que ça donne un charme romantique à l’ensemble…

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Les épices au marché
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Art Tanzanien absolument pas calibré pour les touristes...
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De fantastiques étals de poissons ouvrent la nuit, en face du port

Bon mais quand même, on n’était pas venus jusque là rien que pour regarder des vieilles pierres. Enfin, on l’avait bien fait avant dans d’autres lieux, mais la situation avait changé. Audrey avait en effet très fortement fait comprendre à son homme qu’après un an passé à cavaler quasiment sans interruption d’un endroit à l’autre, il était temps de souffler un peu. Et qu’un passage sur la plage s’imposait. Sous peine de sanctions physiques non descriptibles dans ces très chastes pages ! Dernier trajet en bus du tour du monde donc (et de loin pas le plus long ni le plus pénible) pour monter jusqu’à la pointe nord de l’île. Jusqu’au petit village de Kendwa plus exactement, où nous avons posé nos sacs pour 4 jours de farniente absolu. Où l’effort le plus violent consistait à se traîner depuis notre paillotte jusqu’au bar à cocktail sur la plage. Les vrais touristes de base quoi !

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Depuis le haut de l'hôtel, vers la plage...

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Uh uh uh... Non, en fait pas besoin de commentaires....

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En ce qui concerne la mer, les photos parlent d’elles-mêmes, nous semble-t-il. Une mer couleur turquoise aux eaux incroyablement limpides. Aussi chaude et peu agitée qu’une piscine, sans les gamins dedans, le bonheur. C’est d’ailleurs assez étonnant qu’on n’ait pas vu une seule vague approcher du rivage en plusieurs jours. Un calme de lagon polynésien… et presque les mêmes fonds que là-bas. On dit « presque » car rien n’équivaudra jamais dans notre cœur les plongées sur Rangiroa et Fakarava, dans les Tuamotu. Mais il faut reconnaître que les coraux là-bas (à Zanzibar on veut dire) sont loin d’être vilains et surtout qu’ils sont habités par une myriade de tout petits poissons multicolores. Bref, Ce passage à Kendwa a parfaitement rempli sa principale fonction de tampon entre une année trépidante de baroudage et une reprise très (trop) prochaine du boulot.

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Parce que oui, comme on l’a déjà dit au tout début de cet article, puisque nous écrivons aujourd’hui de France, c’est bien que nous sommes rentrés. Ca s’est fait presque sans heurts mais ça a failli être très comique. Un premier vol nous a en effet amenés sans problème de Dar-Es-Salaam à Londres. C’est pour le tout dernier vol, de Londres à Paris, que les choses se sont gâtées. Au moment de monter dans l’avion, l’employée nous retient par le bras. L’ordinateur vient de lui indiquer tout d’un coup que ce dernier trajet n’a pas été… payé ! Et que par conséquent, nous ne sommes pas autorisés à embarquer ! Ah ah ah, la super blague à seulement deux heures de retrouver sa famille et ses amis… Heureusement pour nous, c’était visiblement trop compliqué de sortir nos bagages de la soute et British Airways s’est d’un coup montrée plus conciliante. Finalement, nous leur avons donné les coordonnées de notre agence de voyage, et ils nous ont dit qu’ils iraient directement s’expliquer entre grandes personnes. Grand bien leur fasse. Deux heures plus tard donc, on atterrissait à Roissy où nous attendaient la famille et quelques courageux amis qui avaient fait le déplacement dans la froideur hivernale (et qu’on remercie encore grandement).

une partie du bruyant comité d'accueil
Une partie du bruyant comité d'accueil
Home Sweet Home
Home Sweet Home
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Juste pour mémoire, cette photo avait été prise au matin de notre départ, il y a un an. Qui peut dire la différence fondamentale sur la coupe de cheveux de Vincent ?
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Bon alors, qu'est-ce-qu'il a cassé, le Greg (inspection du plafond) ?

Juste une toute dernière chose avant le « The End » et le « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » de rigueur. On a eu le droit à une ultime surprise en revenant dans notre maison. Déjà, elle était toujours debout, ce qui n’était pas la moins agréable de toutes les surprises. Mais bien plus que ça, il était question de cette histoire de pile de boîtes dans la pièce du fond (comme dirait la comtesse). Certaines personnes de notre entourage (qu’on ne peut décemment pas appeler des amis après ce coup-là) avait réuni une incroyable quantité de papiers et autres catalogues pendant cette année passée, pour mieux en remplir une de nos chambres et interdire l’entrée du garage. Tas de papier où on n’a pas pu s’empêcher de faire un petit plongeon… Pour la petite histoire, il a fallu quand même deux voyages en Espace et deux autres avec une Clio bourrée à craquer pour tout évacuer jusqu’à la décharge…

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Horreur et stupéfaction en ouvrant la porte

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Sur ce, on vous remercie de votre assiduité et de vos commentaires (presque) toujours gentils et on vous laisse enfin, même s’il est certain qu’on fera encore d’ultimes mises à jour, concernant la page bière entre autres. Vincent a déjà fait une grosse remise à niveau de tous les paragraphes de la page la plus visitée du site (et de loin) : le manuel autour du monde. Audrey a également plusieurs projets de nouvelles pages, qui viendront en temps voulu, peut-être plus vite que prévu d’ailleurs, puisqu’elle ne travaille pas en ce moment 😀

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Serengeti et Ngorongoro

« Audrey, tu dors déjà ? »

« Mmmmmmmhhh »

« Ben ouais, mais on avait dit qu’on triait les photos du Serengeti ce soir ! »

(voix empâtée) « Combien il y en a ? »

« Ch’ais pas trop, juste sur la journée d’hier, je compte 556 lions, 3512 léopards et 35671 guépards (à un guépard près). »

(voix du désespoir incarnée) « Aaaaarghhhhhh ! »

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Love, exciting and new...
Love, exciting and new...
Et l'heureuse consequence de l'acte precedent...
Et l'heureuse consequence de l'acte precedent...
Coucher de soleil sur le Serengeti
Coucher de soleil sur le Serengeti

On vous le promet, c’est la toute dernière fois qu’on vous embête avec des photos d’animaux sur fond de savane africaine. Tout simplement parce que c’est évidemment le dernier safari de ce tour du monde (et même le dernier tout court avant bon moment sans doute). Mais on ne pouvait pas ne pas vous parler des 5 jours merveilleux qu’on a passés dans les parcs nationaux du nord de la Tanzanie et en particulier dans le plus célèbre d’entre eux : le Serengeti. Après avoir vaincu le Kili, on a pris le bus pour la ville voisine d’Arusha.

Une hyene un peu obese (ou enceinte)
Une hyene un peu obese (ou enceinte)

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Si Moshi est la ville du Kilimanjaro, Arusha est sans aucune contestation celle du safari. On nous a dit qu’il y aurait là-bas pas moins de 200 agences se partageant ce juteux business. Et ça, c’est seulement en comptant les vraies compagnies, pas celles qui montent un faux bureau de toutes pièces et qui disparaissent du jour au lendemain avec votre argent, sans laisser de traces (histoire véridique). L’avantage, c’est qu’on peut faire marcher la concurrence à fond, l’inconvénient c’est qu’il faut de la patience pour naviguer dans la jungle des différents agents. Grâce au bouche à oreille, on a fini par tomber sur une très bonne compagnie. Et comme on a en plus pas mal de chance en ce moment, on même a réussi à trouver d’autres personnes, intéressées par le même trip que nous, avec qui partager les frais : deux néerlandais, Jon-Willem et Lette, qui nous ont donc accompagnés ces derniers jours.

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Une gazelle de Grant, la plus elegante de toutes selon Patoche, nous on prefere encore l'oryx mais on vous laisse seuls juges.
Ou peut-etre bien que c'etait la gazelle de Thomson... De toutes facons, tout ca, ca ressemble vachement a des springboks !
Ou peut-etre bien que c'etait la gazelle de Thomson... De toutes facons, tout ca, ca ressemble vachement a des springboks !
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Un tout petit dik-dik
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Heure d'affluence autour de la riviere Tarangire
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Un waterbuck

Trois parcs étaient au programme de nos 5 jours d’excursion : Tarangire, Serengeti et Ngorongoro. On ne sait pas si ces noms vous évoquent quelque chose mais pour nous qui avons été élevés au reportage animalier, c’était assez extraordinaire de se retrouver « en vrai » dans ce qu’on avait si souvent vu au travers de la petite lucarne. Heureusement qu’on a terminé notre voyage par la visite du Serengeti, car si on avait décidé de commencer par là, on n’aurait plus jamais voulu entendre parler de safari après. Ce parc a tout pour lui : en plus d’un paysage superbe, on a vu plus de félins ici en une matinée que dans tous les autres parcs du sud de l’Afrique combinés. Sérieusement, on aurait presque pu finir par être blasés des lions : « Tiens, trois lionnes sous un arbre ! » « Elles font quelque chose de particulier ? » « Non, elles dorment (activité occupant 90% de la vie d’un lion) » « Elles sont à moins de 2 mètres de la voiture ? » « Ah non, 3m » « Bon ben de quoi tu me parles alors ? La prochaine fois, tu me réveilles seulement s’il y a quelque chose de VRAIMENT intéressant ».

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Barre toi de mon plat !

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Ouh les jolies griffes !
Ouh les jolies griffes !

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Apres les lions, ce sont les vautours qui sont a la fete
Apres les lions, ce sont les vautours qui sont a la fete

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Ouh les pitits lions !
Ouh les pitits lions !

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Et si ce n’était que les lions ! Mais le parc regorge en plus de léopards et de guépards. Dire qu’on a chassé en vain les guépards dans tous les parcs possibles et imaginables de l’Afrique du Sud et de la Namibie pour n’en voir finalement que trois, et d’assez loin qui plus est, dans le Kalahari. Cette fois, non seulement on les a vus de très près, mais on a même pu les observer courir à toute vitesse après de bondissantes gazelles. Sans succès malheureusement (pour eux).

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Pret a bondir
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Mais comment il est trop beau lui !

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Quant aux léopards, on a passé une soirée entière à suivre l’un d’entre eux chasser. C’était assez extraordinaire car depuis notre véhicule haut sur pattes, on pouvait à la fois observer le chasseur et sa proie. La proie, en l’occurrence un petit bushbuck isolé, sentait bien qu’il se passait quelque chose de pas très catholique dans le coin, mais sans parvenir à voir ce qui clochait. Elle restait donc sur ses gardes, le nez au vent, tentant de repérer le gros chat auquel elle aurait  éventuellement pu servir de snack. Pendant ce temps, le léopard faisait un grand détour histoire de se mettre sous le vent, avançant avec prudence dans les hautes herbes, centimètre après centimètre, jusqu’à être à portée de saut. On était tendus à bloc, attendant avec un mélange de peur et d’excitation l’attaque fatale… qui n’eut finalement jamais lieu. Écoutant son instinct, la petite antilope décida finalement d’aller brouter un peu plus loin. Deux minutes après, on voyait surgir la tête dépité du léopard : il était alors à moins de 5m de sa proie ! Voir des trucs pareils par soi-même, c’est vraiment quelque chose…

En pleine chasse...
En pleine chasse...

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Raaah, y a un truc coince entre les griffes !!!!
Raaah, y a un truc coince entre les griffes !!!!

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Bon on passera sur les hyènes, les éléphants, les girafes, les zèbres et les gnous : on en a vus plus que notre cerveau ne peut s’en souvenir. En comparaison, le célèbre Ngorongoro faisait presque pâle figure. Il s’agit d’un volcan aujourd’hui éteint dont l’immense cratère renferme désormais un éco-système à part. Peut-être était-ce à cause du temps, un peu gris ce jour-là, mais on n’a pas vu autant d’animaux dans ce coin là qu’on l’avait imaginé auparavant. Mais de toute façon, c’était quasi mission impossible de passer après le Serengeti. Même si la vie sauvage y était abondante, les animaux nous y semblaient plus timides et moins facilement approchables. On y a certes vu des rhinos noirs (qui manquent au Serengeti) mais ils étaient un peu trop loin pour qu’on profite vraiment du spectacle. En même temps, on n’est pas vraiment déçus car on en avait pris suffisamment plein les yeux avec le parc précédent.

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L'immense cratere du Ngorongoro

Lilac Breasted Roller
Lilac Breasted Roller
Un saddle bill Stork
Un saddle bill Stork
Un serval : c'est la premiere fois qu'on en voyait un !
Un serval : c'est la premiere fois qu'on en voyait un !

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Ouh li pitit babouin !
Ouh li pitit babouin !
Des gnous dans le cratere
Des gnous dans le cratere

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On est aujourd’hui revenus plus au sud, sur l’île de Zanzibar, qui sera notre toute dernière destination « tourdumondesque ». Au programme, visite de la vieille ville, plongée et plages tropicales pour se consoler du fait qu’on reprenne l’avion bientôt, direction la France. On fera sûrement un article à propos de cette fin de voyage mais… depuis la France. Ca fait tout de même un peu bizarre de s’imaginer chez soi, après tout ce temps passé sur les routes. En attendant, profitons !

 

Kilimanjaro

Plein les pattes ! Vraiment ! Mais ça y est, on l’a fait, on a grimpé le Kili, 5895m, la plus haute montagne d’Afrique (ça, c’est pour continuer à améliorer nos statistiques de « plus quelque chose »). Et le plus beau dans l’histoire, c’est qu’on est arrivé tous les deux au sommet. Cette fois, pas de bande à part comme au Chimborazo, il y a déjà presque un an (eh ouais, déjà). Maintenant qu’on a fait notre petit « exploit » sportif , on se sent vraiment en vacances (ça, c’est pour vous faire bisquer une dernière fois). Désormais on va pouvoir se concentrer sur des choses vraiment sérieuses, n’impliquant aucun effort musculaire, comme partir en safari (oui, encore !) dans le Serengeti puis buller sur la plage à Zanzibar.

Mais quand même, on va revenir un peu sur cette petite promenade qui nous a vus parcourir pendant 7 jours les flancs de cet énorme volcan. Tout commence dans la petite ville de Moshi, située juste au pied de la montagne, et dont les quelques milliers d’habitants se répartissent en quatre catégories : les guides, les porteurs, les rabatteurs pour une agence organisant des treks et, tout en bas de l’échelle sociale, les femmes qui nourrissent tout le monde. Le visiteur est donc littéralement assailli de propositions plus ou moins déplacées pour monter le Kili en 2 jours, à trottinette ou à cloche-pied. Sachant qu’on allait de toute façon devoir cracher des sous (même si on l’avait voulu, il est interdit de tenter l’ascension sans partir avec un guide) on a préféré passer par une agence sérieuse. Mais forcément plus onéreuse.

Car monter au Kili, c’est tout de même une histoire de riches. Rien que pour passer une journée et une nuit dans le parc, il faut débourser 110$ / personne. Le gouvernement tanzanien sait traire comme il faut la vache à lait touristique. Et ça, c’est juste pour camper ! Il faut ensuite payer le guide et les porteurs. Reste à choisir sa route. La plus courte, la Marangu Route, se fait en 5 jours et 4 nuits. La pente est relativement douce, constante, et elle est généralement considérée comme la plus facile. Elle est même surnommée la « Coca Cola Road ». En comparaison de quoi, la Machame Route est appelée la « Whisky Road », car plus longue et plus dure : terrain plus accidenté, plus de dénivelé (on monte et on descend) et chemins moins bien tracés.

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Le programme des réjouissances
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Avec Patrick, notre guide
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Le camp de Machame, au milieu de la foret tropicale

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Pour trouver la route, suivez la ligne de porteurs...

Pourtant, c’est cette dernière qui nous intéressait. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord, la route fait tout le tour de la montagne avant l’ascension finale, ça permet de varier les paysages. Ensuite et surtout, qui dit route plus longue dit plus de temps pour s’acclimater. Et ça, depuis les déboires d’Audrey à 5000m en Équateur, on a bien compris que c’est un facteur à prendre en compte. La Machame Route se fait normalement en 6 jours et 5 nuits. Pour mettre vraiment toutes les chances de notre côté, on a décidé de la faire en un jour de plus (et donc une nuit supplémentaire à 4000m).

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On atteint les hauteurs, le camp de Shira Cave, à 3850m

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Malgré les dollars supplémentaires qu’il a fallu débourser, on ne regrette absolument pas notre décision. D’abord, parce qu’on y est arrivé au sommet ! Et en entier surtout. On a en effet croisé en là-haut des gens blêmes que leurs guides devaient littéralement porter au sommet. Ensuite parce que la route était superbe. Il faut dire qu’on a été incroyablement chanceux avec la météo. Il pleuvait avant qu’on arrive, et il pleut ce soir sur Moshi alors qu’on compose cet article. Entre les deux, grand beau temps ! Les journées suivaient toujours le même schéma : soleil le matin, nuages dans l’après-midi, et de nouveau grand ciel dégagé au coucher du soleil, juste comme il faut pour faire de belles photos.

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Les vrais héros de l'ascension, les porteurs, avec le Mt Meru en toile de fond

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Les journées de marche (exceptée celle où l’on grimpe tout en haut) n’étaient pas monstrueuses, c’est le moins qu’on puisse dire. Au pire, 1200m de dénivelé positif, au mieux trois heures de marche tranquille. En général, on arrivait au camp suivant pour le déjeuner (et juste avant que les nuages de l’aprèm ne pointent leur nez, timing parfait). Les porteurs montaient la tente, on n’avait plus qu’à se reposer jusqu’au dîner. Il manquait juste la bière fraîche… Et tout ça pendant 5 jours, à voyager entre 3800 et 4600m d’altitude. Ce qui fait qu’on est arrivé à Barafu, le dernier camp, 4600m de haut, parfaitement acclimatés à l’altitude. Pas un mal de tête, pas de vertiges, rien !

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Oui, les arbres ont une drôle d'allure dans le coin
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Le camp de Barranco, en train de se faire grignoter par la brume

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I believe I can fly... I believe I can touch ze sky !

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Audrey comparaît le Kili à un gros Flanby. Pas faux, mais si la neige correspond au caramel, disons que Chambourcy a été radin sur la dose...

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Le sac rouge au milieu c'est celui de Vincent dans lequel on avait reuni toutes nos affaires pour que ce soit plus facile a porter. Mais on n'avait pas imagine qu'il serait porte de cette facon !
Le sac rouge au milieu c'est celui de Vincent dans lequel on avait réuni toutes nos affaires pour que ce soit plus facile à porter. Mais on n'avait pas imaginé qu'il serait porté de cette façon !

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Le pic Mawenzi
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Le dernier camp, celui de Barafu, 4600m, perché sur sa crête

Restait alors le plus dur, l’avant-dernière journée, celle qui justifiait toutes les autres et qui devait nous amener sur le toit de l’Afrique. Celle-là, c’était une autre paire de manche : 1300m de montée et 2800m (!) de descente au programme. Avec le facteur altitude pour corser le tout. Départ à minuit et grimpette pendant 6h à la lampe frontale, dans un froid polaire. Quasiment impossible de boire, l’eau avait complètement gelé dans les gourdes au bout d’une heure. Pourtant, on avait encore une fois de la chance, il n’y avait presque pas de vent. On avançait à un pas de sénateur, mais bien régulier, sans quasiment aucun arrêt. Grâce à toutes ces nuits en hauteur, la seule chose dont on a eu à se préoccuper, c’était le manque d’oxygène qui rendait la marche de plus en plus dure. Mais quand Audrey, épuisée, a demandé au guide si on en avait encore pour longtemps avant de rejoindre Stella Point, marquant le bord du cratère à 5700m, le guide nous a répondu « 15 minutes ». Énorme soulagement dans les chaumières. Sans s’en rendre compte, petit pas de fourmi après petit pas de fourmi, on l’avait fait. Car de là, il ne restait plus qu’une petite heure facile jusqu’au sommet.

A y est ! On l'a fait !
A y est ! On l'a fait !
Le cratere
Le cratère

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Notre arrivée coïncidait parfaitement avec le lever du soleil. On découvrait alors un paysage magnifique dominant une immense mer de nuages : un cratère gigantesque bordé par des glaciers loin d’être ridicules. Car oui, la question qu’on se posait c’est : « est-ce qu’il reste encore de la neige au Kilimanjaro ? ». La réponse est « oui, mais pas pour longtemps » : 10 ou 15 ans suivant les prévisions. La preuve la plus évidente, c’est qu’on peut aujourd’hui rejoindre le sommet sans jamais mettre le pied dans la neige, chose impossible il y a seulement 10 ans de cela. En attendant, les glaciers sont toujours là, défiant le réchauffement climatique. Ils sont assez étranges d’ailleurs, rien de comparable avec nos glaciers européens qui creusent de profondes vallées. Ces glaciers là sont comme posés sur la cendre du volcan, petites tâches blanches incongrues au milieu d’un univers marron-gris. Et font de cet endroit un lieu magique, inoubliable.

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Le glacier est, encore de beaux restes...
Le Glacier Est, encore de beaux restes...

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Gênée par le manque d’oxygène, Audrey est rapidement redescendue avec le guide, pendant que Vincent, miraculeusement épargné par tout problème avec l’altitude, gambadait de droite à gauche avec l’appareil photo, redescendant un peu plus tard avec le guide-assistant. Au passage, l’appareil était complètement gelé lui aussi, mais fonctionnait encore, ce qui faisait retrouver à Vincent quelques vagues réflexes professionnels profondément enfouis et lui faisait dire que les japonais avaient bien fait de ne pas utiliser des composants électroniques en gamme commerciale pour réaliser leur produit. Finalement, c’est la descente (comme toujours en fait) qui nous a tués bien plus que la montée. Une longue et interminable descente jusqu’à 3100m, bien fatigante pour les genoux. Mais à l’arrivée, enfin allongé dans sa tente, on a juste le plaisir de se dire « Bon, ça, c’est fait ».

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Toute l'equipe au complet
Toute l'équipe au complet

Vraiment, on a adoré ce passage au Kili. Pour Vincent, c’était un rêve de gosse qui se réalisait. Pour Audrey c’était une vraie (et bonne) surprise. Arrivée au sommet, elle a dit texto : « Ah mais en fait c’est pas vilain le Kilimanjaro ». Oui, en effet, c’est pas vilain. Et si vous voulez profiter des glaciers, prévoyez un créneau dans les 5 prochaines années…

Wildlife in Zambia

MAJ : incroyable, internet est bien plus efficace a Moshi, petite ville du nord au pied du Kilimandjaro qu’a Dar-Es-Salaam, la plus grande ville du pays. Du coup, mise a jour du site plus tot que prevu, tant mieux ! Avec en plus tout plein de nouveautés sur les pages biere, manuel du tour du monde et trajets en Afrique.

Parfois, on a envie de pousser un cri primaire et guttural. Et certaines fois, on a même envie de le coucher sur le papier pour décharger sa frustration. Et ça donne à peu près ça : « aaaaarghhhhh, mais c’est pas possible bon sang, on a dû se gourer sur le calendrier !! » Mais pourquoi donc au juste ? Et bien, vous ne l’aurez sûrement pas remarqué parce que vous êtes trop occupés avec la grippe A et surtout que vous n’avez aucune idée de la date à laquelle on rentre en France (le 25 octobre au cas où ça vous intéresserait) mais sur toute notre année de vacances autour du monde (non, pardon, de l’hémisphère sud) il ne nous reste plus désormais qu’un seul mois et un seul pays à visiter, la Tanzanie. Vous avez cependant le droit de nous dire que c’est bien fait, pour toutes les fois où on vous a nargués au moyen du présent site internet.

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T'es bien curieuse, toi !
T'es bien curieuse, toi !

Entre le Botswana et la Tanzanie, nous nous sommes fait une petite parenthèse zambienne, finalement plus longue que ce qu’on avait prévu au départ, et ce malgré les prix immoraux pratiqués dans le pays. C’est certes dû aux nombreuses attractions du pays, mais le fait que la Zambie est aussi immense que ses transports en commun sont médiévaux n’y est pas non plus totalement étranger. La Zambie est célèbre pour deux choses : les Victoria Falls d’une part, et de l’autre de superbes parcs nationaux où l’on a toutes les chances au monde de tomber sur des animaux plus gros (et avec plus de dents) que soi. Concernant les premières c’est déjà fait, comme vous avez pu le lire dans l’article précédent. Quant aux parcs, on a jeté notre dévolu sur le plus célèbre d’entre eux : South Luangwa, au sud-est du pays, à la frontière avec le Malawi.

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Pas une mince expédition que de s’y rendre depuis Lusaka, la capitale. Il faut d’abord compter sur 9h de bus jusqu’à la ville de Chipata, bus qui ne quitte la gare qu’une fois fait le plein… de passagers. C’est-à-dire qu’il ne part que 4h après l’heure prévue. Pour rejoindre le parc lui-même, il faut ensuite se coltiner une bonne tartine de piste poussiéreuse, rarement parcourue par des transports en commun. Coup de bol pour nous, on a réussi à s’inviter dans le véhicule d’un tour organisé, dont on a un peu beaucoup soudoyé le chauffeur. Ca nous a certes coûté plus cher que le minibus mais le voyage ne nous a pris que 5h et une seule panne mécanique au lieu de 14h, trois pannes et deux arrestations (pour seulement 150 kilomètres de trajet !) pour d’autres touristes que nous avons croisés ensuite.

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Mais une fois sur place qu’est-ce qu’on y trouve de si extraordinaire ? Et bien déjà, on y trouve une palanquée de camps de safari plus somptueux les uns que les autres. Non, nous n’avons pas gagné subitement au loto mais on a décidé de se faire un petit plaisir après tous ces mois de camping et on a passé deux jours en pension complète dans un endroit merveilleux (et qui, malgré ses 200$ par personne et par nuit pour la formule « all inclusive », était encore la moins chère de toutes les options aux environs, gargl !). Les habitations luxueuses étaient alignées le long de la rivière Luangwa, juste en bordure de parc. Ce qui fait que les animaux ne se gênaient pas pour venir visiter le camp de jour comme de nuit et qu’il n’était pas rare de voir une girafe depuis la piscine, un hippo depuis le bar ou un éléphant depuis les toilettes (est-ce que tu pourrais regarder ailleurs pendant une minute, s’il te plaît ? ça me rend un peu nerveux tes défenses, là, et ça me coupe tous mes moyens).

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Life is a beach... (subtil jeu de mot !)

Une hyene
Une hyene

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Au programme le matin, une game drive (c’est-à-dire un tour en 4×4 avec guide) ou une marche dans la savane (avec un guide ET un fusil cette fois), le soir une nouvelle game drive de nuit pour chercher tous les animaux qu’on a loupés pendant la journée. Entre les deux, farniente, sieste, repos, glande… sans oublier le restau trois étoiles… enfin, vous voyez le tableau, trop dure la vie… Ouais mais sinon, elles étaient bien ces excursions dans le parc ? Et bien on espère que nos photos parleront d’elles-mêmes. Même pour des personnes qui commencent à être un peu habituées aux safaris comme nous le sommes, il y a avait de quoi être enchanté à chaque sortie. On ne vous refait pas le topo sur les éléphants, les girafes, buffles, zèbres et autres antilopes, c’est du tout venant ça ! Mais on n’a jamais été aussi près d’un léopard, on n’a jamais vu autant de lions et encore moins en train de se nourrir.

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Jamais vu un leopard d'aussi pres : juste au dessus de la jeep !
Jamais vu un leopard d'aussi pres : juste au dessus de la jeep !

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Ames sensibles s'abstenir
Ames sensibles s'abstenir
Et toutes les lionnes vautrees a cote....
Et toutes les lionnes vautrees a cote....
Il est tout de suite plus choubidou quand il a pas la tete plongee dans les entrailles d'un buffle....
Il est tout de suite plus choubidou quand il a pas la tete plongee dans les entrailles d'un buffle....

Ca, c’était un spectacle vraiment extraordinaire. D’abord parce que voir des félins en train de déchiqueter la carcasse d’un jeune buffle est en soi assez fascinant. Mais aussi parce que leur comportement était vraiment atypique. Il se trouve que quand les lions attrapent une proie en coopération, c’est ensuite chacun pour soi. Les plus forts se nourrissent en premier et les lionceaux ne sont absolument pas prioritaires (avec coups de griffe sur le museau si nécessaire pour leur rappeler les bonnes manières). Mais cette fois-ci, il semblait que le mâle avait imposé sa loi et avait réservé la dépouille du buffle pour les petits, empêchant les 11 lionnes allongées autour d’y toucher. S’agit-il d’une nouvelle génération de papa poule ? Bon enfin bref, vous l’aurez compris, on n’a pas regretté les billets qu’on a brûlés à South Luangwa.

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Un squelette d'hippopotame et un superbe modele pour donner l'echelle (pour eviter toute confusion, Audrey est a droite)

Et la une tete d'elephant, balaise aussi...
Et la une tete d'elephant, balaise aussi...
Bon allez, petit test super dur : elephant ou hippo ?
Bon allez, petit test super dur : elephant ou hippo ?

Sinon, toujours dans le chapitre observation des animaux, on a aussi vécu au Chimfunshi Wildlife Orphanage une expérience très intéressante, bien qu’à l’extrême opposé de celle de South Luangwa. A l’opposé géographiquement tout d’abord : l’orphelinat en question étant situé tout au nord du pays, à la frontière avec l’ex-Zaïre. A l’opposé au niveau touristique ensuite : nous n’étions là-bas que les deux seuls visiteurs. A l’opposé enfin parce que les animaux qu’on y voyait n’étaient malheureusement pas en liberté. Mais alors pourquoi être allés si loin (au passage, un nouveau grand merci à Jean-Luc et Olga qui nous ont prêté leur 4×4 perso pendant trois jours pour qu’on puisse s’y rendre) pour voir des animaux en cage ou, au mieux, parqués dans de grands enclos ? Parce que les résidents de Chimfunshi sont des animaux qu’on rencontre assez peu fréquemment : des chimpanzés !

En arriere plan Billie l'hippopotame de compagnie
En arriere plan Billie l'hippopotame de compagnie

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Ca baille derriere ...
Ca baille derriere ...

Il n’y a pas de chimpanzés à l’état sauvage en Zambie. Et il n’y en aura d’ailleurs bientôt plus du tout dans le monde tout court. Tués pour leur viande au RDC, chassés ailleurs pour servir de sujets d’expérience pour les laboratoires, ou bien encore vendus à des cirques ou des zoos, leur population ne cesse de diminuer. Par hasard, deux anglais installés dans cette région reculée du nord de la Zambie ont recueilli un jour un très jeune chimpanzé blessé. Qui a survécu à ses blessures. Une chose en entraînant une autre, on leur a ensuite envoyé des primates depuis le monde entier.

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Si bien que leur sanctuaire accueille aujourd’hui 150 résidents. Le tout sans un sou du gouvernement. Le problème, c’est que ces chimpanzés sont trop habitués à l’homme. Relâchés dans la nature, même s’il parvenaient à retrouver leur habitat naturel, ils seraient immédiatement tués par les braconniers car trop peu méfiants. Du coup, ils doivent se contenter d’une semi liberté dans les grands enclos mis à leur disposition. C’est à la fois une chance pour eux, étant donné leur condition antérieure, mais c’est aussi assez triste. Et on peut vous jurer que le regard doux mais nostalgique d’un chimpanzé possède la même capacité à susciter l’empathie que celui d’un être humain…

Deja bien avance sur le chemin de l'evolution, lui !
Deja bien avance sur le chemin de l'evolution, lui !

En fait, pour vraiment profiter de notre visite sur place, on a une nouvelle fois allongé les sous et payé pour participer à la promenade du matin. Au moins on se dit que nos dollars sont partis dans les caisses d’une noble cause. L’activité consiste en fait à balader dans la forêt environnante quatre des chimpanzés qui ont bien voulu nous accompagner. Quand on marche, ils nous suivent et dès qu’on s’arrête, ils grimpent dans les arbres. Là, ils s’amusent à sauter de branches en branches avec une incroyable agilité (le fait d’avoir potentiellement quatre mains doit aider un peu). Les petits surtout sont de véritables casse-cou et on tremble pour eux à chaque fois, comme pour des enfants qui risqueraient de se rompre le cou. Eux ne s’en soucient guère et multiplient les acrobaties, se servant d’une liane comme d’une balançoire ou d’une branche souple comme d’un tremplin, descendant en glissant sur les troncs comme on pourrait le faire sur une rampe d’escalier.

Tranquille la vie...
Tranquille la vie...

Mais ce qui est vraiment merveilleux, c’est de les voir réclamer qu’on les prenne dans nos bras quand on passe d’un endroit à l’autre. Exactement de la même façon qu’un jeune enfant, ils viennent vers nous avec de grands yeux humides, les bras tendus vers notre cou. Même si on n’en avait pas envie (et c’est plutôt exactement l’inverse) on ne saurait résister à cette impérieuse demande. Sitôt qu’on a accepté (ne jamais dire « oui » trop vite à un chimpanzé), les singes grimpent agilement dans nos bras, s’installent sur le côté ou même, si on les y invite, sur nos épaules, les mains posées sur le sommet du crâne. Enfin sur les épaules, c’est seulement pour les plus petits. La plus grosse femelle pesait 25 kilos ! Seul Vincent a accepté de la prendre sur son dos, et c’était déjà suffisamment lourd comme ça. Audrey, elle, devait gérer les deux plus jeunes en même temps, l’un dans les bras, l’autre sur les épaules, passant son temps à lui mettre les mains sur les yeux.

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Malheureusement, nous n’avons pas de photos pour illustrer cette expérience mémorable car on nous a bien fait comprendre qu’on ne reverrait jamais notre appareil si on décidait de rentrer dans l’enclos avec. A l’âge adulte, un chimpanzé est environ 4 fois plus fort qu’un être humain. Et est assez joueur avec ça, bien qu’incapable d’apprécier la haute technologie japonaise à sa juste valeur…

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La petite main d'un vervet monkey dans celle d'Audrey
Mais qu'est-ce-que tu regardes toi ?
Mais qu'est-ce-que tu regardes toi ?

Voilà, nous aurions dû poster cet article depuis la Zambie mais, les choses étant ce qu’elles sont, nous n’avons pas réussi à trouver d’internet correct avant notre arrivée à Dar-Es-Salaam, en Tanzanie. Tanzanie qu’on a rejoint par train (pour changer du bus) après un tout petit voyage de 1800km et de trois jours et deux nuits. Heureusement qu’on s’était procuré de très bons livres avant d’embarquer…

Victoria Falls

MAJ : ça y est, on a enfin pu rajouter toutes les photos initialement prévues, encore des cascades mais surtout du rafting ! Et on aussi mis à jour la carte de notre trajet au Botswana et en Zambie par la même occasion. A la prochaine !

Un titre concis vaut mieux qu’un long article. Voilà, vous l’avez donc compris, nous sommes finalement arrivés aux Victoria Falls, ou plutôt aux chutes Victoria en bon français bien de chez nous approuvé par feu (politiquement parlant) Mr Toubon, ou même encore mieux Mosi-O-Tunya comme on dit ici, en Zambie (nom d’autant plus facile à retenir que c’est le nom de la pas vilaine bière locale qui sera officiellement testée dans la page idoine d’ici peu).

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Avant de passer aux chutes, joue au jeu des drapeaux sur notre dernier van !

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Oh, il y en a encore d'autres sur l'autre cote !

Mais comme on ne saurait résister au plaisir de faire un bon article, et bien vous aurez le droit en plus à une bonne plâtrée de texte. Une fois n’est pas coutume, c’est même Audrey qui insiste pour une petite minute culturelle. Dont acte. Les chutes Victoria, ce sont donc les chutes qui barrent le cours du fleuve Zambèze, à cheval entre la Zambie et le Zimbabwe. En fait à cet endroit le fleuve qui se promenait peinard sur les hauts plateaux zambiens tombe sans prévenir sur une faille profonde de 100m et longue de plus d’un kilomètre. Pas de bol pour lui, il n’y avait pas d’autre choix que de se précipiter dans le gouffre et de créer une des merveilles naturelles du monde. Qui peut tout à fait concourir avec Iguazu pour le titre de Miss Waterfalls Universe.

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Pour poursuivre un tout petit peu la partie culturelle, on peut même ajouter que ces chutes ne furent découvertes qu’assez tardivement par les européens, en la personne du Dr Livingstone (I presume…) qui venait dans le coin à la recherche de nouveaux terrains de golfs, de partenaires de bridge et éventuellement pour y faire cesser l’esclavage (qui faisait d’autant plus désordre dans la région que les anglais n’en touchait même pas un petit pourcentage, et que ça, ce n’était vraiment pas très gentil ni malin de la part des locaux). La conséquence directe fut avant tout que ces cascades magnifiques furent baptisées du nom de la reine la plus moche de tous les temps (rendez-vous dans n’importe quel square anglais et avisez une statue pour vous en assurer par vous-mêmes). Et surtout que tout, des îles sur le fleuve à la ville la plus proche, en passant par les hôtels, les restaurants et le papier toilette aromatisé à la violette, prit le nom de celui qui avait soustrait les chutes à ces braves sauvages qui en connaissait l’existence depuis des siècles, mais n’avaient même pas été fichus d’en aviser le moindre tour operator… Heureusement que la civilisation était passée par là !

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La petite plaque en l'honneur de Livingstone

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Bon, à part ça, il faut reconnaître que Livingstone, la ville, ancienne capitale de la Zambie, est à peu près 10 fois plus attirante que n’importe quelle agglomération qu’on a traversée depuis Le Cap. C’est peut-être parce qu’on a enfin lâché le van et qu’on se déplace désormais en bus, mais on a enfin l’impression d’être entrés en Afrique. C’est-à-dire que c’est le chaos mais que tout le monde s’en accommode très bien. Il doit y avoir plus d’habitants ici que dans toute la moitié nord du Botswana et plus de vie que dans toute la Namibie. De plus, les zambiens sont des gens extrêmement accueillants et on se sent très vite ici comme chez soi. Même les filles sont admirables, ce qui fait dire à Vincent qu’au Zambèze, les filles sont jolies et gentilles (dédicace toute spéciale à L’ami V, à l’Ancien et à Patoche). Le revers de la médaille, c’est que tout y est hors de prix et qu’on a dû reprendre la vente d’organe dans l’espoir de garder les finances à flot.

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Peur de rien
Peur de rien

En même temps, il y a tellement à faire là-bas qu’on ne regrette pas une seconde les dollars engloutis dans la myriade d’activités proposées. A peine descendus de l’autobus qui nous amenait de Kasane, au Botswana, qu’on embarquait pour un survol en ULM des chutes. Évidemment, c’était la toute première fois qu’on montait sur un engin pareil. Deux sièges vaguement harnachés sous une aile delta, avec une hélice de tondeuse à gazon accrochée à l’arrière pour faire avancer le tout. Pas de cockpit, pas de vitre, on se retrouve directement en plein air, rien qui ne sépare du paysage, une incroyable sensation de se sentir pousser des ailes. Avec un paysage pareil, on aurait difficilement pu rêver d’une meilleure introduction.

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Le lendemain, on pensait faire un peu plus soft en rejoignant à pied l’île de Livingstone, située en plein milieu des chutes, juste au bord de la faille. L’excursion n’était possible uniquement parce qu’on était en période de basses eaux. Le débit du fleuve est en ce moment suffisamment faible pour qu’on puisse le traverser à pied et rejoindre, en marchant de rochers en rochers, le milieu des chutes. Ca n’en reste pas moins une balade impressionnante car pendant une demi-heure, on longe une falaise de 100m de haut et qu’on traverse à gué des bras de la rivière, dont le lit est occupé par des pierres traîtresses recouvertes de mousse. On n’ose imaginer (ou plutôt si, on l’imagine trop bien) ce qui se passerait si une glissade nous emportait simplement deux mètres sur la gauche. Mais la marche d’approche n’est rien à côté du bain qui nous attend à l’arrivée.

Allez on sourit !
Allez on sourit !
La fameuse piscine
La fameuse piscine
Mais quel groupe des jambes !
Mais quel groupé des jambes !
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Le Devil's Pool vu de l'autre cote

Se mettre dans l’eau, on n’a rien contre. De toutes façons, on sue tellement sous les 45°C à l’ombre, mais sans ombre, que dans l’eau, on y déjà… Non, ce qui gêne un peu dans le Devil’s pool, c’est sa location. En gros, le rebord rocheux qui délimite ce bassin naturel, c’est tout simplement le bord des chutes. Il n’y a que 10 cm de roche glissante qui font la différence entre toi et un steak tartare (si on exclut les divers aromates). Ce qui n’empêche pas d’ailleurs les zambiens de se balader sur le fameux rebord avec ton appareil photo autour du cou dans des positions acrobatiques pendant que tu fais des sourires un peu crispés à la caméra… Peut-être la sélection darwinienne leur a-t-elle permis de développer des semelles anti-dérapantes sur la plante des pieds ? Enfin on garde le meilleur pour la fin : pour atteindre le bassin en question, la rivière est à cet endroit un peu plus profonde. Impossible de marcher ? La solution est simple, on n’a qu’à nager ! Bon sang, mais c’est bien sûr, c’est tellement évident d’aller nager dans le flot principal du Zambèze à 5m du saut de l’ange ! Disons que c’est juste un endroit où personne ne voudrait être pris d’une crampe. La législation zambienne semble être un poil laxiste sur les normes de sécurité de ces activités. Ceci dit, c’est exactement ce qui donne tout son charme à la chose et qui fait qu’on a adoré cette journée. En plus du paysage, on veut dire, mais c’est un simple détail…

Donc la tu passes a la nage. Mais non, c'est pas dangereux, t'as meme une cordelette pour te retenir !
Donc la tu passes a la nage. Mais non, c'est pas dangereux, t'as meme une cordelette pour te retenir !

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Completement tue par la chaleur, le Vinz...
Completement tue par la chaleur, le Vinz...
Vue du gouffre dans la longueur, côté zambien
Vue du gouffre dans la longueur, côté zambien

Le jour suivant, on n’en avait pas tout à fait fini avec les activités à la con. On s’est donc inscrit pour une journée de rafting. Car les gorges du Zambèze, juste en aval des chutes, sont réputées dans tout l’univers pour leurs rapides. Avec de nombreux rapides de classe IV, deux rapides de classe V et un rapide de classe VI. Pour info, classe V veut dire grosso-modo « interdit d’y emmener des débutants » (euh, on est quoi, nous, au juste ?) et classe VI « limite de la navigabilité, n’emmène avec toi que des personnes dont tu veux te débarrasser ». Les gens d’ici sont raisonnables : bien qu’il emmènent tout le monde dans les classe V, même ceux qui ne savent pas nager (authentique) ils prévoient néanmoins de passer le classe VI (affectueusement surnommé « commercial suicide ») à pied. On peut vous dire que les vagues sont juste monstrueuses et que le fleuve s’amuse en général à faire de l’origami avec le raft. Miraculeusement (peut-être aussi parce que notre pilote était un crack) on ne s’est jamais retourné. Au très grand regret de Vincent d’ailleurs…

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Allez, on regarde bien, sur cette photo, il y en a un qui passe à la flotte ! Mais pas de notre couple !

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Dernier jour sur place, dernière aventure et pas des moindres : on a traversé la frontière pour admirer les chutes du côté du Zimbabwe. Wouuuuuuuuh, le Zimbabwe, ce fameux pays tant fustigé par la presse internationale, lieu de tous les rationnements et de toutes les horreurs possibles. En tout cas, à moins qu’ils aient trouvé une alternative au pétrole (le jus de maïs ? la bouse de gnou ? la Castle Lager ?) leurs voitures roulaient aussi bien de leur côté de la frontière que du côté zambien. Et leurs kalashnikov avaient l’air tout aussi neuves. Du pétrole et des armes, c’est bon, tout va bien : qui parle de rationnement ? Ils ont au moins tout ce qu’il faut pour faire fonctionner un état africain moyen.

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Sur le pont qui marque la frontiere

La principale différence, c’est le nombre de vendeurs de rue, qui s’agrippent à chaque touriste de passage pour lui refourguer l’habituelle camelote de rhinos sculpté en ébène massif 100% pin des Landes aggloméré, et de masques locaux typiques, en provenance directe de l’Afrique sub-saharienne par containers de 100000. Leur insistance en dit peut-être un peu plus long sur leur besoin de cash. Néanmoins, question persévérance, la majorité d’entre eux sont à des années-lumière de l’indien moyen. C’est sûrement pour ça que l’économie du pays est en pleine récession. Dire qu’on accuse ce pauvre Mugabe…

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Blague à part, le peu de contacts qu’on aura eu avec les gens de ce côté de la frontière auront toujours été très amicaux. Les habitants sont très souriants et vraiment prêts à aider. On sent qu’ils souhaitent avant tout que les touristes cessent de bouder le Zimbabwe. Sur nous en tout cas, ça a bien marché et on reviendra sûrement un de ces jours. Et puis, ils ont des infrastructures hôtelières à faire baver d’envie les plus grands parcs d’attractions de Corée du Nord. Alors qu’on cherchait juste un endroit pour poser nos fesses à l’ombre et siroter une bière, nous sommes entrées dans « The Kingdom », un énorme complexe hôtelier construit dans le plus parfait style Las Vegaso-gothique à tendance renaissance disneyenne tardive. Quand on dit énorme, il faut imaginer un truc proposant des centaines de chambres, avec des cours, des jardins, des tours et des patios à l’infini. L’impression d’espace est encore accentuée par le fait que tout ça est parfaitement vide. Un peu triste, sauf autour du bar, où on trouve une moyenne de deux barmen par client. Pas besoin de jouer des coudes pour obtenir sa conso, c’est pas merveilleux ça ?

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Et les chutes dans tout ça ? Ben toujours aussi magnifiques, même (voire surtout) vues depuis un autre angle. Mais bon, les photos parlent d’elles-mêmes, non ? Était-ce vraiment la peine d’en rajouter une couche dans le texte ? Ce serait faire insulte à votre intelligence de lecteurs avertis (tout flatteur vit aux dépends…fromage…renard.. blabla tout ça). Et puis surtout, ça fait un moment qu’on est en panne totale de synonymes de « superbe ». Si vous voulez nous aider, vous pouvez même participer au « superbethon » : on accepte tous les dons, même un petit « extraordinaire » galvaudé ou encore un « sublime » pas très fashion.

Des babouins chacma qui se promenent pres des chutes
Des babouins chacma qui se promenent pres des chutes

Pour finir, précisons juste qu’on écrit aujourd’hui de Lusaka, la capitale de la Zambie, où on a retrouvé Jean-Luc, le fils du parrain d’Audrey, et sa famille. Il s’agit quand même du directeur de l’alliance française du coin. Nous, quand on est accueillis quelque part, on ne s’arrête pas n’importe où ! On profite de leur très généreuse hospitalité pour reprendre des forces avant de continuer un peu le trip en Zambie, avant de rejoindre la Tanzanie, notre ultime étape. Avec peut-être un petit crochet au Malawi, suivant comment se goupillent les prochains jours. D’ici au prochain article, portez-vous bien !

Opération Okavango

Oui, ce titre est bien une tentative éhontée de récupérer quelques visites journalières sur notre blog, grâce à tous ces gros noobs… euh ces braves personnes ne sachant pas très bien utiliser Google, qui infestent le net ! A part ça, Monsieur Hulot ne se formalisera certainement pas que nous réutilisions le titre d’une émission qui nous avait tous deux donné envie de venir visiter cette partie du monde, alors que nous étions encore jeunes, fous et innocents. Et pour ceux qui auraient raté ces programmes magnifiques, rappelons juste que l’Okavango est un fleuve d’Afrique (oui bon ca va sans dire, ça fait juste deux mois qu’on traîne sur ce continent) qui, au lieu de se jeter benoitement dans la mer, préfère faire son original et finir sa course en plein milieu du désert du Kalahari, dans le delta qui porte son nom.

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Cet emprunt télévisuel est d’autant moins mérité que nous n’avions guère les mêmes moyens que notre illustre prédécesseur. On ne parle pas que de la logistique, on parle aussi du nerf de la guerre : l’argent ! Et de l’oseille, du blé, du fric, de la maille, bref des thunes, il en faut, et pas qu’un peu pour voyager dans le coin… On a donc fait avec les moyens du bord et on s’est contenté du plus rustique qu’on ait trouvé.

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Foin des loges de luxe en plein cœur du delta, qui ne sont accessibles de toute façon qu’en avion privé. Fi des tours en 4×4 dans la célèbre réserve de Moremi. On a choisi de partir en bateau pour 3 jours dans le delta, en camping, emportant toutes nos provisions avec nous, avec tout de même un guide attitré. Heureusement qu’il était avec nous d’ailleurs, car sans lui, il est certain que nous n’aurions rien vu durant ces trois journées nautiques. Le petit bonhomme possédait en effet une vue plus perçante que nos jumelles. Capable de suivre des traces de girafe dans les marais, de repérer les impalas rien qu’à l’odeur et de nous dire quand était passé le dernier troupeau de buffle en goûtant la bouse.

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Bon plus sérieusement, il nous a fallu chercher plus souvent que d’habitude pour voir les animaux. L’année a été exceptionnellement pluvieuse et les bestioles n’ont pas besoin de toutes se rassembler au même endroit pour pouvoir boire. Il faut donc marcher pendant des heures pour réussir à croiser quelques troupeaux, assez timides qui plus est. Remarque, ca ressemble plus à ce que devrait être le safari, une sorte de traque plutôt qu’une visite dans un zoo géant. On se concentre donc plutôt sur les oiseaux, qui sont pléthore par ici.

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Un aigle pêcheur

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Un minuscule martin-pecheur
Un minuscule martin-pêcheur
Une aigrette qui prend son envol
Une aigrette qui prend son envol

Par contre s’il y a bien un animal qu’on n’a aucun mal à trouver par ici, c’est l’éléphant. C’est le paradis pour eux ! Plein d’eau, des arbres, de l’herbe bien verte. On pouvait les approcher d’assez près avec le bateau et c’était déjà un sacré spectacle. Sauf que certaines fois, on aurait apprécié qu’ils soient un tout petit peu moins proches. Comme ce matin où l’on entendait des bruits de branches cassées juste derrière la tente. On était en train de se demander si notre guide n’était pas en train de déboiser la clairière quand un barrissement ne nous a plus laissé de doutes sur la nature du visiteur. Il y avait un énorme mâle en train de brouter à 1m seulement de notre tente, s’invitant sans rien demander à personne pour le petit-déj. Sympa comme réveil.

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Oh mais qu'est-ce qui traverse devant nous ?
Oh mais qu'est-ce qui traverse devant nous ?
C'est bien un gros pachyderme !
C'est bien un gros pachyderme !

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Enfin, on a procédé à une mise à jour du manuel du tour du monde avec les données sur la Namibie, pour dire à quel point c’est horriblement cher. Mais avec tout ce qu’on débourse au Botswana, plus ce qu’on nous dit de la Tanzanie à venir, on va finir par trouver ça bon marché…

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Et pour finir, une termitière a la forme très suggestive...

Etosha

Wahou, déjà le deuxième article depuis la Namibie. Peu de temps passé depuis la dernière fois mais tellement de choses à raconter. Des choses pas toujours illustrables avec de jolies photos malheureusement, donc on a décidé d’égayer un peu l’article avec quelques « shots » (yep, on possède le jargon désormais) en provenance du parc d’Etosha. Voilà, ça n’a pas de rapport direct avec le schmilblick mais ça vous permettra au moins de vous reposer les yeux entre deux gros blocs de textes !

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On commence avec les zèbres car ce sont quand même les animaux les plus photogéniques
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Gros plan sur les fesses...

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On essaye de profiter au maximum du temps qui nous reste, sachant qu’on n’a plus désormais devant nous que deux mois de voyage. C’est-à-dire tout juste un sixième de notre année sabbatique, ou encore la moitié d’un tiers, ou même les deux tiers d’un quart, bref, vraiment pas grand chose. On pourrait vous offrir le plus beau poncif du jour en écrivant une phrase du genre « Le temps file à une vitesse incroyable » mais et d’une, ce n’est (presque) pas le genre de la maison, et de deux, on a vécu suffisamment de looooongues journées ces derniers temps pour pouvoir affirmer le contraire.

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Springboks

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Mais reprenons les choses dans l’ordre. La dernière fois que nous avons mis ce blog à jour, nous étions encore sur la côte, à Swakopmund, encore jeunes, fous et insouciants à l’approche du drame à l’horreur sans nom, qui se préparait dans les coulisses d’une tragédie à la conclusion forcément malheureuse (ta-ta-tin !). On pratiquait une fois de plus (remember Pérou) le sandboard sur les dunes des environs, dont la hauteur et les pentes abruptes permettent d’atteindre des vitesses peu raisonnables de plus de 70km/h en bas de descente. Records certifiés conformes par les organisateurs qui avaient apportés avec eux un radar de police pour nous contrôler (le record ultime étant établi à 82km/h). L’engin nécessaire pour descendre aussi vite est assez basique : en fait une simple planche de contre-plaqué sur laquelle on s’allonge tête en avant, avec de la graisse de gnou étalée dessous. Autant dire que c’est éminemment peu contrôlable et vachement générateur de belles gamelles. Vincent se tâte encore (au sens propre comme au figuré) pour savoir s’il s’est cassé, ou juste fêlé, une côte dans l’opération. De toute façon ce n’est pas trop grave, on ne pourrait rien y faire d’autre qu’attendre que ça guérisse.

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Allez, on se lance !

Mais un soir qu’on rentrait gaiement dans notre camping, voilà que la température de la voiture se met à grimper brusquement au delà de tout niveau raisonnable et que le moteur se met à nous insulter dans sa langue sans subtilité, en allumant tous les voyants d’un coup. Bien que fort peu portés sur la mécanique, on a soupçonné que ça voulait dire que quelque chose ne tournait pas rond. De toute façon, 30 secondes plus tard le moteur se coupait pour de bon et nous laissait en rade au milieu d’un faubourg lugubre, à deux kilomètres de notre camp. Sachant qu’il vaut mieux dans l’absolu éviter de traîner dehors le soir (pour tout dire, on a même interdiction formelle de conduire la nuit), on riait plutôt jaune à cette bonne blague. Après plusieurs essais pour le redémarrer à coups de pompe, le moteur a consenti à mourir quelques centaine de mètres plus loin, pour qu’on n’ait plus qu’à pousser le van jusqu’à notre emplacement.

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Une fois en sécurité, on a ouvert le capot pour vérifier les niveaux, pour découvrir avec consternation que le radiateur ne contenait absolument plus un seul millilitre d’eau. Là ça craint, il doit y avoir une fuite quelque part ! Mais on remet le problème au lendemain, la nuit portant conseil. Au matin, on remplit le réservoir d’eau, pas de fuite apparente, le moteur repart, on décide donc d’appeler le proprio de la caisse pour décider de la conduite à tenir. Celui-ci nous demande de faire un détour par Windhoek, la capitale, histoire de faire un contrôle de tout ça. On n’avait pas du tout prévu de passer par là, c’est ballot. Même si on peut deviner que ça ne faisait pas partie de vos destinations privilégiées pour les années à venir, on vous le dit quand même : n’allez pas à Windhoek ! Si on devait lui donner un titre de « plus quelque chose », ce serait la capitale « la plus sans intérêt of da whole universe ». Seulement voilà, 350 kilomètres à faire sur une route chaude comme une baraque à frites, ça n’a pas du arranger nos affaires. Ou alors le moteur du van est taquin. Toujours est-il qu’on a eu le droit à un remake façon sapin de noël des petites loupiottes s’allumant sur le tableau de bord, avant que le moteur ne meure pour de bon, dans un « prshouuut » sans gloire, sans même une petite émission de fumée pour faire bon genre.

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Évidemment, on était loin de toute agglomération, ce qui arrive en fait très souvent en Namibie (c’est-à-dire partout en dehors de Windhoek). Comme il se doit, le portable ne captait pas, ça aurait été trop facile pour appeler les secours. Et il faut savoir qu’ici, les automobilistes répugnent à s’arrêter pour vous aider, dans la crainte d’un piège pour les détrousser. Du coup, alors que la nuit commençait à tomber, la situation était loin d’être super évidente à gérer. Heureusement, en marchant un petit quart d’heure vers la butte la plus proche, on a été capable de faire apparaître une brique sur le portable et de réussir difficilement à appeler la cavalerie à la rescousse.

Le mécano (c’est-à-dire la cavalerie en question) qui arriva peu de temps après dans sa vieille jeep, était un phénomène, une gueule, un vrai personnage de film (ou de BD). Casper Du Plessis (c’était vraiment son nom) clope au bec, les bras couverts de cambouis, un vieux T-shirt Road 66 délavé sur les épaules, portait partout sur sa personne l’écriteau « mécanicien vivant au fin fond de nulle part ». Il possédait en plus un sourire plein de malice à la John Wayne, qui donnait plus envie de rire que de pleurer sur notre accident. Il inspecta le moteur, vérifia deux ou trois connexions puis nous annonça « no more compression, the car is fucked up, hope you will enjoy your holidays in Usakos » avec un tel détachement qu’on a pris la nouvelle avec bonne humeur. Le gars nous a quand même fourni un super hébergement dans une « ville » (le Usakos en question) qui n’avait sûrement pas dû voir un seul étranger depuis la visite des missionnaires allemands au début du siècle dernier…

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Impalas sur fond d'éléphants... ou l'inverse

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Finalement, la compagnie de location nous a arrangé un remorquage jusqu’à Windhoek, où les pièces détachées sont plus faciles à trouver (au passage, le diagnostic était : courroie de transmission coupée net). Mais là encore c’était assez folklorique (n’oublions pas que nous sommes en Afrique). La dépanneuse était conduite par deux jeunes jackys pure souche qui n’auraient pas dépareillé dans les rues de Lens (oui, c’est toujours sur le Pas-de-Calais que ça tombe, c’est moche mais c’est comme ça). En plus d’accrocher notre voiture avec trois bouts de ficelle coupés à l’aide de notre couteau de cuisine (authentique), Starsky et Hutch n’avaient pas prévu de sièges pour nous emmener avec eux ! Alors où va-t-on voyager ? Et bien dans le très petit espace situé dans la cabine de leur pick-up, juste derrière leurs sièges. Quand on dit petit, c’est qu’on devait entremêler nos jambes pour pouvoir tenir dedans face à face, à même le sol, dans un endroit où les épaules de Vincent tenaient tout juste en largeur (et tout ceux qui ont fait des vannes pleines d’esprit sur son tatouage savent qu’elles ne sont pourtant pas bien larges !). 250 bornes à parcourir de cette façon, vive l’aventure !

On pourrait imaginer qu’il s’agissait de la fin de l’histoire mais ça n’aurait pas été très amusant. Non, après deux jours passés à ne rien faire dans Windhoek (pléonasme) le garagiste nous a rapporté le van en nous disant que ouais, on pouvait y aller, mais que ses réparations ne tiendraient pas plus de 15 jours. Soit le temps nécessaire pour nous permettre de rejoindre tranquillement Maun, au Botswana, où on nous aurait fourni un véhicule de rechange. Seulement voilà, le brave homme devait compter en temps namibien car les 15 jours en questions se sont finalement trouvés réduits à 4. Mais ne brûlons pas les étapes…

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Un honey badger (ratel en francais) un des animaux les plus féroces d'Afrique (sans rire !) en train... de faire les poubelles !
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Il met du cœur à l'ouvrage

On est donc partis plein d’espoir vers le magnifique parc national d’Etosha, dans le nord de la Namibie, tout heureux d’avoir récupéré notre van. C’est qu’il s’agissait en fait quasiment du dernier safari qu’on pouvait faire par nous-mêmes. Au Botswana, on aura besoin d’un 4×4 (et notre van actuel ne supporte même pas un peu de sable) et en Tanzanie, on n’aura plus de voiture tout court. Bref, c’était bien d’avoir récupéré le van à temps. On avait prévu d’y passer au moins trois journées entières, voire plus suivant la quantité d’animaux qu’on allait y voir. Comme d’habitude avec les parcs de la région, c’était annoncé « fully booked jusqu’en 2010, même pas en rêve tu peux venir le visiter » mais en arrivant sur place et en insistant un peu, on a réussi à avoir de la place sans trop de difficultés.

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Une jolie petite mangouste

Heureusement car c’est un des plus beaux parcs qu’on ait vus, et on commence à devenir experts sur le sujet. Non seulement le paysage est magnifique, de la superbe savane étendue autour d’un immense lac asséché, rappelant quelque peu la désolation des salars boliviens, mais en plus, la vie sauvage y est foisonnante.

Sur le "pan" d'etosha
Sur le "pan" d'Etosha

On y a observé les plus gros troupeaux de zèbres, gnous, springboks et même éléphants depuis notre arrivée sur le sol africain. Et ce n’est pas tout : il est en plus super facile d’y croiser des lions ! Pas aussi près qu’au Kgalagadi mais ça fait toujours plaisir.

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Pas de lions mais des éléphants qui pataugent

Et ce n’est toujours pas tout ! On y a enfin vu notre premier rhino noir, essayant de trouver sa place pour boire le soir, dans un trou d’eau squatté par une vingtaine d’éléphants. D’ailleurs on est désormais capable de répondre à cette question fondamentale : « Mais c’est qui le plus fort entre l’éléphant et le rhinocéros ? » (bon, on sait, la vraie citation c’est avec l’hippopotame mais vous n’allez pas chipoter !). On a donc vu les deux gros bestiaux s’envoyer dans les cordes juste pour le plaisir de savoir qui a la plus grosse (Corne ? Trompe ?). Au début, on a bien cru que le nombre allait avoir raison du courageux rhino. A 20 contre 1, on ne peut pas dire que les pronostics étaient vraiment en sa faveur. Mais le bestiau, loin de se démonter, a commencé par charger un des éléphanteaux qui voulait faire comme les grands et essayait de l’impressionner à en battant des oreilles (le spectacle d’un humain essayant de faire la même chose ne serait pas inintéressant non plus). Résultat, le jeune présomptueux a dû fuir piteusement, la trompe entre les jambes. Peut-être ce succès a-t-il donné des ailes au rhino, car il s’en est pris successivement à tous les membres de la horde jusqu’à ce qu’il se retrouve seul avec un grand mâle autour de la mare, signant ensuite un traité de non-agression. Belle performance !

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Hop, le premier rhino noir nocturne

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Dernier animal qu’on a pu observer en long en large et en travers à Etosha : le léopard. Au départ, tout a commencé par la découverte d’une springbok allongée sur la plus haute branche d’un arbre. Une rapide réflexion nous a conduits à penser qu’elle n’avait pas dû venir ici par ses propres moyens. D’abord parce qu’il ne doit pas être évident de grimper aux branches avec des sabots. Et surtout parce que c’est encore plus dur à faire avec le ventre ouvert et les boyaux à l’air ! La vraie question était donc : mais où est le léopard qui a fait ça ? Après plusieurs passages infructueux, on a fini par repérer le meurtrier, revenu sur les lieux de son crime pour mâchonner sa carcasse, léchant avec avidité les restes de la petite gazelle comme on sucerait une friandise. Mignon, le petit chat !

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Hop, avec un petit coup de zoom sur photoshop...
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Celui-là, on est tombé dessus complètement par hasard...

Mais tout ça c’était avant le drame (tiens, comme une impression de déjà vu !). Alors qu’on se dirigeait vers l’est du parc, voilà que les mêmes symptômes vont avoir les mêmes conséquences. Les voyants qui s’allument d’un coup, le moteur qui se coupe brusquement au milieu de nulle part et bien sûr l’impossibilité totale de joindre les secours autrement qu’avec des signaux de fumée. Avec cette fois la petite variante qui empêche de sortir de sa voiture sous peine de servir de repas à un lion ou de paillasson à un éléphant un peu nerveux. Le coup de bol ce coup-ci, c’est qu’on pouvait compter sur les autres véhicules pour nous aider, vu que seuls des touristes se promènent dans le parc (donc pas de crainte d’agression). Bref, on a fait remorquer la voiture jusqu’au camp le plus proche où une nouvelle dépanneuse est venu nous séparer du van dans le quel on voyageait depuis deux mois. Triste mais nécessaire séparation.

Au revoir le van !
Et il faut ranger tout le bardas accumulé...

Au moins, on n’a pas tout perdu au change car pendant qu’il nous amène personnellement un nouveau véhicule, le proprio du van nous a installés chez la mère de sa petite copine, qui nous traite comme ses enfants en nous nourrissant à l’œil de plats plus que consistants. Peut-être même qu’on va finir par prendre des kilos ! Bref, on prend ça avec le sourire et on devrait même être capable de reprendre la route bientôt, vers le nord de la Namibie et enfin, si tout va bien, le Botswana. Mais on ne jure plus de rien tant qu’on n’y a pas enfin les pieds…

PS : Puisqu’on profite en plus honteusement, et toujours gratuitement, de l’internet de Louise, l’extrêmement gentille dame qui nous héberge, on a en plus mis à jour la carte du trajet en Namibie ainsi que la section bières.