Ushuaïa, la fin de la route

Voilà, ça y est, après maints détours et péripéties, cette fois on y est bien ! Mais où alors ? Au bout du monde bien sûr, ou en tout cas, au lieu qui s’en rapproche le plus, la ville la plus australe du monde, désormais rendue célèbre aussi bien par les gels douche du même nom que par Nicolas Hulot : Ushuaïa !

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Nous ne nous étions pas bien rendus compte à quel point nous étions proches de l’Antarctique (en gros 1000 kilomètres, c’est-à-dire une paille !) avant de regarder une mappemonde. En fait pour se donner une idée, le nord de l’Argentine est à peu près au niveau du sud de l’Afrique donc on ne vous dit pas, maintenant qu’on est 3000 kilomètres plus au sud, à quel point on atteint ici les limites du monde habité. Certes les chiliens, histoire de dire qu’ils sont les plus forts, ont établi un petit village à moitié militaire sur une île un poil plus au sud (Puerto Williams pour ceux qui aiment les cartes), mais rien de comparable avec la vraie ville qu’on découvre du côté argentin.

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Le glacier Martial, juste au-dessus d'Ushuaïa
La ville depuis le haut des pistes
La ville, vue depuis le haut des pistes, voir ci-dessous

Ushuaïa se situe au bout de la Terre de Feu, une immense île dans le prolongement du continent américain, peuplée des quelques rares personnes assez folles pour venir y affronter un climat qu’on peut, d’un doux euphémisme, qualifier de « rude ». Et pourtant il s’agit d’une vraie agglomération de presque 100.000 habitants, une petite ville de province complètement incongrue à ces latitudes. Initialement nous y allions sans trop savoir ce qu’on allait y trouver, surtout pour le fait de pouvoir dire « nous y avons posé le pied » mais finalement, nous nous sommes laissés prendre au charme de la région qui nous a beaucoup surpris (en très bien).

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Mais c'est qu'il fait beau en plus !
El train de la fin del mundo
El train del fin del mundo (voir ci-dessous)

En effet, Ushuaïa combine très avantageusement les bons côtés de la ville, de la mer et de la montagne. Située en bordure du canal de Beagle, qui relie les océans Atlantique et Pacifique, elle propose un superbe panorama sur les îles australes qui mènent jusqu’au Cap Horn. On a d’ailleurs fait un tour sur le dit canal pour aller saluer quelques colonies de cormorans et d’otaries ainsi que le phare des éclaireurs, plus connu comme étant le « phare du bout du monde ». Petite remarque d’ailleurs, ici tout est « du bout du monde » : le train, la bière (hop mise à jour), les musées, les hôtels, l’office de tourisme, les toilettes publiques… Ca doit être, on imagine, une marque déposée 😀

Petit tour en bateau pour aller voir le phare... Vincent au commande
Petit tour en bateau pour aller voir le phare... Vincent aux commandes
Oh encore des lions de mer !!
Oh encore des lions de mer !!
Vol de cormorans
Vol de cormorans
île des cormorans
île des cormorans
Cormorans
Cormorans impériaux (ou royaux, on ne sait plus, c'est quasi la même chose de toutes façons)
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Bel exemple de cohabitation pacifique
Le célèbre Phare des Eclaireurs
Le célèbre Phare des Eclaireurs

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Mais ici, ce sont encore plus les montagnes qui nous ont étonnés. On est à l’extrême pointe sud de la Cordillère des Andes mais on peut vous dire qu’elle a ici encore de beaux restes ! En fait les montagnes ne sont pas très hautes mais toujours aussi acérées ! Et surtout, vu le climat plutôt froid, on retrouve des neiges éternelles et des glaciers vers 1000m d’altitude, voire moins. La ville, avec ses chalets de bois et ses collines boisées, a donc des allures de station de sports d’hiver, impression tout à fait justifiée d’ailleurs par l’existence d’une piste de ski (avec télésiège) juste au-dessus de la ville. De là, on peut donc skier face à la mer, c’est quand même grave la classe, non ?

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Wahou, la mise en scène ! On s'y croirait dis donc !
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Et paf, encore un paysage de carte postale, comme ça, sans prévenir...

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En ce qui nous concerne, nous avons randonné dans les environs pendant 4 jours, mais sans sortir une seule fois la tente du sac à dos. Échaudés par l’épisode Torres del Paine, on s’est trouvé un super hôtel en ville avec une toute petite chambre double bien coquette style appart’ au ski et la plus grande cuisine qu’on ait jamais eue. De là on a rayonné vers le parc national tout proche, on a grimpé vers des lacs vert émeraude, on a marché sur des glaciers…

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La laguna Esmeralda (pas besoin d'explications quand on voit la couleur !)

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Renard opportuniste
Renard opportuniste (qui attendait bien nos éventuels restes de repas)

Nous avons en particulier passé une journée à chercher des castors. Rapportés du Canada en 1946, les 25 premiers spécimens sont aujourd’hui plus de 200.000 (bonjour la consanguinité !) autant dire que le rongeur pullule dans le coin. Bon, on a appris après coup que la bestiole est timide et qu’elle ne se laisse pas voir si facilement que ça dans son intimité (petit pudique). Par contre les ravages qu’elle cause, eux, sautent bien aux yeux ! C’est assez impressionnant de voir des forêts de souches aux environs de barrages de 100m de long. Avec parfois d’énormes troncs coupés, le castor n’a peur de rien (ou alors ne réfléchit pas des masses avant de s’attaquer à plus gros que lui)…

Travail soigné de castor !
Travail soigné de castor !
Le castor ou la meilleure manière d'exterminer une forêt
Le castor ou la meilleure manière d'exterminer une forêt
Barrage tout frais de castors
Barrage tout frais de castors

Sur ces bonnes choses, nous partons demain dimanche en avion pour la ville chilienne (et bien plus septentrionale) de Puerto Montt. En avion nous direz-vous ? Mais ce n’était pas prévu dans votre programme initial ! Eh bien oui, on l’avoue, on a complètement craqué, marre du bus et des 40 heures mini qui nous attendaient. Comme le différentiel de prix n’était pas si énorme et qu’on avait envie de passer un peu plus de temps au Chili (la fin de notre voyage en Amérique du Sud approchant désormais à grands pas), on a fait chauffer la CB. Donc rendez-vous la prochaine fois depuis l’autre côté des Andes !

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La Patagonie, at last…

Vous êtes plusieurs à nous avoir dit par mail que vous attendiez avec impatience les photos de la Patagonie. C’est vrai que cette région du monde, si grande et pourtant si déserte, fait rêver pas mal de gens, à commencer pour nous (qui n’a jamais rêvé de faire du cheval sans payer ses impôts avec Florent Pagny, hein ?).

Nous avons certes mis un peu de temps à sortir cet article mais ça y est nous y sommes ! Bon en fait techniquement parlant, nous sommes en Patagonie depuis la péninsule Valdés, mais cette région, celle qu’on imagine immense, froide et venteuse, couverte de glaciers monstrueux encadrant des pics acérés, elle commence ici, au bord de l’immense Lago Argentino, dans la petite bourgade d’El Calafate.

on s'est payé le tour en bateau au milieu des icebergs
On a fait chauffer la carte bleue : on s'est payé le tour en bateau au milieu des icebergs

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Un petit glaçon...
Un petit glaçon...
Le glacier Spegazzini
Le glacier Spegazzini

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Le glacier Upsala, encore plus gros que le Moreno mais qu'on ne peut pas plus approcher à cause des icebergs
Le glacier Upsala, encore plus gros que le Moreno mais qu'on ne peut pas plus approcher à cause des icebergs
Celui-là, il venait juste de se retourner, ce qui explique sa couleur flashy...
Celui-là, il venait juste de se retourner, ce qui explique sa couleur flashy...

Arrivés à Calafate depuis Valdés après un harassant voyage en bus de plus de 24h, nous nous sommes, comme tous les touristes ici, jetés sur la principale attraction du lieu : le parc national des Glaciers et sa star, le glacier Périto Moreno. Le Moreno semble avoir été parfaitement créé pour servir d’attraction touristique. Il s’agit d’un superbe mastodonte de glace de plus de 4km de large et de 15 de long, sur 200m d’épaisseur, débouchant sur un lac aux eaux turquoises juste en face d’une péninsule rocheuse d’où les touriste peuvent l’admirer de près, mais à une distance de sécurité acceptable.

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Car le Périto Moreno est un des seuls glaciers au monde dont le front n’a pas reculé ces dernières années, avec le réchauffement climatique. Il avance d’ailleurs au rythme effarant de 2m par jour. Ca peut vous sembler lent mais essayez d’imaginer l’énergie qu’il faut pour faire bouger une masse de glace pareille ! Vous comprendrez mieux pourquoi à ses abords, on ne cesse d’entendre des craquements, des explosions, comme des coups de tonnerre : ce sont les glaçons géants qui s’entrechoquent. Et la grande attraction du lieu, c’est de voir les dits blocs, haut de plus de 50m, s’effondrer avec fracas dans le lac en provoquant de mini-tsunamis. Très impressionnant !

Regardez un peu ce qui tombe !
Regardez un peu ce qui tombe !
Et plouf
Et plouf

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Un bateau pour donner l'échelle
Un bateau pour donner l'échelle

Une autre particularité de ce glacier est propre à son emplacement même. Quand les conditions météo (froid, neige…) le permettent, le glacier parvient à avancer jusqu’à la péninsule rocheuse dont on a parlé plus haut. Il coupe alors en deux le lac Argentino, formant un barrage naturel. L’eau se met à monter d’un côté jusqu’à ce que, sous la pression, un tunnel se forme sous la glace. Puis la glace commence à craquer jusqu’à ce que le tunnel s’effondre pour de bon dans un immense fracas, et le cycle recommence, à peu près tous les 4 ans. Ce qui est incroyable dans l’histoire, c’est que quand nous avons visité le site une première fois le tunnel était bien formé. Mais quand nous y sommes revenus seulement 4 jours plus tard, cherchant (et trouvant) de meilleures conditions météo que la première fois, le tunnel s’était entre temps brisé ! Un événement aussi peu fréquent que les JO ! Et on y était juste avant et juste après 😀

Le tunnel, à J-3 de la rupture à peu près...
Le tunnel, à J-3 de la rupture à peu près...
Regardez bien à gauche, le tunnel s'est effondré...
Regardez bien à gauche, le tunnel s'est effondré...

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Et qu’est ce qu’on a fait pendant l’intervalle entre les deux visites ? Et bien nous sommes partis randonner de nouveau un peu plus au nord, toujours dans le parc des glaciers, autour du tout petit village d’El Chalten. 3 jours de camping en autonomie car on apprécie toujours plus la liberté que ça nous apporte, d’autant que ça fait faire de sacrées économies dans le budget.

Chaîne du Fiz Roy
Chaîne du Fiz Roy

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Audrey aux fourneaux
Audrey aux fourneaux
Faut pas regarder que le barbu mais aussi le reflet dans ses lunettes !
Faut pas regarder que le barbu mais aussi le reflet dans ses lunettes !

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A Chalten, on touche vraiment le fin fond du bout du monde : 300 âmes réunies dans quelques maisons aux allures fortement norvégiennes, au fond d’une large vallée glaciaire. Et aux environs, parmi les plus beaux massifs montagneux du continent. Il s’agit encore des Andes mais tellement différentes de ce qu’on a pu voir bien plus au Nord, en Équateur ou au Pérou. Ici les montagnes sont des blocs de granit taillés à la serpe, dominant de larges vallées, encore occupées par des glaciers qui feraient honte à tous nos minis glaciers alpins. Les alpinistes du monde entier viennent ici se confronter à des mythes tels que le Fitz Roy ou le Cerro Torre qui culminent à … un peu plus de 3000m de haut, ridiculement bas ! En fait ce qui est extraordinaire ici, c’est que tout a l’apparence de la haute montagne, depuis le climat jusqu’à la faune et la flore, alors qu’on évolue seulement entre 400 et 1000m d’altitude. Mais on peut vous dire que, bien qu’on soit en plein été, ici la nuit, il fait un froid qui pourrait être hivernal.

Glacier de Piedras Blancas
Glacier de Piedras Blancas

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Laguna de los tres au pied du Fitz Roy
Laguna de los tres au pied du Fitz Roy

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Glaciar Grande
Glaciar Grande

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Enfin bref, on a passé des jours merveilleux, avec un temps superbe pour la Patagonie, à savoir pas de pluie du tout, voir même pas mal de soleil et seulement quelques nuages sur les cimes (le Fitz Roy était autrefois surnommé Chalten par les indiens, à savoir « le volcan », ce qu’il n’est pas, à cause des nuées qui ne quittent jamais son sommet). Du coup on enchaîne avec un autre trek de 5 jours cette fois, mais de l’autre côté de la frontière, au Chili, dans le parc de Torres del Paine. On vous dira si c’est aussi bien là bas, encore qu’on espère que ce soit encore plus beau !

Péninsule Valdés

Une fois n’est pas coutume, nous allons essayer de faire un article un tout petit peu plus court. Pas que nous soyons à court d’inspiration, les paysages de Patagonie sont un support très facile pour laisser aller sa plume. Mais il y a une loi qui se révèle chaque jour plus vraie par ici : les prix sont proportionnels à la latitude. A savoir que plus on avance vers le sud et la fin du monde (plus connue sous le nom d’Ushuaïa) plus les prix s’envolent. Et donc internet est littéralement 10 fois plus cher ici qu’à Buenos Aires.

Comme nous le disions donc, nous sommes désormais depuis quelques jours en Patagonie, plus précisément dans le parc national des glaciers, mondialement connu pour sa star : le Périto Moreno. On ne va pas revenir dessus tout de suite car ça fera l’objet d’un autre article. Non, aujourd’hui nous allons vous parler de la péninsule Valdés, autre vedette de la région et également patrimoine de l’humanité.

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Cette péninsule est complètement déserte, comme tout le reste de la région par ailleurs. Pas du désert de sable comme au Pérou, non. Plutôt une steppe de petits arbustes tout secs posés sur une plaine comme on n’en a jamais vue. Des centaines de kilomètres carrés sans le moindre relief (et sans aucun habitant à moins de quatre pattes non plus), un truc inimaginable en France (et impossible à rendre en photo, forcément). Et bien sûr les routes vont avec : des routes de western, tracées en ligne parfaitement droite, où on peut prévoir son dépassement 5 kilomètres à l’avance. Car il faut vous dire que pour pouvoir explorer les lieux à notre guise, nous avions loué une petite voiture mais qui avait un peu de pêche. Et le soir camping et popote avec le réchaud (la totale liberté quoi). Si au début on respecte gentiment le 80 réglementaire, autant vous dire qu’on prend vite le pli argentin : à fond sur le champignon et rock’n’roll ! De toutes façons, y a personne pour vous voir…

Puerto Pyramides, notre escale du soir
Puerto Pyramides, notre escale du soir
Bonnie and Clyde
Bonnie and Clyde

La péninsule elle-même a cette particularité de receler d’immenses colonies d’animaux, migrateurs ou non, qui viennent profiter des eaux riches, du calme de ses baies et des plages à perte de vue. C’est ainsi qu’on a retrouvé par centaines nos amis les lions de mer (remember Galapagos) accompagnés d’énormes éléphants de mer, de guanacos (une des 4 sortes de lama) et de mignons petits tatous (mais qui bougent bien trop vite pour qu’on fasse une photo correcte !). Les vraies stars par ici sont normalement les baleines mais il aurait fallu que nous arrivions ici 2 mois plus tôt pour les croiser, tant pis…

Un guanaco en bord de mer
Un guanaco en bord de mer
Les colonies de lions de mer à la Punta Norte
Les colonies de lions de mer à la Punta Norte
Encore des lions de mer affalés
Encore des lions de mer affalés
Un tatou qui a bien voulu se montrer dans la soirée
Un tatou qui a bien voulu se montrer dans la soirée
Le même dans son terrier
Le même dans son terrier

On s’est donc rabattus sur la plus grand colonie de manchots en dehors de l’Antarctique, une sorte de ville incroyable pour des milliers d’individus. On peut carrément se promener au milieu des nids ! Ca nous a permis de voir que les jeunes étaient encore au bercail, attendant avidement le retour de leurs parents nourriciers, réclamant la pitance à grands cris. Les dits parents sortent de l’eau où ils sont incroyablement à l’aise (on les a vus surfer sur les rouleaux !) pour parcourir en se dandinant, de leur fameuse démarche maladroite, des centaines de mètres pour revenir au nid. Bon, on l’avoue, on a carrément craqué sur ces bestioles, on a mitraillé comme c’est même pas permis 😀

L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction...
Allez, une citation à l'eau de rose : L'amour, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction...

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C'est la cohue
C'est la cohue
Retour au bercail
Retour au bercail

Nord-Ouest argentin

Après l’intermède tropical autour d’Iguazu et avant de partir visiter les désertiques régions australes de l’Argentine (à savoir la Patagonie et la Terre de feu), nous sommes allés passer une dizaine de jours dans la partie Nord-Ouest du pays, particulièrement autour des villes de Salta, Cordoba et Mendoza. Il s’agit de la partie andine de l’Argentine au sens où on l’entend souvent depuis la France : à savoir que quand on pense Andes, on pense Pérou, lamas, flûte de Pan… C’est particulièrement vrai autour de Salta où on sent fortement l’influence des proches voisins boliviens et péruviens. Mais cette partie du pays est aussi très connue (et malheureusement pour la France, de plus en plus) pour ses immenses vignobles.

Vu qu’on a visité des lieux extrêmement différents les uns des autres, on a décidé de couper cet article en trois parties, correspondant aux trois villes citées plus haut.

 

Salta :

Salta est une ville de taille moyenne, posée dans un site superbe, entourée de montagnes qui lui valent le surnom de « Salta la linda », la belle. Pour notre part on dirait que c’est un peu exagéré si on ne parle que de la ville elle-même. Il se trouve que, malheureusement, on a tendance à tout comparer à Buenos Aires et Salta n’est après tout qu’une petite capitale de province. Par contre les environs de la ville sont juste superbes et méritent amplement leur classement au patrimoine de l’humanité.

Au sud de Salta se trouve la vallée de Cafayate, une vallée de roches à dominante rouge, taillées par l’érosion en un bestiaire fantastique : crapauds, iguanes, moines, châteaux aux tours élancées. Tout le long de la route, on pousse des oooh et des aaah devant les incroyables panoramas qui se découvrent à chaque virage. Sur les côtés de la vallée, de petits canyons aux parois verticales, taillés par des ruisseaux secondaires, achèvent de donner un charme fou à l’ensemble.

Le château
Le château

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De plus Cafayate est une ville productrice de vin qui cultive un cépage unique à la région, parfaitement adapté à l’altitude élevée (1600m) : le Torrontès. On en tire un vin blanc surprenant, paradoxal et très agréable : de robe quasi transparente mais au bouquet très puissant, avec un goût de vin moelleux style Jurançon et pourtant la texture d’un blanc sec ! Ca vaut vraiment le coup d’être testé. Bien plus intéressant en tout cas que leur rouge piquette plus que bof.

Les deux jours suivants, visite des environs nord de la ville. On aurait bien pris le fameux Train des Nuages pour se rendre à San Antonio de los Cobres, ce train qui grimpe de 1000 à plus de 4000m d’altitude avec zigzags, viaducs haut perchés et tours en colimaçon autour des montagnes. Mais nous sommes ici en pleine saison des pluies et la voie est fermée. Nous avons donc fait le trajet en bus, moins romantique mais plus pratique.

San Antonio de Los Cobres
San Antonio de Los Cobres
Ouh li pitit lama !!
Ouh li pitit lama !!

On ne pourrait pas imaginer ville plus lointaine de Buenos Aires que San Antonio (géographiquement comme culturellement parlant) : ici on est plus en Bolivie qu’en Argentine. Ca se voit à la peau mate des habitants, à leur style de vie (et malheureusement aussi à leur niveau de vie), à l’architecture des maisons… Pas grand chose à voir si ce n’est des paysages s’étendant en steppes désertiques jusqu’à l’horizon, avec l’impression d’être arrivés au bout du monde.

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Impression confirmée dès qu’on arrive aux Salinas Grandes. Là, à quelques kilomètres de la frontière chilienne, s’étend sur 500km² un immense plateau de sel. Du blanc à perte de vue, cerné sur quelques bords par des montagnes enneigées. Un lieu absolument sensationnel, un espace gigantesque exploité par endroits par l’homme qui y creuse quelques piscines pour récolter le sel, rajoutant encore au charme de l’ensemble.

Salinas grandes
Salinas grandes

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La vallée de Humahuaca enfin est un exceptionnel (ça devient dur de trouver de nouveaux adjectifs pour dire que tout est bien!) assemblage de roches multicolores : si c’est rouge, c’est qu’il y a du fer, vert du cuivre, jaune du souffre… Toute la montagne est ainsi peinte, donnant à chaque village un cachet inimitable. Ca culmine dans la « montagne aux 7 couleurs », une colline présentant une palette de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

le tropique du capricorne
Et voilà on franchit une nouvelle ligne "imaginaire": le tropique du capricorne
Ça se chevauche un capricorne ?
Ça se chevauche un capricorne ?
La montagne aux 7 couleurs à Pumarmaca
La montagne aux 7 couleurs à Pumarmaca

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Jupe de Qoja (habitant de la région)
Jupe de Qoja (habitant de la région)
Ça me rappelle quelque chose ... Mais quoi ?
Ça me rappelle quelque chose ... Mais quoi ?

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La palette du peintre dans la vallée de Humahuaca
La palette du peintre dans la vallée de Humahuaca

Cordoba :

Cordoba
Cordoba

Cordoba est une ville d’importance en Argentine, d’ailleurs la deuxième en population. Bon on ne va pas vous mentir en vous disant qu’on a visité toutes les célèbres églises jésuites de la ville (elles-aussi classées par l’UNESCO), que tout était superbe, blabla tout ça. La vérité c’est qu’on y est passé mais assez vite fait.

Cordoba by night
Cordoba by night
L'entrée d'une des universités de Cordoba
L'entrée d'une des universités de Cordoba

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Pendant la messe, à Cordoba
Pendant la messe, à Cordoba
Oui, le problème des malouines, c'est toujours d'actualité par ici
Oui, le problème des malouines, c'est toujours d'actualité par ici

En fait on était bien crevés par les jours et les voyages précédents et on a décidé de se détendre en nous rendant dans un petit village des environs dont on avait entendu du bien par le bouche à oreille.

Mayu Sumaj vu des collines environnantes
Mayu Sumaj vu des collines environnantes

Mayu Sumaj, c’est son nom, ne serait jamais sorti de l’anonymat relatif à tout village paumé dans les collines verdoyantes, si ce n’était sa rivière. Une belle rivière de montagne aux eaux claires mais qui n’eût suffi à elle-seule à en faire la renommée si elle n’avait présenté sur ses rives de belles plages de sable blanc et de sympathiques rochers où faire bronzette.

Notre plage...
Notre plage...

Nous, on s’était posés à l’écart des gens, dans un endroit sympa et calme où on pouvait jouer comme les grands gamins que nous sommes dans les rapides. Quel bonheur que l’eau fraîche quand on tape le 37°C dehors (il paraît que c’est la canicule dans le pays, on veut bien le croire).

Ouais, c'est les vacances...
Ouais, c'est les vacances...

Mais dans la soirée, à 100m à peine de notre havre de tranquillité, c’est carrément la côte d’azur qu’on a découvert ! Il ne manquait rien : le monde, les bars branchés avec musique à fond, les files de voitures garées en tout sens, les filles habillées court. Sauf que tout se fait au bord d’une petite rivière de montagne ! Et les flics qui tentent de réguler un peu le tout en interdisant la consommation d’alcool dans la rivière se font copieusement siffler par la foule. Amusant…

Là on voit bien qu'on est sur la Côte d'Azur
Là on voit bien qu'on est sur la Côte d'Azur

Mendoza : 

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A Mendoza, on a fait une « Cordoba » bis : à savoir qu’on n’a passé que peu de temps dans la ville même et beaucoup dans les environs. Pas de visite des très nombreuses caves alentour pour nous, mais plutôt un petit tour de trois jours pour aller voir de près le fameux Aconcagua. Comment ça vous ne connaissez pas l’Aconcagua ? Et bien c’est tout simplement la plus haute montagne au monde en dehors de l’Himalaya (venez pas chipoter avec le Karakoram hein, c’est la même chose…) ! Avec ses 6962m de haut, elle fait rêver pas mal de monde car elle est accessible même à ceux qui ne possèdent pas de techniques d’escalade. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit facile d’accès, loin de là ! Il faut au minimum 10 jours pour en faire l’ascension. Vincent s’est déjà promis d’y retourner un jour, des volontaires pour l’accompagner ?

un pont naturel à l'entrée du parc de l'Aconcagua
Punte del Inca : un pont naturel à l'entrée du parc de l'Aconcagua
Notre campement à Punte del Inca
Notre campement à Punte del Inca

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Mais revenons à notre sujet : pas question de grimper donc, mais de remonter la longue vallée menant au pied de la bête. Nous étions partis avec nos provisions, nos tentes et nos duvets, contents de retrouver la natures après plusieurs nuits en hôtel. Et dès l’entrée du parc, quand on voit cette monstrueuse masse blanche dominer les reliefs verts et rouges de la vallée, on sait qu’on va voir quelque chose d’exceptionnel. Surtout quand le temps s’y met aussi et qu’on profite du plus beau ciel bleu depuis le début du voyage (mais il ne faut pas s’y tromper, si les jours sont chauds, les nuits sont glaciales par ici).

Notre première étape
Notre première étape
Le camp de base de Confluencia (3490m)
Le camp de base de Confluencia (3490m)

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Il faut croire qu’ici les gens sont moins matinaux que dans les Alpes. En effet, en partant vers 8h du mat’ d’un des camps de base et en remontant vers la Plaza Francia, un autre camp situé au pied de la très verticale face sud, nous sommes arrivés les premiers au « mirador ». A cet endroit, seuls au monde, nous avions la meilleure vue possible du géant, avec ses parois, ses énormes glaciers suspendus de plus de 300m d’épaisseur, ses couloirs et ses faces immaculées. Un des plus beaux spectacle de montagne qu’on n’ait jamais vus…

La bête vue depuis la Plaza Francesa
La bête vue depuis la Plaza Francia

Les chutes d’Iguazu

Il y a des sites comme ça dont le nom seul suffit à nous faire rêver. Il y a des sites extraordinaires qui justifient à eux seuls un voyage au bout du monde et même certains sites qui vous marquent pour toute la vie.

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Et bien les chutes d’Iguazu, c’est encore au-dessus de tout ça. On pourrait utiliser des mots comme énormes, grandioses, magnifiques mais ce ne serait pas rendre justice au spectacle qui est offert à celui qui va voir le large Rio Iguazu déferler ainsi de plus de 80m de haut avec une puissance inconcevable. Partagées entre l’Argentine et le Brésil, méritant donc deux jours de visite, un de chaque côté de la frontière, visitables grâce des kilomètres de passerelles aménagées, elles sont une des attractions majeures de chacun de ces pays.

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Le salto Bosseti (une des cascades du côté argentin) vu d'en haut...
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...et le même vu d'en bas !
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Oui, les gens qu'on voit en bas à gauche sont en train de se baigner ! Et, oui, il y a des morts chaque année...

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Pourtant ces chutes ne sont ni les plus hautes (avec plus de 900m, c’est le Salto del Angel au Vénézuela qui tient le record), ni les plus larges (chutes de Khone sur le Mekong, au Laos) ni même celles qui ont le débit le plus important (là, il faut chercher sur le fleuve Congo). Non les chutes d’Iguazu ne détiennent aucun record d’aucune sorte. Pourtant ce sont certainement les plus belles au monde… On verra bien si on révise ce jugement péremptoire après la visite des chutes Victoria en Afrique 😀

côté brésilien
La plateforme du côté brésilien

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Au fond à gauche, on distingue l'énorme bouillon de la cascade San Martin

Difficile de dire pourquoi, cela dépend de tellement de paramètres. Pour commencer il n’y a pas une chute mais des centaines (275 exactement) de chutes qui s’étendent sur plusieurs kilomètres le long d’une falaise en arc-de-cercle. Tels des rideaux seulement constitués d’eau, elles tombent en un parfait alignement sur une première plateforme avant d’effectuer un deuxième saut. Il y a le décor autour également : une forêt tropicale dense et humide (forcément) dont les arbres font un écrin vert aux différentes cascades.

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Il y a même des palmiers !
Un coati
Un coati, un petit mammifère chappardeur très courant autour des chutes
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Un autre, pris sur le fait !

Et puis enfin il y a Garganta del Diablo (la gorge du diable) ! Tout au fond du site, la falaise s’est creusée en forme de fer à cheval très étroit dans lequel tombe le plus gros du débit du fleuve en générant des vagues et des remous monstrueux. La vapeur d’eau générée par l’ensemble monte tellement eau qu’on est trempé avant même d’arriver au bord et qu’on ne découvre le spectacle qu’une fois arrivé au plus près. Comme un déluge nous était tombé dessus la veille, le spectacle de ces montagnes d’eau tombant dans un puits sans fond était encore plus impressionnant.

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A l'entrée de la gorge
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Garganta del Diablo, vue en surplomb depuis le côté tango
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La même mais du côté samba. Vous préférez quelle vue ?
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Quand on vous disait que ça faisait de la vapeur...

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On s’est même permis de jouer les touristes fortunés en se payant (non, pas le tour en hélicoptère au-dessus des chutes tout de même !) un passage en bateau juste au pied des cascades. En fait un hors-bord avec des moteurs surpuissants arrive à remonter le courant vers les chutes et même finalement SOUS les chutes. La douche (violente) est garantie, pas du tout désagréable quand il fait plus de 35°C à l’extérieur.

Si vous regardez de prêt il y a un bateau sous les chutes...
Si vous regardez de prêt, il y a bien un bateau qui s'aventure sous les chutes...
A la douche !!!
A la douche !!! (l'appareil semble avoir déjà bien pris d'ailleurs)
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Encore un petit bateau au pied de la casacde San Martin

Bref vous l’aurez compris, on a tout simplement adoré notre passage à Iguazu. Même notre logement nous a plu : vu les prix pratiqués par les hôtels du coin, nous avons été contraints de camper, pour notre plus grand plaisir finalement. Le camping disposait d’une piscine à l’eau fraîche salavatrice et de barbecues en libre-service qu’on a bien utilisés (avec des cageots et du carton ramassés dans les rues de la ville, système « j’ai pas de thunes » en action). Bon on a un peu fini dans la bouillasse rouge jusqu’aux genoux après une violente tempête tropicale d’une journée entière mais ça valait quand même vraiment le coup 😀

Notre campement
Notre campement, encore propre...
Petit barbecue au camping
Petit barbecue au camping, juste avant le déluge d'ailleurs...

Désormais, et après un passage d’une journée au Paraguay pour visiter les charmantes missions jésuites, il est temps de quitter la chaleur tropicale et de nous diriger vers des régions qu’on espère (un peu) plus fraîches, au nord-ouest du pays.

Buenos Aires

Premier billet depuis l’Argentine et on a l’impression de vous écrire depuis un autre monde. Nous venons de passer 5 jours merveilleux à Buenos Aires, mais c’aurait pu tout aussi bien être dans n’importe quelle ville d’Europe tant la capitale a furieusement des airs de chez nous.

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Obelisque sur l'avenue du 9 juillet, la plus large du monde

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Premier tour en métro en Amérique du Sud
Premier tour en métro en Amérique du Sud
Avenue Florida, LA rue commerçante de la ville
Avenue Florida, LA rue commerçante de la ville
Galeries Pacificos ou... Galeries Lafayette
Galeries Pacificos ou... Galeries Lafayette

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La fleur de Buenos Aires qui se referme a la nuit tombée
La fleur de Buenos Aires qui se referme a la nuit tombée
Le cimetière de Recoleta ou... le Père Lachaise
Le cimetière de Recoleta ou... le Père Lachaise

En un simple trajet d’avion de moins de quatre heures, on est passé du très sud-américain Pérou (et encore Lima est-elle une ville qui tranche avec le reste du pays) à BA qui est un incroyable mix entre Paris pour ses cafés et ses terrasses, Londres pour ses immenses parcs aux vertes pelouses agrémentées de statues, Barcelone pour sa vie nocturne hors-norme et Rome pour le climat brûlant.

Quartier de la Boca
Quartier de la Boca, ancien port de la ville désormais reconverti en lieu branché

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Une enseigne dans le quartier de la Boca
Une enseigne dans le quartier de la Boca

Mais ce qui concerne la musique et le tango, BA ne doit rien à personne… On est allé prendre notre cours de tango à la Confeteria Ideal, une vénérable institution de la ville à la superbe verrière art déco, où on a appris les premiers pas : pas si mal pour un début, on saura faire impression au prochain mariage 😀

salle de danse
salle de danse de la Confeteria Ideal

A 23h on vire les débutants de la piste et les amateurs éclairés font leur entrée. Tout de suite, ça impressionne : les fronts collés, les pas compliqués, les jambes qui remontent haut… Et en fin de soirée, les « pros », ceux qui tournoient à une vitesse folle et envoient leur partenaire virevolter dans une synchronisation parfaite : on était complètement bluffés. Et puis on réenchaîne avec les amateurs jusqu’à l’aube.

amateurs
des amateurs

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Faites place aux professionnels !
Faites place aux professionnels !

Car ici, on ne se couche jamais, ou du moins pas la nuit ! L’emploi du temps est assez simple : de 14 à 16h, sieste (y a même un panneau dans l’hôtel pour dire aux clients de la fermer à dans cette tranche horaire), à 18h un petit en-cas, à 20h une bière, à 22h on s’habille pour sortir, à 23h-minuit on arrive au restau et on commande (ça surprend un peu les français que nous sommes au début mais on s’habitue très vite), à 1h-2h du mat’ on sort du restau et on peut commencer à faire la fête !

San Telmo quartier des antiquaires
San Telmo quartier des antiquaires

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On quitte la ville demain et on peut dire que ça nous fend un peu le cœur tellement on s’y était attaché. On logeait dans un hôtel un peu vieillot du quartier de San Telmo, avec salles de bains communes pourvue de bidets, plafonds de 3m de haut et parquet qui grince. San Telmo ressemble un peu à ce qu’on imagine du Paris d’il y a 50 ans, comme on le voit dans les films, avec ses petits commerces de quartier et ses vieux qui jouent aux échecs dans les parcs. Mais à la nuit tombée, de nombreuses boites ouvrent leurs portes et ce n’est pas la peine de penser à dormir avant 4h du mat’.

Dans le quartier de San Telmo
Dans le quartier de San Telmo
Une parilla, ces restos de viande à nulle autre pareille...
Une parilla, ces restos de viande à nul autre pareils...

Pas facile de fermer l’œil dans notre hôtel donc, mais en contrepartie on avait accès à la cuisine et après avoir fait nos courses comme de vrais petit porteños (les habitants de la ville) on se faisait griller un bon steak à 1 euro (la viande est bien le seul truc bon marché ici) avant de dîner sur le balcon donnant sur une petite rue pavée…

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Parfois, y en a qui craquent...
Parfois, y en a qui craquent...
Petit déj dans la chambre
Petit déj dans la chambre

Bref si on ajoute à ça les levers après 10 heures du mat’ et le temps absolument superbe (voir des fois un peu trop : 34°C le jour de notre arrivée) on avait vraiment l’impression d’être ici… en vacances ! Oui ça peut faire rire mais il faut dire que les derniers jours du Pérou nous avaient un peu laissés sur les rotules. On repart donc d’ici complètement requinqués avec la forte envie de revenir un jour !

Dans l'ancien quartier portuaire de Puerto Maduro
Dans l'ancien quartier portuaire de Puerto Maduro

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