Rapa Nui

Rapa Nui… Ce nom n’évoque peut-être pas grand chose pour beaucoup de gens mais c’est celui d’une petite île du Pacifique Sud qui, elle, alimente de nombreux mythes et légendes : l’île de Pâques.

Ca c'est vraiment des vacances !
Ca c'est vraiment des vacances !

Ignorée de toutes les grandes puissances coloniales, l’île de Pâques (qui doit son nom « occidental » au jour de sa découverte) fut finalement annexée par le Chili qui en exploita violemment la population et les maigres richesses avant de la laisser aujourd’hui retrouver sa paix initiale. Nous sommes donc arrivés ici après 5 heures de vol depuis Santiago. Sachant qu’il nous en faudra plus de 6 pour rejoindre la Polynésie française, l’archipel habité le plus proche, ça donne une plutôt bonne idée de l’isolement de l’île.

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En bordure de Pacifique... Plutôt sympa comme site de camping non ?

Rapa Nui est une petite île : un peu moins de 20 bornes du nord au sud pour seulement 4000 habitants, quasiment tous regroupés dans l’unique village d’Hanga Roa. Elle ne correspond en rien aux idées qu’on pourrait se faire sur une île de cette partie du monde : d’origine volcanique (ça ce n’est guère original) elle ne possède pas de lagons paradisiaques, ni plages ni cocotiers (si on ne tient pas compte de l’idyllique et notable exception d’Anakena, tout au nord), elle est entourée de falaises et de rochers… Bref pas forcément le paradis sur terre. En fait toute sa végétation a été rasée au cours des siècles, d’abord par les premiers habitants de l’île puis par les dizaines de milliers de moutons qu’on y avait introduits. Aujourd’hui, l’île présente un relief étonnant qui n’est pas sans rappeler certains paysages de l’Auvergne : une multitude de volcans aux contours très doux, couverts d’herbes très vertes.

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Le port d'Hanga Roa : pas vraiment très aménagé...
Le cratère quasi parfait du Rano Kau, tout au sud de l'île
Le cratère quasi parfait du Rano Kau, tout au sud de l'île
Les cocotiers sur la plage d'Anakena
Les cocotiers sur la plage d'Anakena
Paysage de la côte nord
Paysage de la côte nord

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La plage d'Anakena, vue depuis l'intérieur des terres
La plage d'Anakena, vue depuis l'intérieur des terres

Peut-être à cause de (et malgré) toutes ces raisons (l’isolement, le paysage rugueux) l’île de Pâques possède de nombreux arguments pour séduire le visiteur. En tout cas, nous, on est tombés sous son charme dès le premier instant, en descendant de l’avion, alors qu’on ne cessait de se répéter incrédules « c’est dingue, on est sur l’île de Pâques ! ». On a planté notre tente sur un terrain au bord de l’océan sous un ciel bleu magnifique et on a commencé à explorer l’île par tous les moyens mis à notre disposition : en voiture, en scooter, en plongée (avec un ancien de l’équipe de Cousteau, la classe) et même à cheval. A propos des canassons, précisons d’ailleurs qu’aucun de nous deux n’avait de quelconque expérience en la matière mais que nous avons chevauché sans sourciller pendant 8 heures à travers les collines. Et le pire de l’histoire c’est qu’on a adoré ça. Imaginez un peu ce que c’est que de galoper au milieu des herbes hautes avec le bleu profond de l’océan en toile de fond. Inoubliable ! D’autant plus qu’on en a payé le prix le lendemain en ramassant partout les petits morceaux de notre colonne vertébrale…

Stupéfiant ! Vincent proche d'un cheval sous une forme autre que celle d'un steak !
Stupéfiant ! Vincent proche d'un cheval sous une forme autre que celle d'un steak !
Un ranch complètement isolé à l'ouest, entre mer et "montagne"
Un ranch complètement isolé à l'ouest, entre mer et "montagne"
Ca va le dos sinon ?
Ca va le dos sinon ?
Wouhah, quelle impression de vitesse folle !
Wouhah, quelle impression de vitesse folle !

Bon évidement, on ne pas parler de Rapa Nui sans évoquer les Moais, ces fameuses immenses statues. Elles ont fait couler beaucoup d’encre tellement il semblait impossible aux premiers archéologues qu’un peuple aussi peu « évolué » ait pu se trimballer des cailloux de plus de 80 tonnes à travers les collines de l’île sur plusieurs kilomètres, sans connaître la roue, le marteau-piqueur, la pelleteuse mécanique ou encore le chariot élévateur ! Quoi qu’il en soit, ces visages de pierre qui peuplent toute l’île, empreints d’une sérénité imperturbable, sont THE attraction de l’île. On les trouve alignés dans des sites plus beaux les uns que les autres (les pascuans avaient un sens inné de la mise en scène et auraient pu donner quelques leçons à Kevin Kostner qui avait produit le très médiocre et très inutile film « Rapa Nui ») tous semblables et pourtant tous différents, avec leurs tatouages et leurs coiffes rouges.

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Les 15 Moais de Tongariki, un site entièrement remis sur pied par les japonais qui, si on se fie à la date de restauration, a échappé à l'époque au père de Vincent (dommage ! )

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Ahu Tahai, le seul moai avec des yeux de corail (résultats de la restauration)

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Mais le site qui retient le plus l’attention, le plus magique, celui qui fait le plus travailler notre imaginaire, c’est celui de Rano Raraku, dit « la carrière ». En fait c’est des flancs de ce seul volcan qu’ont été extraits tous les Moais de l’île. Comme le culte de ces statues a cessé très brutalement (suite aux guerres internes), les ouvriers semblent avoir abandonné les lieux en laissant tout en l’état. Et on peut découvrir aujourd’hui des dizaines de Moais à tous les stades de construction, depuis le bloc à peine extrait de sa falaise jusqu’à la statue finie et polie, prête pour le transport. Sous le coup des ans, les glissements de terrain ont recouvert et déplacé plusieurs statues, les laissant dans les positions les plus diverses, dépassant anarchiquement du sol tels les rochers dans un tableau de Dali.

La "carrière" de moai
La "carrière" de moai

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Les moai, abandonnés dans divers états de finition
Les moai, abandonnés dans divers états de finition

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En musique : Big bisous, poum poum, big bisous, poum poum...
En musique : Big bisous, poum poum, big bisous, poum poum...
Petit jeu pour amuser tes amis : la partie émergée de ce moai fait au moins deux fois la taille de Vincent. Quelle est donc sa taille totale ?
Petit jeu pour amuser tes amis : la partie émergée de ce moai fait au moins deux fois la taille de Vincent. Quelle est donc sa taille totale ?

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On a tellement aimé le site qu’on y est retourné plusieurs fois, pour l’admirer à toutes les heures de la journée. Il faut dire que, une fois n’est pas coutume, nous avions le temps devant nous. Une semaine à l’île de Pâques, ça permet de prendre le rythme du Pacifique : on est cool, pas besoin de se presser pour les visites. On a toujours le temps pour aller faire un petit tour à Anakena… Bref on se prépare aussi doucement mais sûrement pour la Polynésie française 😀

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Bon pour conclure, vous vous en doutez, on n’a pas pu résister à un petit shava shava devant les moai. Notez qu’on a spécialement retravaillé la choré et qu’on a extrait un nouveau passage pour cette fois 😀

PS : Et comme à chaque fois qu’on en a l’occasion, mise à jour des pages bière et le tour du monde pour les nuls (avec les données Chili et île de Pâques). Avec en plus la synthèse de tous nos trajets en Amérique du Sud sur une seule page.

Valpo, une ville qui chatoye !

Oh my good lord ! C’est incredible ! Deux articles dans la même journée (enfin pour nous, pas pour vous en France) ! Mais qu’est-ce qui se passe ? Bon en fait au départ, on devait tout simplement snober (bloguistiquement parlant) Valparaiso et Santiago sur le chemin nous menant à l’île de Pâques. Finalement, on a décidé que ce serait un petit peu dommage de ne pas vous donner un mini aperçu de la première citée, d’où l’article que vous avez sous les yeux. Mais que ça ne vous empêche pas d’aller voir l’article sur l’altiplano bolivien si on y est !

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Mon dieu que c'est chatoyant ! Ca chatoye de partout !

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Valparaiso, Valpo donc pour les intimes, THE port chilien, le port mythique des cap-horniers, ces navires qui contournaient l’Amérique du temps où n’existait pas encore le canal de Panama. Un port qui fut incroyablement riche mais dont l’activité a décliné sous les coups conjugués des tremblements de terre et du canal sus-cité. Une ville nichée sur des collines abruptes entourant une baie profonde, à deux heures à peine de la capitale (d’où son importance). De ce passé glorieux, il reste entre autres les fameux ascenseurs, ces funiculaires aux cabines de bois dont le plus penché monte gentiment à 70° !

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L'ascenseur de la Cordillera, plus de cent ans aujourd'hui
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Et celui d'Espiritu Santo

Alors que le quartier en bas, le long des quais, présente plutôt une architecture de type Hausman, les maisons sur les hauteurs sont plus originales. D’inspiration romantique, baroque voir gothique pour certaines, elles se remarquent avant tout par leurs couleurs chatoyantes (d’où le titre). C’est jaune, rouge, vert, violet, peu importe du moment que ça impressionne la rétine du passant ! Malgré les efforts de la municipalité pour maintenir le tout le plus « mignon » possible, on voit bien que certaines demeures sont vraiment décrépies et que les rues sont défoncées. Mais loin de gâcher la visite, ces petits défauts de l’image d’Epinal donnent un charme supplémentaire à la ville. Nous en tout cas, on a vraiment aimé flâner dans ces rues, prendre du temps à la terrasse d’un bar au-dessus du port, apprécier le plaisir d’une bonne table, bref passer du bon temps dans cette ville un peu alanguie.

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Valpo, vue depuis son port
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Valparaiso, c'est aussi un important port militaire

Sinon pour vous changer un peu des traditionnelles photos de maisons bariolées (qui chatoient dans tous les sens), on a eu envie de vous présenter une autre face de la ville, pas la plus connue, en tout cas pas de nous. Il se trouve que les murs de Valparaiso sont couverts de graffitis. Mais pas les bêtes (et moches) tags auxquels nous sommes accoutumés dans nos froides contrées : ici on peut dire qu’on a affaire à de véritables artistes qui participent à embellir et, au moins, à faire vivre leur ville, qui risquerait sans ça de rester engoncée dans un passé révolu. Donc voici une petite sélection de ce qu’on a pu croiser et apprécier au cœur même du quartier historique. Enjoy !

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PS : mise à jour de la carte sur la page Trajet au Chili puisque nous prenons l’avion dans 9 heures.

Atacama, Uyuni et Altiplano bolivien

On ne peut imaginer deux lieux plus différents que Chiloé et l’Atacama, tout au nord du Chili, à la frontière de la Bolivie et de l’Argentine. On a beau être dans le même pays, les distances inimaginables pour nous autres européens font qu’on peut trouver dans ce pays à la fois les paysages les plus riants et les déserts les plus secs (4mm de précipitations annuelles, c’est tout dire).

L'église de San pedro, aux poutres en bois de cactus
L'église de San pedro, aux poutres en bois de cactus
Le volcan au cône parfait qui domine San Pedro
Le volcan au cône parfait qui domine San Pedro
Non, on n'a pas retouché les couleurs
Non, on n'a pas retouché les couleurs

Nous venons de passer une semaine à San Pedro de Atacama et surtout dans ses environs à savoir… l’altiplano bolivien ! La ville de San Pedro, oasis perdue au milieu du désert, est devenue une destination touristique phare, entre autres grâce à ses lacs salés où l’on flotte sans bouger le petit doigt et son très intéressant ensemble de geysers situé à 4200m de haut (ce qui permet aux chiliens de se prévaloir d’un nouveau record bidon : le plus haut champ de geyser au monde ! Super !).

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Le lac de Cejar, 33% de sel dans l'eau, forcément, ça flotte...
Le lac de Cejar, 33% de sel dans l'eau, forcément, ça flotte...

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Le champ de geysers d'El Tatio au petit matin
Le champ de geysers d'El Tatio au petit matin

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Un des tours les plus fréquemment proposés par les opérateurs de San Pedro (et qui justifiait à lui seul notre venue jusqu’ici) est une excursion de 4 jours vers la ville bolivienne d’Uyuni, célèbre pour son immense salar. Pour ceux qui ont déjà oublié l’article sur le nord-ouest argentin (c’est mal ! Fouettez-vous avec des orties fraîches !) rappelons qu’un salar est une immense étendue plate de sel, située en altitude et donc entourée de montagnes dans notre cas.

Nos compagnons de route et nouveaux potes sur cette photo trop bien cadrée : James, Hayley, Sophie et Maxime
Nos compagnons de route et nouveaux potes sur cette photo trop bien cadrée : James, Hayley, Sophie et Maxime

Entre San Pedro et Uyuni, il faut subir un peu plus de deux jours de piste en 4×4 à travers les étendues inhospitalières de l’altiplano. Heureusement les pistes sont d’assez bonne qualité, c’est sûr que ce n’est pas la pluie qui risque d’abîmer les routes. On évolue à des altitudes comprises entre 4200 et 4800m, une paille quoi pour les voyageurs super acclimatés que nous sommes devenus (ou pas). A première vue, le voyageur qui s’aventure sur ces hauts plateaux n’apercevra que cailloux et montagnes, mais rapidement il découvrira que la vie existe aussi ici. Des lacs aux couleurs irréelles abritent de nombreux flamands roses tandis qu’il n’est pas rare de croiser quelques vigognes errant en quête d’une herbe plus que rare.

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A l'aller, les montagnes étaient encore couverte de neige.
A l'aller, les montagnes étaient encore couverte de neige.Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure

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Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure
Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure

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Une vigogne au bord de la Laguna Colorada
Une vigogne au bord de la Laguna Colorada

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Des flamants pas encore roses : ce sont des jeunes
Des flamants pas encore roses : ce sont des jeunes
Les parents qui montrent l'exemple aux jeunes
Les parents qui montrent l'exemple aux jeunes

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Aaaaah les lacs boliviens, à eux seuls ils pourraient justifier l’expédition. Essayez d’imaginer des petits joyaux aux couleurs vives, bleus, verts ou même rouges, insérés dans un décor de montagnes pelées, présentant elles-mêmes des rayures rouges et blanches dues aux minéraux qui les composent. Et sur ces lacs de minuscules points roses se déplaçant gracieusement sur des pattes élancées : les flamants qu’on trouve ici par centaines… Ou alors regardez les photos, c’est plus simple… Mais vous aurez encore une pâle idée de l’expérience qu’on a vécue. Ces paysages ne semblent pas terrestres.

La Laguna Verde, qui porte plus que bien son nom
La Laguna Verde, qui porte plus que bien son nom
La Laguna Bianca
La Laguna Blanca
Toujours la Laguna Blanca
Toujours la Laguna Blanca

Pour ajouter à l’intérêt de la chose, il faut préciser aussi que toute la zone est volcanique. Outre les hauts volcans fumant à l’horizon, on a retrouvé des geysers, qui étaient plus ici des marmites de boue bouillonnante, et des sources d’eau chaude à 38°C, idéales pour se baigner quand l’air extérieur incite plutôt à sortir les doudounes (il faisait si froid les matins que la buée gelait à l’intérieur des vitres de la voiture) ! Et puis entre deux lacs, l’altiplano n’est jamais monotone. Les routes caillouteuses sont en fait bordées de rochers aux formes plus étranges les unes que les autres, résultat du travail du vent.

La baignade à 4200m d'altitude... mais dans une eau à 38°C !
La baignade à 4200m d'altitude... mais dans une eau à 38°C !
Les marmites de boue boliviennes
Les marmites de boue boliviennes
C'est pas magique ça ?
C'est pas magique ça ?
L'arbre de pierre
L'arbre de pierre
Ouais, on a bien crevé ! Heureusement Edgar, notre chauffeur, était un sacré bricoleur.
Ouais, on a bien crevé ! Heureusement Edgar, notre chauffeur, était un sacré bricoleur.
Le cactus cardone, l'ami d'Audrey
Le cactus cardone, l'ami d'Audrey
Petit calcul : à raison d'une pousse de 1 cm par an, quel est l'âge de ce vénérable cactus ?
Petit calcul : à raison d'une pousse de 1 cm par an, quel est l'âge de ce vénérable cactus ?
Au cimetière de locomotives d'Uyuni
Au cimetière de locomotives d'Uyuni

Enfin il nous faut parler du salar lui-même : la taille de celui d’Uyuni n’est en rien comparable avec les salines qu’on a pu voir côté argentin, si proche à vol d’oiseau et pourtant si loin. C’est si grand qu’on aperçoit à peine les montagnes qui l’entourent se détacher sur l’horizon. Il vaut mieux les voir cependant car elles sont les seuls guides des chauffeurs à travers ce plateau au blanc éblouissant. Une précision : si l’Atacama et l’altiplano sont des régions archi-sèches (comme les chaussettes de l’archiduchesse), ce n’est pas le cas du salar. En fait on était en pleine saison des pluies et on a failli ne rien voir du paysage (vilain crachin dans la matinée). Heureusement pour nous, cet inconvénient s’est transformé en chance incroyable : la fine pellicule d’eau qui recouvrait le sel est devenue un miroir étincelant avec l’apparition du soleil, donnant encore plus de magie au lieu. Une sensation d’infini face à ces paysages inoubliables…

Le retour des super photos truquées sur le salar
Le retour des super photos truquées sur le salar

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Le retour à San Pedro fut long et fatiguant (lever à 4h du mat’ et nombreuses heures de route pour arriver en temps et en heure à la frontière boliviano-chilienne) mais cette petite fatigue fut plus que compensée par tout ce qu’on vécu dans ces hauteurs andines. Retour qui fut d’ailleurs suivi sans pause aucune par un non moins long mais bien moins fatiguant (vive la classe premium où l’on peut incliner son siège à 180°) voyage de 24h jusqu’à Santiago, la capitale chilienne. Dans désormais très peu de temps, nous quitterons ce continent américain parcouru pendant 4 mois, d’abord pour l’île de Pâques puis pour la Polynésie française. Et nous abandonnerons avec tristesse les rudiments d’espagnol qu’on commençait juste à maîtriser. Mais bon, ce n’est pas la plus moche partie du voyage qui semble se dessiner devant nous 😀

Le poste frontière, un poil perdu au milieu de nulle part
Le poste frontière, un poil perdu au milieu de nulle part
La route du retour
La route du retour

Chiloé, la Bretagne au Chili

On a l’impression de commencer seulement maintenant notre voyage au Chili. Certes on avait passé une bonne semaine aux Torres del Paine et dans les environs immédiats avant de se rendre à Ushuaïa mais, et d’une, le temps ne nous avait pas permis d’en voir grand chose, et de deux, on marchait alors en pleine montagne, montagne qui aurait pu tout aussi bien se trouver de l’autre côté de la frontière, en l’Argentine.

Désormais sortis de la Patagonie, nous venons de passer 3 jours bien plus au nord, dans l’archipel de Chiloé, constitué d’une grande île principale et de nombreux petits îlots. Restée longtemps isolée du reste du pays, l’île a développé une culture unique, rurale et métisse, mélangeant des éléments du catholicisme à des croyances natives de la région. En résulte une mythologie assez spéciale, pleine de divinités guerrières aux penchants sanguinaires. Et une architecture bien particulière pour les églises en bois qui parsèment l’île et ont fait sa renommée internationale (et oui, encore des monuments classés par l’UNESCO).

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L'église de Llingua, isolée sur une toute petite île de l'archipel
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Et celle de tenaun, toute aussi perdue d'ailleurs
La baie de Castro vue depuis les hauteurs de l'île
La baie de Castro vue depuis les hauteurs de l'île

Deuxième particularité de l’île : son climat, un des plus arrosé de tout le pays. Quand il n’y a pas d’orages, c’est qu’il pleut, et quand il ne pleut pas, c’est qu’il bruine ! Enfin on y reviendra plus tard, ce n’est pas tout à fait vrai… Troisième particularité, des paysages enchanteurs, des petits ports de pêche aux bateaux échoués sur la grève, des collines vertes se jetant dans des eaux d’un bleu profond, des huîtres et des poissons fraîchement pêchés vendus directement dans le port…

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Dans le port de Quemchi

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Les palafitos (maisons sur pilotis) de Castro, une ville à laquelle nous sommes restés fidèles...

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La plupart des maisons sont toujours faites en bois
La plupart des maisons sont toujours faites en bois

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Un moulin traditionnel, actionné par l'eau, qu'on a eu un mal fou à trouver dans la campagne
Un moulin traditionnel, actionné par l'eau, qu'on a eu un mal fou à trouver dans la campagne

Légendes, ports de pêche et crachin, ça ne vous rappelle rien ? Et oui, vous avez bien deviné (ou alors vous savez juste lire le titre d’un article) la région possède de très nombreuses similarités avec notre Bretagne ! Mais alors pourquoi venir chercher ici ce qu’on peut avoir chez nous, à quelques heures de TGV, suggérerez-vous peut-être insidieusement ? Non, non, ne niez pas, vous insinuez beaucoup… D’abord parce qu’ici, on a au moins une chance de profiter de temps en temps d’un grand soleil (et paf, le mouvement indépendantiste breton vient de faire sauter notre maison en représailles). Sans doute pour se faire pardonner du temps apocalyptique subi aux Torres del Paine, le Chili nous a offert ici trois jours de soleil sans nuage. On a même ressorti la crème solaire qu’on avait remisée au fond du sac depuis un moment, croyait-on à tout jamais ! Il faisait tellement beau qu’on pouvait admirer la Cordillère des Andes enneigée se déployant dans toute sa majesté face à l’océan Pacifique. On pouvait même, coup de bol ultime, voir l’énorme panache de fumée qui se dégageait d’un volcan en éruption à côté de la ville de Chaiten, de l’autre côté de la baie, sur le continent (on a appris plus tard aux infos que la ville avait été évacuée, moins cool pour les gens qui sont sur place).

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Vue sur les Andes
Le panache de fumée à l'horizon
Le panache de fumée à l'horizon

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Autre raison de venir sur place : les fameuses églises de Chiloé donc. Construites presque entièrement en bois, certaines sans utiliser un seul clou (vive le Lego), elles bordent tout le littoral. Certaines, entourées de quelques maisons traditionnelles (en bois elles aussi et montées sur pilotis) sont complètement paumées, accessibles uniquement par une route de terre défoncée. On avait donc loué une voiture pour faciliter nos déplacements et on ne l’a pas regretté. Découvrir ces petits hameaux loin des routes touristiques, planqués au fin fond d’une crique où le seul bruit qu’on peut entendre est celui des rabots et des scies des chantiers navals tout proches (on construit encore sur l’île des bateaux en bois) est une expérience magique.

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Le hameau de San Juan, des airs de bout du monde, un calme absolu...

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Vili Pulli, seule face à la mer...
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Encore le clocher de Tenaun

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L'intérieur très ornementé de l'église d'Achao
L'intérieur très ornementé de l'église d'Achao

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Et puis il nous faut aussi parler de nos petites chambres coquettes avec vue sur la mer ainsi que des repas qu’on s’est offerts sur place : de l’espadon si frais qu’il en frétillait encore dans l’assiette, des huîtres dégustées en bord de plage avec juste un trait de citron et des moules géantes dans lesquelles on aurait pu faire tenir cinq spécimens de chez nous.

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Ouh le beau bestiau qui va finir dans notre estomac !
Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...
Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...
Matez les huîtres, là on a pris le modèle réduit...
Matez les huîtres, là on a pris le modèle réduit...
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Miaaaam

Bref, notre séjour sur Chiloé a été une réussite totale, on recommanderait l’île à n’importe quelle personne qui viendrait voyager au Chili (surtout qu’il restait encore beaucoup à voir sur place). Désormais nous repartons toujours plus au Nord, visiter des régions plus désertiques et donc, on l’espère, encore plus chaudes et ensoleillées si possible : direction le fameux désert d’Atacama, le plus aride au monde.

Ushuaïa, la fin de la route

Voilà, ça y est, après maints détours et péripéties, cette fois on y est bien ! Mais où alors ? Au bout du monde bien sûr, ou en tout cas, au lieu qui s’en rapproche le plus, la ville la plus australe du monde, désormais rendue célèbre aussi bien par les gels douche du même nom que par Nicolas Hulot : Ushuaïa !

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Nous ne nous étions pas bien rendus compte à quel point nous étions proches de l’Antarctique (en gros 1000 kilomètres, c’est-à-dire une paille !) avant de regarder une mappemonde. En fait pour se donner une idée, le nord de l’Argentine est à peu près au niveau du sud de l’Afrique donc on ne vous dit pas, maintenant qu’on est 3000 kilomètres plus au sud, à quel point on atteint ici les limites du monde habité. Certes les chiliens, histoire de dire qu’ils sont les plus forts, ont établi un petit village à moitié militaire sur une île un poil plus au sud (Puerto Williams pour ceux qui aiment les cartes), mais rien de comparable avec la vraie ville qu’on découvre du côté argentin.

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Le glacier Martial, juste au-dessus d'Ushuaïa
La ville depuis le haut des pistes
La ville, vue depuis le haut des pistes, voir ci-dessous

Ushuaïa se situe au bout de la Terre de Feu, une immense île dans le prolongement du continent américain, peuplée des quelques rares personnes assez folles pour venir y affronter un climat qu’on peut, d’un doux euphémisme, qualifier de « rude ». Et pourtant il s’agit d’une vraie agglomération de presque 100.000 habitants, une petite ville de province complètement incongrue à ces latitudes. Initialement nous y allions sans trop savoir ce qu’on allait y trouver, surtout pour le fait de pouvoir dire « nous y avons posé le pied » mais finalement, nous nous sommes laissés prendre au charme de la région qui nous a beaucoup surpris (en très bien).

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Mais c'est qu'il fait beau en plus !
El train de la fin del mundo
El train del fin del mundo (voir ci-dessous)

En effet, Ushuaïa combine très avantageusement les bons côtés de la ville, de la mer et de la montagne. Située en bordure du canal de Beagle, qui relie les océans Atlantique et Pacifique, elle propose un superbe panorama sur les îles australes qui mènent jusqu’au Cap Horn. On a d’ailleurs fait un tour sur le dit canal pour aller saluer quelques colonies de cormorans et d’otaries ainsi que le phare des éclaireurs, plus connu comme étant le « phare du bout du monde ». Petite remarque d’ailleurs, ici tout est « du bout du monde » : le train, la bière (hop mise à jour), les musées, les hôtels, l’office de tourisme, les toilettes publiques… Ca doit être, on imagine, une marque déposée 😀

Petit tour en bateau pour aller voir le phare... Vincent au commande
Petit tour en bateau pour aller voir le phare... Vincent aux commandes
Oh encore des lions de mer !!
Oh encore des lions de mer !!
Vol de cormorans
Vol de cormorans
île des cormorans
île des cormorans
Cormorans
Cormorans impériaux (ou royaux, on ne sait plus, c'est quasi la même chose de toutes façons)
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Bel exemple de cohabitation pacifique
Le célèbre Phare des Eclaireurs
Le célèbre Phare des Eclaireurs

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Mais ici, ce sont encore plus les montagnes qui nous ont étonnés. On est à l’extrême pointe sud de la Cordillère des Andes mais on peut vous dire qu’elle a ici encore de beaux restes ! En fait les montagnes ne sont pas très hautes mais toujours aussi acérées ! Et surtout, vu le climat plutôt froid, on retrouve des neiges éternelles et des glaciers vers 1000m d’altitude, voire moins. La ville, avec ses chalets de bois et ses collines boisées, a donc des allures de station de sports d’hiver, impression tout à fait justifiée d’ailleurs par l’existence d’une piste de ski (avec télésiège) juste au-dessus de la ville. De là, on peut donc skier face à la mer, c’est quand même grave la classe, non ?

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Wahou, la mise en scène ! On s'y croirait dis donc !
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Et paf, encore un paysage de carte postale, comme ça, sans prévenir...

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En ce qui nous concerne, nous avons randonné dans les environs pendant 4 jours, mais sans sortir une seule fois la tente du sac à dos. Échaudés par l’épisode Torres del Paine, on s’est trouvé un super hôtel en ville avec une toute petite chambre double bien coquette style appart’ au ski et la plus grande cuisine qu’on ait jamais eue. De là on a rayonné vers le parc national tout proche, on a grimpé vers des lacs vert émeraude, on a marché sur des glaciers…

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La laguna Esmeralda (pas besoin d'explications quand on voit la couleur !)

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Renard opportuniste
Renard opportuniste (qui attendait bien nos éventuels restes de repas)

Nous avons en particulier passé une journée à chercher des castors. Rapportés du Canada en 1946, les 25 premiers spécimens sont aujourd’hui plus de 200.000 (bonjour la consanguinité !) autant dire que le rongeur pullule dans le coin. Bon, on a appris après coup que la bestiole est timide et qu’elle ne se laisse pas voir si facilement que ça dans son intimité (petit pudique). Par contre les ravages qu’elle cause, eux, sautent bien aux yeux ! C’est assez impressionnant de voir des forêts de souches aux environs de barrages de 100m de long. Avec parfois d’énormes troncs coupés, le castor n’a peur de rien (ou alors ne réfléchit pas des masses avant de s’attaquer à plus gros que lui)…

Travail soigné de castor !
Travail soigné de castor !
Le castor ou la meilleure manière d'exterminer une forêt
Le castor ou la meilleure manière d'exterminer une forêt
Barrage tout frais de castors
Barrage tout frais de castors

Sur ces bonnes choses, nous partons demain dimanche en avion pour la ville chilienne (et bien plus septentrionale) de Puerto Montt. En avion nous direz-vous ? Mais ce n’était pas prévu dans votre programme initial ! Eh bien oui, on l’avoue, on a complètement craqué, marre du bus et des 40 heures mini qui nous attendaient. Comme le différentiel de prix n’était pas si énorme et qu’on avait envie de passer un peu plus de temps au Chili (la fin de notre voyage en Amérique du Sud approchant désormais à grands pas), on a fait chauffer la CB. Donc rendez-vous la prochaine fois depuis l’autre côté des Andes !

Fear the W…

Non cet article n’est pas, comme son titre pourrait le laisser croire, une charge contre la politique expansionniste américaine au travers des défauts de son désormais ex-président. Le W en question est le nom donné au trek parcourant le parc chilien des Torres del Paine, situé en Patagonie, à l’extrême sud du pays. Pourquoi ce nom ? Parce que sur la carte, le chemin parcouru a très vaguement (de loin par temps de brouillard et seulement en cas de myopie prononcée) la forme de cette lettre. Un trek de 4 à 5 jours donc, extrêmement parcouru dans tous les sens par des hordes de backpackers car combinant à la fois des randos pas trop dures (pas de dénivelée très important) et des paysages de montagnes superbes, constitués de tours de granite verticales au milieu de glaciers monstrueux (oui encore).

Là, y en a encore une qui y croit, normal, on vient juste de débarquer...
Là, y en a une qui y croit encore, normal, on vient juste de débarquer...

Enfin en ce qui concerne ce dernier point, nous allons le laisser au conditionnel car bien que nous ayons passé pas mal de temps dans le parc, nous n’en avons pas vu grand chose. On peut dire sans crainte d’en rajouter que nous avons eu à peu près le pire temps possible. Il a plu sans discontinuer pendant 5 jours, pluie se transformant parfois, sous l’action du froid (ben oui il gelait aussi, sinon c’est pas drôle) en grêle voire en neige. Evidemment qui dit pluie dit affaires humides (et impossible à sécher) et chemins boueux (et donc salissant pour les dites fringues). Qui dit pluie dit également rivières en crue et nous avons dû plusieurs fois poser les pieds dans l’eau pour traverser. Nous avons même fini par faire demi-tour devant une rivière qu’on nous disait impassable (ce qui s’est d’ailleurs avéré exagéré mais bon). Bref que du bonheur…

Le petit panneau, c'est pour bien montrer ce qui cache derrière les nuages
Le petit panneau, c'est pour bien montrer ce qui cache derrière les nuages
La meilleure vue qu'on aura des fameuses Torres del Paine
Allez on y croit ! Ca va se lever !Mais en fait non, on n'en verra pas plus...

Et encore nous n’avons pas connu la mésaventure d’autres campeurs qui ont vu leurs tentes emportées par le vent (qui soufflait à pas loin de 100km/h) et les inondations, et qui se sont vus contraints de s’abriter en pleine nuit dans les refuges. Au moins on a du bon matos. Audrey a supporté la chose relativement bien, étant données les circonstances, sachant que cette rando était un vieux rêve pour Vincent.

Le glacier des français... lesquels on sait pas, mais certainement pas le nôtre !
Le glacier des français... desquels on ne sait pas, mais certainement pas le nôtre !

Mais qu’est ce qui a bien pu faire courir ainsi son bonhomme de mari pendant ces 5 jours de brun (comme on dit dans le nord) ? Et bien l’espoir : l’être humain est ainsi fait que même au fond du gouffre (surtout à ce moment là d’ailleurs), on se dit que ça va aller mieux. La meilleure preuve en fut apportée par Vincent qui a marché pendant 5 heures (et seul) sous la pluie le dernier jour pour tenter de revoir les tours sans succès, et qui est revenu trempé jusqu’aux os. Et dire que nous sommes en plein été, on n’ose imaginer les conditions hivernales…

Mais je rêve ou bien on a une vue...
Mais je rêve ou bien on a une vue...
Ouais décidément avec du soleil, tout ça aurait beaucoup plus d'allure...
Ouais décidément avec du soleil, tout ça aurait beaucoup plus d'allure...

On fait parfois des paris et il faut alors accepter de les perdre. Tout ne peut pas se passer parfaitement dans un voyage aussi long et on a bien eu notre part de chance auparavant. Et ça nous fait des souvenirs à raconter autres que « wahou, c’est trop beau tout ça ». En tout cas on vous rassure, nous sommes de retour avec le moral dans la petite ville chilienne de Puerto Natales où nous prenons un peu de repos. Pas découragés par la Patagonie, on se dirige désormais encore plus au sud, vers Ushuaïa, la ville la plus australe du monde.

La meilleure vue qu'on a eue des tours, c'est finalement depuis notre dernier campement...
La meilleure vue qu'on a eue des tours, c'est finalement depuis notre dernier campement...

Et sinon vous savez qui c’est qu’on a encore rencontré au milieu de cet « enfer » patagonien ? Les mêmes deux frenchies qu’on n’arrête pas de croiser, qu’on le veuille ou non, depuis le Pérou ! Marie et Matthias, les M&M’s, qui nous ont abordés d’un cordial, mais déroutant au vu des circonstances climatiques, « vus les premiers » ! Eux aussi faisaient le W mais avec 4 jours de retard sur nous et en sens inverse, on leur souhaite donc le meilleur temps possible… Mais bref, nous sommes super contents de les avoir vus une dernière fois en Amérique du sud (nos routes se séparant désormais, eux remontant l’Argentine et nous le Chili) et on espère que notre prochaine fois rencontre aura lieu en France !

PS : petite mise à jour dans la foulée des pages bières et trajet en Argentine, il était plus que temps !

La Patagonie, at last…

Vous êtes plusieurs à nous avoir dit par mail que vous attendiez avec impatience les photos de la Patagonie. C’est vrai que cette région du monde, si grande et pourtant si déserte, fait rêver pas mal de gens, à commencer pour nous (qui n’a jamais rêvé de faire du cheval sans payer ses impôts avec Florent Pagny, hein ?).

Nous avons certes mis un peu de temps à sortir cet article mais ça y est nous y sommes ! Bon en fait techniquement parlant, nous sommes en Patagonie depuis la péninsule Valdés, mais cette région, celle qu’on imagine immense, froide et venteuse, couverte de glaciers monstrueux encadrant des pics acérés, elle commence ici, au bord de l’immense Lago Argentino, dans la petite bourgade d’El Calafate.

on s'est payé le tour en bateau au milieu des icebergs
On a fait chauffer la carte bleue : on s'est payé le tour en bateau au milieu des icebergs

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Un petit glaçon...
Un petit glaçon...
Le glacier Spegazzini
Le glacier Spegazzini

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Le glacier Upsala, encore plus gros que le Moreno mais qu'on ne peut pas plus approcher à cause des icebergs
Le glacier Upsala, encore plus gros que le Moreno mais qu'on ne peut pas plus approcher à cause des icebergs
Celui-là, il venait juste de se retourner, ce qui explique sa couleur flashy...
Celui-là, il venait juste de se retourner, ce qui explique sa couleur flashy...

Arrivés à Calafate depuis Valdés après un harassant voyage en bus de plus de 24h, nous nous sommes, comme tous les touristes ici, jetés sur la principale attraction du lieu : le parc national des Glaciers et sa star, le glacier Périto Moreno. Le Moreno semble avoir été parfaitement créé pour servir d’attraction touristique. Il s’agit d’un superbe mastodonte de glace de plus de 4km de large et de 15 de long, sur 200m d’épaisseur, débouchant sur un lac aux eaux turquoises juste en face d’une péninsule rocheuse d’où les touriste peuvent l’admirer de près, mais à une distance de sécurité acceptable.

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Car le Périto Moreno est un des seuls glaciers au monde dont le front n’a pas reculé ces dernières années, avec le réchauffement climatique. Il avance d’ailleurs au rythme effarant de 2m par jour. Ca peut vous sembler lent mais essayez d’imaginer l’énergie qu’il faut pour faire bouger une masse de glace pareille ! Vous comprendrez mieux pourquoi à ses abords, on ne cesse d’entendre des craquements, des explosions, comme des coups de tonnerre : ce sont les glaçons géants qui s’entrechoquent. Et la grande attraction du lieu, c’est de voir les dits blocs, haut de plus de 50m, s’effondrer avec fracas dans le lac en provoquant de mini-tsunamis. Très impressionnant !

Regardez un peu ce qui tombe !
Regardez un peu ce qui tombe !
Et plouf
Et plouf

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Un bateau pour donner l'échelle
Un bateau pour donner l'échelle

Une autre particularité de ce glacier est propre à son emplacement même. Quand les conditions météo (froid, neige…) le permettent, le glacier parvient à avancer jusqu’à la péninsule rocheuse dont on a parlé plus haut. Il coupe alors en deux le lac Argentino, formant un barrage naturel. L’eau se met à monter d’un côté jusqu’à ce que, sous la pression, un tunnel se forme sous la glace. Puis la glace commence à craquer jusqu’à ce que le tunnel s’effondre pour de bon dans un immense fracas, et le cycle recommence, à peu près tous les 4 ans. Ce qui est incroyable dans l’histoire, c’est que quand nous avons visité le site une première fois le tunnel était bien formé. Mais quand nous y sommes revenus seulement 4 jours plus tard, cherchant (et trouvant) de meilleures conditions météo que la première fois, le tunnel s’était entre temps brisé ! Un événement aussi peu fréquent que les JO ! Et on y était juste avant et juste après 😀

Le tunnel, à J-3 de la rupture à peu près...
Le tunnel, à J-3 de la rupture à peu près...
Regardez bien à gauche, le tunnel s'est effondré...
Regardez bien à gauche, le tunnel s'est effondré...

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Et qu’est ce qu’on a fait pendant l’intervalle entre les deux visites ? Et bien nous sommes partis randonner de nouveau un peu plus au nord, toujours dans le parc des glaciers, autour du tout petit village d’El Chalten. 3 jours de camping en autonomie car on apprécie toujours plus la liberté que ça nous apporte, d’autant que ça fait faire de sacrées économies dans le budget.

Chaîne du Fiz Roy
Chaîne du Fiz Roy

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Audrey aux fourneaux
Audrey aux fourneaux
Faut pas regarder que le barbu mais aussi le reflet dans ses lunettes !
Faut pas regarder que le barbu mais aussi le reflet dans ses lunettes !

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A Chalten, on touche vraiment le fin fond du bout du monde : 300 âmes réunies dans quelques maisons aux allures fortement norvégiennes, au fond d’une large vallée glaciaire. Et aux environs, parmi les plus beaux massifs montagneux du continent. Il s’agit encore des Andes mais tellement différentes de ce qu’on a pu voir bien plus au Nord, en Équateur ou au Pérou. Ici les montagnes sont des blocs de granit taillés à la serpe, dominant de larges vallées, encore occupées par des glaciers qui feraient honte à tous nos minis glaciers alpins. Les alpinistes du monde entier viennent ici se confronter à des mythes tels que le Fitz Roy ou le Cerro Torre qui culminent à … un peu plus de 3000m de haut, ridiculement bas ! En fait ce qui est extraordinaire ici, c’est que tout a l’apparence de la haute montagne, depuis le climat jusqu’à la faune et la flore, alors qu’on évolue seulement entre 400 et 1000m d’altitude. Mais on peut vous dire que, bien qu’on soit en plein été, ici la nuit, il fait un froid qui pourrait être hivernal.

Glacier de Piedras Blancas
Glacier de Piedras Blancas

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Laguna de los tres au pied du Fitz Roy
Laguna de los tres au pied du Fitz Roy

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Glaciar Grande
Glaciar Grande

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Enfin bref, on a passé des jours merveilleux, avec un temps superbe pour la Patagonie, à savoir pas de pluie du tout, voir même pas mal de soleil et seulement quelques nuages sur les cimes (le Fitz Roy était autrefois surnommé Chalten par les indiens, à savoir « le volcan », ce qu’il n’est pas, à cause des nuées qui ne quittent jamais son sommet). Du coup on enchaîne avec un autre trek de 5 jours cette fois, mais de l’autre côté de la frontière, au Chili, dans le parc de Torres del Paine. On vous dira si c’est aussi bien là bas, encore qu’on espère que ce soit encore plus beau !

Péninsule Valdés

Une fois n’est pas coutume, nous allons essayer de faire un article un tout petit peu plus court. Pas que nous soyons à court d’inspiration, les paysages de Patagonie sont un support très facile pour laisser aller sa plume. Mais il y a une loi qui se révèle chaque jour plus vraie par ici : les prix sont proportionnels à la latitude. A savoir que plus on avance vers le sud et la fin du monde (plus connue sous le nom d’Ushuaïa) plus les prix s’envolent. Et donc internet est littéralement 10 fois plus cher ici qu’à Buenos Aires.

Comme nous le disions donc, nous sommes désormais depuis quelques jours en Patagonie, plus précisément dans le parc national des glaciers, mondialement connu pour sa star : le Périto Moreno. On ne va pas revenir dessus tout de suite car ça fera l’objet d’un autre article. Non, aujourd’hui nous allons vous parler de la péninsule Valdés, autre vedette de la région et également patrimoine de l’humanité.

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Cette péninsule est complètement déserte, comme tout le reste de la région par ailleurs. Pas du désert de sable comme au Pérou, non. Plutôt une steppe de petits arbustes tout secs posés sur une plaine comme on n’en a jamais vue. Des centaines de kilomètres carrés sans le moindre relief (et sans aucun habitant à moins de quatre pattes non plus), un truc inimaginable en France (et impossible à rendre en photo, forcément). Et bien sûr les routes vont avec : des routes de western, tracées en ligne parfaitement droite, où on peut prévoir son dépassement 5 kilomètres à l’avance. Car il faut vous dire que pour pouvoir explorer les lieux à notre guise, nous avions loué une petite voiture mais qui avait un peu de pêche. Et le soir camping et popote avec le réchaud (la totale liberté quoi). Si au début on respecte gentiment le 80 réglementaire, autant vous dire qu’on prend vite le pli argentin : à fond sur le champignon et rock’n’roll ! De toutes façons, y a personne pour vous voir…

Puerto Pyramides, notre escale du soir
Puerto Pyramides, notre escale du soir
Bonnie and Clyde
Bonnie and Clyde

La péninsule elle-même a cette particularité de receler d’immenses colonies d’animaux, migrateurs ou non, qui viennent profiter des eaux riches, du calme de ses baies et des plages à perte de vue. C’est ainsi qu’on a retrouvé par centaines nos amis les lions de mer (remember Galapagos) accompagnés d’énormes éléphants de mer, de guanacos (une des 4 sortes de lama) et de mignons petits tatous (mais qui bougent bien trop vite pour qu’on fasse une photo correcte !). Les vraies stars par ici sont normalement les baleines mais il aurait fallu que nous arrivions ici 2 mois plus tôt pour les croiser, tant pis…

Un guanaco en bord de mer
Un guanaco en bord de mer
Les colonies de lions de mer à la Punta Norte
Les colonies de lions de mer à la Punta Norte
Encore des lions de mer affalés
Encore des lions de mer affalés
Un tatou qui a bien voulu se montrer dans la soirée
Un tatou qui a bien voulu se montrer dans la soirée
Le même dans son terrier
Le même dans son terrier

On s’est donc rabattus sur la plus grand colonie de manchots en dehors de l’Antarctique, une sorte de ville incroyable pour des milliers d’individus. On peut carrément se promener au milieu des nids ! Ca nous a permis de voir que les jeunes étaient encore au bercail, attendant avidement le retour de leurs parents nourriciers, réclamant la pitance à grands cris. Les dits parents sortent de l’eau où ils sont incroyablement à l’aise (on les a vus surfer sur les rouleaux !) pour parcourir en se dandinant, de leur fameuse démarche maladroite, des centaines de mètres pour revenir au nid. Bon, on l’avoue, on a carrément craqué sur ces bestioles, on a mitraillé comme c’est même pas permis 😀

L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction...
Allez, une citation à l'eau de rose : L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction...

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C'est la cohue
C'est la cohue
Retour au bercail
Retour au bercail