Les débuts en Afrique du Sud, le vrai (et gros) article !

Salut à tous, voilà enfin le premier vrai article consacré à l’Afrique du Sud !

Petit matin au Kruger
Petit matin au Kruger

On est désolé de ne pas avoir donné de nouvelles ces derniers temps mais voilà, nous avons changé de continent et en Afrique internet est tout à la fois lent, cher et peu fréquent. Enfin ce n’est pas tout à fait vrai, on se souvient très bien qu’à Madagascar, ou même en Ethiopie, on en trouvait partout, mais ici en Afrique du Sud, pays pourtant bien plus développé que les précédents, ce n’est pas le cas. Peut-être est-ce aussi parce qu’on bat la campagne depuis des jours et des jours. Quand on reviendra vers des zones urbanisées, peut-être pourra-t-on communiquer plus souvent avec vous, qui sait ? Enfin tout ça pour dire qu’on a bien l’impression que les mises à jour régulières, agrémentées de moultes photos pour illustrer, semblent appartenir désormais au passé. Et ce d’autant plus que notre super appareil photo-reflex-numérique-micro-ondes-réveil-matin vient de rendre l’âme sans même un « couac » ou un « bliblip » d’avertissement et qu’on ne voit pas du tout comment on va le faire réparer dans le coin. Si on ne peut même plus faire confiance aux marques japonaises… (qui commencent par Ni et qui finissent par Kon pour ne pas la citer).

Et sinon qu’est-ce qu’on a fait depuis tout ce temps ? Et bien nous avons atterri à Johannesburg (Jo’burg pour les intimes) où nous avons passé quelques jours histoire de préparer la suite du voyage en Afrique. La ville en elle-même a peut-être un intérêt touristique mais ça, nous n’en savons rien ou presque. Quand, même en plein jour, tout le monde déconseille fortement d’aller dans 95% des quartiers, y compris (et même surtout) dans le centre, ça limite fortement les options. C’est assez impressionnant pour nous autres européens de voir les habitants s’enfermer chez eux avec barrières électriques, barbelés et caméras de surveillance. Le crime ici, c’est un vrai problème pas encore résolu.

On est quand même sortis de l’hôtel parce qu’on y étouffait un peu, histoire de passer une quasi journée complète dans l’ultra intéressant (et pas trop déprimant car c’est quand même une histoire qui finit bien) musée de l’apartheid. Et on en a profité aussi pour passer une soirée avec Ryan et Inge-Marie, les deux SA (pour Sud-Africains) qu’on avait rencontrés en Équateur, au tout début de notre voyage, il y a de ça déjà si longtemps.

Mais il est clair que l’intérêt du pays se trouve ailleurs, par exemple dans ses innombrables parcs nationaux qui renferment une incroyable faune, celle qu’on a tous vue au moins une fois dans un documentaire animalier quelconque sur la cinquième, un de ces dimanches après-midi où on ne voulait pas mettre le nez dehors (ou une de ces longues nuits sans trouver le sommeil). On a donc loué un van, du même type que ceux qui nous ont déjà bien servis en Australie et en NZ et on est partis pour un très long tour non seulement en Afrique du Sud, mais aussi en Namibie et au Botswana. Ce qui fait que ce van là, ça va être notre maison pour au moins deux mois et demi. Il a donc intérêt à être confortable (et fiable !). En tout cas, il a un peu la classe…

Dans le parc du Pilanesberg
Dans le parc du Pilanesberg
Hop, le même mais vu de haut
Hop, le même mais vu de haut
Le van "DJ qui fait du scratch avec les pneus". Ultime...
Le van "DJ qui fait du scratch avec les pneus". Ultime...

On a commencé notre tournée par le parc du Pilanesberg, à seulement deux heures de route de Jo’burg (au passage les routes SA sont étonnamment super bonnes ET limitées à 120, ce qui fait qu’elles sont absolument mortelles, au sens propre du terme, car les locaux roulent comme des tarés juste à côté des piétons qui piétonnent en tout sens et des vaches qui ruminent au milieu de la route). Le parc est situé en pleine zone urbaine et pourtant, dès qu’on en franchit les grilles, on passe dans un autre monde. On entre véritablement dans le doc’ dont on parlait plus haut. Il y a des gnous et impalas (les petites gazelles qui servent de casse-croûte aux lions) absolument partout. Et bien sûr tous les membres de ce qu’on appelle ici le « Big 5 », à savoir lions, léopards, rhinos, éléphants et buffles. Qu’on a tous vus alors, excepté le léopard. Par contre les rhinos (blancs), ça on en a vu, et même de super près ! A tel point qu’on se demandait si plus près, ça n’aurait pas été directement la corne dans la portière !

Bon là, c'est un rhino blanc : un bon point à celui qui nous dit pourquoi on l'appelle comme ça (attention, il y a un gros piège)
Bon là, c'est un rhino blanc : un bon point à celui qui nous dit pourquoi on l'appelle comme ça (attention, il y a un gros piège)
Un phacochère
Un phacochère
Des impalas (l'animal de loin le plus fréquent ici)
Des impalas (l'animal de loin le plus fréquent ici)
si vous ne savez pas quel animal c'est, on ne peut plus rien faire pour vous...
si vous ne savez pas quel animal c'est, on ne peut plus rien faire pour vous...

Mais le gros morceau, c’est le parc national du Kruger, situé tout au nord-est du pays, à la frontière du Mozambique et du Zimbabwe. Un parc incroyablement immense, plus grand qu’Israël, pour vous donner une échelle. Et ce parc regorge de tous les animaux possibles et imaginables, même des espèces les plus rares comme les guépards, les chiens sauvages (ou lycaons) et les rhinos noirs. Bon, malgré nos 5 jours et demi sur place, on n’a réussi à observer aucun de ces trois-là mais ce n’est que partie remise, il y a encore plein d’autres parcs sur le trajet. On a par contre fait une orgie de girafes, éléphants (en fait, leur présence est un problème, il y en a même trop dans le parc !), zèbres, koudous (grandes antilopes), hippopotames, phacochères et autres buffles. On a même enfin réussi à voir nos premiers léopards (un animal magnifique) soit en train de dormir sur une branche, soit en train de chasser une impala (sans succès d’ailleurs) ! Et au moins un lion par jour, les derniers étant un groupe de 5 lionnes qui se battaient avec des babouins à 10 mètres de la voiture. Gros coup de bol de s’être trouvés au bon endroit et au bon moment.

Une lionne en train de regarder avec envie un babouin dans un arbre voisin
Une lionne en train de regarder avec envie un babouin dans un arbre voisin
Un bushbuck, le sosie de Bambi
Un bushbuck, le sosie de Bambi
Oui le truc là, c'est bien un léopard
Oui le truc là, c'est bien un léopard
Un buffle
Un buffle
Un hippo timide
Un hippo timide

Ce qui est bien avec les parcs SA, c’est qu’on peut se faire son propre safari : on y entre avec sa voiture, on choisit alors un coin à explorer pour la journée et on s’arrête ensuite où on veut, au gré de ses envies et des indications des autres conducteurs, des fois qu’on trouve un point d’eau accueillant de nombreux animaux. Le seul truc, c’est qu’il est formellement interdit de sortir de sa caisse, histoire d’éviter de servir de casse-croûte aux lions ou de paillasson aux hippopotames.

Sinon on a un peu galéré avec l’hébergement dans le parc lui-même. Certes il y a de très nombreux camps où se loger mais voilà, pas de bol, nous sommes arrivés en pleines vacances scolaires. On était venus en juillet parce qu’on avait lu que c’était la meilleure période de l’année pour voir les animaux. Et effectivement en hiver (oui, ici on est en hiver) la végétation s’assèche, les rivières baissent, les points d’eau se raréfient et les animaux se retrouvent concentrés dans un petit nombre d’endroits. Les Afrikaners le savent bien et viennent alors en foule passer ici leurs vacances en famille.

Un nyala (l'antilope préférée de Vincent)
Un nyala (l'antilope préférée de Vincent)
Une famille de rhinos
Une famille de rhinos
Là aussi, vous devriez deviner par vous même...
Là aussi, vous devriez deviner par vous même...

Ouverture de parenthèse : les Afrikaners, ce sont ces descendants des colons hollandais (et donc blancs) parlant l’afrikans, une sorte de néerlandais avec lequel ils apostrophent systématiquement Vincent et sa tête de teuton, avant de continuer dans un anglais parfois laborieux et toujours teinté d’un fort accent allemand. Au passage, même si c’est du passé, il n’est pas inutile de préciser que ce sont eux qui ont un peu institué l’apartheid (mot afrikans d’ailleurs) dans le pays et on sent qu’il en reste parfois quelque chose (pas un qui n’ait pas sa bonne noire à demeure, qui les suit même dans le camping !). D’ailleurs il n’y a quasiment pas de touristes noirs dans le Kruger… Au demeurant et à une exception près pour le moment, ils sont toujours très sympathiques et prêt à aider leurs voisin (en l’occurrence nous, quand on a réussi à complètement ensabler le van sans aucun espoir d’en sortir par nous-même). En plus ils ont inventé le biltong, une viande séchée dont on raffole tous les deux.

Fin de la parenthèse et retour à notre galère pour se loger. Vacances scolaires veut donc dire « il n’y a pas de place pour des romanos comme vous ici les gars, rentrez chez vous ! ». Tout est réservé depuis des mois, jusqu’au moindre emplacement de camping. Mais comme on avait quand même vraiment envie de visiter, on a dû se la jouer un peu filous. On arrivait par exemple le soir dans les campings, quand ils ne pouvaient plus nous mettre à la porte sans nous jeter dehors avec les lions. On pouvait alors rester une nuit seulement. Et le lendemain, on allait à un autre camping où on zappait l’employé de la réception pour aller directement supplier le manager, avec notre discours bien rodé de petits français paumés dans la grande Afrique du Sud (sortez vos mouchoirs). Bref on s’en est pas trop mal sortis, sauf une fois où on n’a pas eu d’autres choix que de dormir en dehors des limites du parc. Et comme, on le rappelle, celui-ci est immense, ça signifiait devoir se farcir un long aller-retour pour revenir aux zones intéressantes.

Un babouin, juste avant que les lions ne le coursent d'ailleurs...
Un babouin, juste avant que les lions ne le coursent d'ailleurs...
Y sont pas mignons eux ?
Y sont pas mignons eux ?
Et un gnou pour finir...
Et un gnou pour finir...

On a ensuite quitté momentanément le pays pour aller se paumer quelques jours au fin fond du Swaziland voisin, 2 jours dans les montagnes et 1 dans une réserve privée un peu plus luxe, histoire de varier les plaisirs. Tout ça avant de revenir sur la côte SA, juste au sud de la frontière avec le Mozambique. Le temps est avec nous pour le moment et l’hiver chez eux, ça veut peut-être dire « nuits assez fraîches » mais par contre, on peut se balader sans problèmes en tongs et en T-shirt dans la journée. Bref si l’appareil photo pouvait se remettre à marcher subitement comme par magie, tout se passerait absolument à merveille. Et tant qu’il n’y a que l’électronique qui foire (et Vincent est bien placé pour savoir que oui, il arrive parfois malencontreusement et de façon totalement inexpliquée que l’électronique bugge) on peut dire que tout va bien.

PS : Le 11 fut une sale journée pour Audrey. C’était en effet le jour du premier concert de U2 au Stade de France et heureusement qu’on était alors dans le Kruger car sinon, elle serait revenue exprès en France pour voir ça !

PPS : Dans la série je perds du poids (mais je garde la forme, rassurez-vous les parents), Vincent vient de franchir un nouveau cap : acheter une nouvelle ceinture taille S ! On l’a essayée tous les deux et il n’y a plus qu’un cran d’écart entre nous deux (oui, Vincent reste quand même le plus gros, faut pas exagérer non plus). Donc soit Audrey devient obèse (ah ah ah) soit la prochaine étape pour Vincent, c’est de passer derrière le papier peint sans le décoller 😀

PPPS : puisqu’on en est à rajouter plein de texte à la fin, autant ne pas faire les choses à moitié. Voici donc le (long) extrait de notre journal de bord du 05/07 narrant une petite arnaque dont Vincent a bien failli être la victime. Sur ce, on vous laisse pour de bon.

Au moment de partir de la station-service, Vincent est victime d’une arnaque qui aurait pu lui coûter une carte bleue. Comme toutes les arnaques, elle semble trop grosse pour être crédible une fois analysée et retranscrite à froid sur le papier. On se demande après coup comment il est possible d’être aussi crédule. Mais l’art du voleur consiste à ne pas laisser le temps à sa victime de réfléchir calmement et de se rendre compte qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond. La première étape consiste à amener la naïve victime (en l’occurrence Vincent) en face d’un distributeur automatique de billets. Cette fois, l’argument utilisé était le suivant : un balayeur qui semble travailler pour la station s’approche de nous et nous informe gentiment que les caisses électroniques du prochain péage sur l’autoroute ne fonctionnent pas en ce moment et qu’on ferait mieux, pour éviter toute attente, de prendre un ticket pré-payé à la machine située dans la station. Il y a en effet un distributeur de billets à côté duquel est écrit « vente de tickets pré-payés ». Il s’agit vraiment en tout cas d’une machine officielle, sans doute utile pour diminuer les queues au péage (l’intérêt pour le voleur, c’est que cette machine donne du crédit à son histoire et calme les premiers doutes de la victime). Là-dessus, le « gentil » balayeur reprend son travail et laisse le pigeon aller au distributeur et sortir sa carte bleue. Fin du premier acte.

Vincent sort sa carte, l’insère comme il a l’habitude de le faire et s’apprête à taper son code quand une main surgit de l’arrière et appuie sur « annulation », ce qui fait ressortir la carte. Et là tout se passe très vite. Le « gentil » balayeur est de retour et prétend qu’on n’a pas fait la bonne manœuvre (c’est pour ça qu’il a appuyé sur annuler) : la meilleure preuve, c’est qu’il y a une croix rouge en travers de l’écran (qui, dans le souvenir de Vincent, est une croix qui veut juste dire « vous n’aurez pas de reçu pour cette non-transaction »). Très vite, il dit que ce qu’il faut faire, c’est d’abord poser la carte à plat à l’endroit où c’est indiqué (là où une carte est bleue est dessinée, sans doute pour montrer où l’insérer) et seulement ensuite la glisser dans la fente adéquate. On a beau savoir comment marche une carte bleue, on a beau être averti de toutes les arnaques possibles, une fois pressé, le cerveau humain fait vraiment n’importe quoi…

Voilà donc Vincent qui fait ce qu’on lui a demandé. Et avant qu’il ait pu réagir, le voleur de dire « mais non pas comme ça, comme ça », en lui prenant la carte des mains et en faisant mine de l’insérer à son tour. La scène ne dure que quelques secondes au total. Là il se passe deux choses : tous les signaux d’alarme qui commençaient à clignoter dans la tête de Vincent commencent à se faire entendre (qu’est-ce que c’est que cette histoire de poser une carte bleue à plat ?). Et d’un autre côté le voleur tente son numéro de prestidigitateur : d’un très très léger mouvement du bout du majeur, il fait glisser la carte bleue sous son poignet tout en faisant mine de l’insérer dans le distributeur. Sans doute la suite de l’arnaque aurait consisté à prétendre que la machine avait « mangé » la carte. Mais pas de bol pour lui, l’alerte a sonné dans le cerveau de Vincent juste à temps pour le voir faire (ou plutôt, pour entendre un léger « tchac » très suspect). Vincent a juste le temps de lui chopper le poignet et de récupérer sa carte (ou plutôt celle d’Audrey qu’il lui avait empruntée pour l’occasion) dans la manche du larron.

Il faut d’ailleurs noter qu’à ce stade, Vincent n’avait pas encore compris toute l’arnaque. Juste qu’un gars avait mis ses sales pattes un peu trop longtemps sur la carte bleue… D’ailleurs le gars s’en va en prenant des airs offusqués et en disant « mais pas de problème, mon gars, je te laisse faire la manip toi-même ». Impossible de se fâcher contre lui ! De toutes façons, tenter de lui casser la gueule au milieu d’une foule de gens qui doivent connaître la manip depuis longtemps et lui témoigner une certaine sympathie ne serait sûrement pas une très bonne idée. Ce n’est qu’en revenant à la voiture que tous les pièces du puzzle se remettent en place et que Vincent comprend qu’il l’a échappée belle. Et qu’il se traite de crétin à juste titre. Mais enfin, il a récupéré la carte, n’a jamais tapé son code, bref semble n’avoir rien perdu de fâcheux. On s’en tire juste avec un sérieux avertissement pour l’avenir.