Rapa Nui

Rapa Nui… Ce nom n’évoque peut-être pas grand chose pour beaucoup de gens mais c’est celui d’une petite île du Pacifique Sud qui, elle, alimente de nombreux mythes et légendes : l’île de Pâques.

Ca c'est vraiment des vacances !
Ca c'est vraiment des vacances !

Ignorée de toutes les grandes puissances coloniales, l’île de Pâques (qui doit son nom « occidental » au jour de sa découverte) fut finalement annexée par le Chili qui en exploita violemment la population et les maigres richesses avant de la laisser aujourd’hui retrouver sa paix initiale. Nous sommes donc arrivés ici après 5 heures de vol depuis Santiago. Sachant qu’il nous en faudra plus de 6 pour rejoindre la Polynésie française, l’archipel habité le plus proche, ça donne une plutôt bonne idée de l’isolement de l’île.

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En bordure de Pacifique... Plutôt sympa comme site de camping non ?

Rapa Nui est une petite île : un peu moins de 20 bornes du nord au sud pour seulement 4000 habitants, quasiment tous regroupés dans l’unique village d’Hanga Roa. Elle ne correspond en rien aux idées qu’on pourrait se faire sur une île de cette partie du monde : d’origine volcanique (ça ce n’est guère original) elle ne possède pas de lagons paradisiaques, ni plages ni cocotiers (si on ne tient pas compte de l’idyllique et notable exception d’Anakena, tout au nord), elle est entourée de falaises et de rochers… Bref pas forcément le paradis sur terre. En fait toute sa végétation a été rasée au cours des siècles, d’abord par les premiers habitants de l’île puis par les dizaines de milliers de moutons qu’on y avait introduits. Aujourd’hui, l’île présente un relief étonnant qui n’est pas sans rappeler certains paysages de l’Auvergne : une multitude de volcans aux contours très doux, couverts d’herbes très vertes.

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Le port d'Hanga Roa : pas vraiment très aménagé...
Le cratère quasi parfait du Rano Kau, tout au sud de l'île
Le cratère quasi parfait du Rano Kau, tout au sud de l'île
Les cocotiers sur la plage d'Anakena
Les cocotiers sur la plage d'Anakena
Paysage de la côte nord
Paysage de la côte nord

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La plage d'Anakena, vue depuis l'intérieur des terres
La plage d'Anakena, vue depuis l'intérieur des terres

Peut-être à cause de (et malgré) toutes ces raisons (l’isolement, le paysage rugueux) l’île de Pâques possède de nombreux arguments pour séduire le visiteur. En tout cas, nous, on est tombés sous son charme dès le premier instant, en descendant de l’avion, alors qu’on ne cessait de se répéter incrédules « c’est dingue, on est sur l’île de Pâques ! ». On a planté notre tente sur un terrain au bord de l’océan sous un ciel bleu magnifique et on a commencé à explorer l’île par tous les moyens mis à notre disposition : en voiture, en scooter, en plongée (avec un ancien de l’équipe de Cousteau, la classe) et même à cheval. A propos des canassons, précisons d’ailleurs qu’aucun de nous deux n’avait de quelconque expérience en la matière mais que nous avons chevauché sans sourciller pendant 8 heures à travers les collines. Et le pire de l’histoire c’est qu’on a adoré ça. Imaginez un peu ce que c’est que de galoper au milieu des herbes hautes avec le bleu profond de l’océan en toile de fond. Inoubliable ! D’autant plus qu’on en a payé le prix le lendemain en ramassant partout les petits morceaux de notre colonne vertébrale…

Stupéfiant ! Vincent proche d'un cheval sous une forme autre que celle d'un steak !
Stupéfiant ! Vincent proche d'un cheval sous une forme autre que celle d'un steak !
Un ranch complètement isolé à l'ouest, entre mer et "montagne"
Un ranch complètement isolé à l'ouest, entre mer et "montagne"
Ca va le dos sinon ?
Ca va le dos sinon ?
Wouhah, quelle impression de vitesse folle !
Wouhah, quelle impression de vitesse folle !

Bon évidement, on ne pas parler de Rapa Nui sans évoquer les Moais, ces fameuses immenses statues. Elles ont fait couler beaucoup d’encre tellement il semblait impossible aux premiers archéologues qu’un peuple aussi peu « évolué » ait pu se trimballer des cailloux de plus de 80 tonnes à travers les collines de l’île sur plusieurs kilomètres, sans connaître la roue, le marteau-piqueur, la pelleteuse mécanique ou encore le chariot élévateur ! Quoi qu’il en soit, ces visages de pierre qui peuplent toute l’île, empreints d’une sérénité imperturbable, sont THE attraction de l’île. On les trouve alignés dans des sites plus beaux les uns que les autres (les pascuans avaient un sens inné de la mise en scène et auraient pu donner quelques leçons à Kevin Kostner qui avait produit le très médiocre et très inutile film « Rapa Nui ») tous semblables et pourtant tous différents, avec leurs tatouages et leurs coiffes rouges.

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Les 15 Moais de Tongariki, un site entièrement remis sur pied par les japonais qui, si on se fie à la date de restauration, a échappé à l'époque au père de Vincent (dommage ! )

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Ahu Tahai, le seul moai avec des yeux de corail (résultats de la restauration)

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Mais le site qui retient le plus l’attention, le plus magique, celui qui fait le plus travailler notre imaginaire, c’est celui de Rano Raraku, dit « la carrière ». En fait c’est des flancs de ce seul volcan qu’ont été extraits tous les Moais de l’île. Comme le culte de ces statues a cessé très brutalement (suite aux guerres internes), les ouvriers semblent avoir abandonné les lieux en laissant tout en l’état. Et on peut découvrir aujourd’hui des dizaines de Moais à tous les stades de construction, depuis le bloc à peine extrait de sa falaise jusqu’à la statue finie et polie, prête pour le transport. Sous le coup des ans, les glissements de terrain ont recouvert et déplacé plusieurs statues, les laissant dans les positions les plus diverses, dépassant anarchiquement du sol tels les rochers dans un tableau de Dali.

La "carrière" de moai
La "carrière" de moai

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Les moai, abandonnés dans divers états de finition
Les moai, abandonnés dans divers états de finition

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En musique : Big bisous, poum poum, big bisous, poum poum...
En musique : Big bisous, poum poum, big bisous, poum poum...
Petit jeu pour amuser tes amis : la partie émergée de ce moai fait au moins deux fois la taille de Vincent. Quelle est donc sa taille totale ?
Petit jeu pour amuser tes amis : la partie émergée de ce moai fait au moins deux fois la taille de Vincent. Quelle est donc sa taille totale ?

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On a tellement aimé le site qu’on y est retourné plusieurs fois, pour l’admirer à toutes les heures de la journée. Il faut dire que, une fois n’est pas coutume, nous avions le temps devant nous. Une semaine à l’île de Pâques, ça permet de prendre le rythme du Pacifique : on est cool, pas besoin de se presser pour les visites. On a toujours le temps pour aller faire un petit tour à Anakena… Bref on se prépare aussi doucement mais sûrement pour la Polynésie française 😀

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Bon pour conclure, vous vous en doutez, on n’a pas pu résister à un petit shava shava devant les moai. Notez qu’on a spécialement retravaillé la choré et qu’on a extrait un nouveau passage pour cette fois 😀

PS : Et comme à chaque fois qu’on en a l’occasion, mise à jour des pages bière et le tour du monde pour les nuls (avec les données Chili et île de Pâques). Avec en plus la synthèse de tous nos trajets en Amérique du Sud sur une seule page.

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Valpo, une ville qui chatoye !

Oh my good lord ! C’est incredible ! Deux articles dans la même journée (enfin pour nous, pas pour vous en France) ! Mais qu’est-ce qui se passe ? Bon en fait au départ, on devait tout simplement snober (bloguistiquement parlant) Valparaiso et Santiago sur le chemin nous menant à l’île de Pâques. Finalement, on a décidé que ce serait un petit peu dommage de ne pas vous donner un mini aperçu de la première citée, d’où l’article que vous avez sous les yeux. Mais que ça ne vous empêche pas d’aller voir l’article sur l’altiplano bolivien si on y est !

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Mon dieu que c'est chatoyant ! Ca chatoye de partout !

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Valparaiso, Valpo donc pour les intimes, THE port chilien, le port mythique des cap-horniers, ces navires qui contournaient l’Amérique du temps où n’existait pas encore le canal de Panama. Un port qui fut incroyablement riche mais dont l’activité a décliné sous les coups conjugués des tremblements de terre et du canal sus-cité. Une ville nichée sur des collines abruptes entourant une baie profonde, à deux heures à peine de la capitale (d’où son importance). De ce passé glorieux, il reste entre autres les fameux ascenseurs, ces funiculaires aux cabines de bois dont le plus penché monte gentiment à 70° !

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L'ascenseur de la Cordillera, plus de cent ans aujourd'hui
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Et celui d'Espiritu Santo

Alors que le quartier en bas, le long des quais, présente plutôt une architecture de type Hausman, les maisons sur les hauteurs sont plus originales. D’inspiration romantique, baroque voir gothique pour certaines, elles se remarquent avant tout par leurs couleurs chatoyantes (d’où le titre). C’est jaune, rouge, vert, violet, peu importe du moment que ça impressionne la rétine du passant ! Malgré les efforts de la municipalité pour maintenir le tout le plus « mignon » possible, on voit bien que certaines demeures sont vraiment décrépies et que les rues sont défoncées. Mais loin de gâcher la visite, ces petits défauts de l’image d’Epinal donnent un charme supplémentaire à la ville. Nous en tout cas, on a vraiment aimé flâner dans ces rues, prendre du temps à la terrasse d’un bar au-dessus du port, apprécier le plaisir d’une bonne table, bref passer du bon temps dans cette ville un peu alanguie.

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Valpo, vue depuis son port
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Valparaiso, c'est aussi un important port militaire

Sinon pour vous changer un peu des traditionnelles photos de maisons bariolées (qui chatoient dans tous les sens), on a eu envie de vous présenter une autre face de la ville, pas la plus connue, en tout cas pas de nous. Il se trouve que les murs de Valparaiso sont couverts de graffitis. Mais pas les bêtes (et moches) tags auxquels nous sommes accoutumés dans nos froides contrées : ici on peut dire qu’on a affaire à de véritables artistes qui participent à embellir et, au moins, à faire vivre leur ville, qui risquerait sans ça de rester engoncée dans un passé révolu. Donc voici une petite sélection de ce qu’on a pu croiser et apprécier au cœur même du quartier historique. Enjoy !

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PS : mise à jour de la carte sur la page Trajet au Chili puisque nous prenons l’avion dans 9 heures.

Atacama, Uyuni et Altiplano bolivien

On ne peut imaginer deux lieux plus différents que Chiloé et l’Atacama, tout au nord du Chili, à la frontière de la Bolivie et de l’Argentine. On a beau être dans le même pays, les distances inimaginables pour nous autres européens font qu’on peut trouver dans ce pays à la fois les paysages les plus riants et les déserts les plus secs (4mm de précipitations annuelles, c’est tout dire).

L'église de San pedro, aux poutres en bois de cactus
L'église de San pedro, aux poutres en bois de cactus
Le volcan au cône parfait qui domine San Pedro
Le volcan au cône parfait qui domine San Pedro
Non, on n'a pas retouché les couleurs
Non, on n'a pas retouché les couleurs

Nous venons de passer une semaine à San Pedro de Atacama et surtout dans ses environs à savoir… l’altiplano bolivien ! La ville de San Pedro, oasis perdue au milieu du désert, est devenue une destination touristique phare, entre autres grâce à ses lacs salés où l’on flotte sans bouger le petit doigt et son très intéressant ensemble de geysers situé à 4200m de haut (ce qui permet aux chiliens de se prévaloir d’un nouveau record bidon : le plus haut champ de geyser au monde ! Super !).

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Le lac de Cejar, 33% de sel dans l'eau, forcément, ça flotte...
Le lac de Cejar, 33% de sel dans l'eau, forcément, ça flotte...

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Le champ de geysers d'El Tatio au petit matin
Le champ de geysers d'El Tatio au petit matin

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Un des tours les plus fréquemment proposés par les opérateurs de San Pedro (et qui justifiait à lui seul notre venue jusqu’ici) est une excursion de 4 jours vers la ville bolivienne d’Uyuni, célèbre pour son immense salar. Pour ceux qui ont déjà oublié l’article sur le nord-ouest argentin (c’est mal ! Fouettez-vous avec des orties fraîches !) rappelons qu’un salar est une immense étendue plate de sel, située en altitude et donc entourée de montagnes dans notre cas.

Nos compagnons de route et nouveaux potes sur cette photo trop bien cadrée : James, Hayley, Sophie et Maxime
Nos compagnons de route et nouveaux potes sur cette photo trop bien cadrée : James, Hayley, Sophie et Maxime

Entre San Pedro et Uyuni, il faut subir un peu plus de deux jours de piste en 4×4 à travers les étendues inhospitalières de l’altiplano. Heureusement les pistes sont d’assez bonne qualité, c’est sûr que ce n’est pas la pluie qui risque d’abîmer les routes. On évolue à des altitudes comprises entre 4200 et 4800m, une paille quoi pour les voyageurs super acclimatés que nous sommes devenus (ou pas). A première vue, le voyageur qui s’aventure sur ces hauts plateaux n’apercevra que cailloux et montagnes, mais rapidement il découvrira que la vie existe aussi ici. Des lacs aux couleurs irréelles abritent de nombreux flamands roses tandis qu’il n’est pas rare de croiser quelques vigognes errant en quête d’une herbe plus que rare.

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A l'aller, les montagnes étaient encore couverte de neige.
A l'aller, les montagnes étaient encore couverte de neige.Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure

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Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure
Ouais, la vie pour les plantes du coin n'est pas une sinécure

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Une vigogne au bord de la Laguna Colorada
Une vigogne au bord de la Laguna Colorada

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Des flamants pas encore roses : ce sont des jeunes
Des flamants pas encore roses : ce sont des jeunes
Les parents qui montrent l'exemple aux jeunes
Les parents qui montrent l'exemple aux jeunes

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Aaaaah les lacs boliviens, à eux seuls ils pourraient justifier l’expédition. Essayez d’imaginer des petits joyaux aux couleurs vives, bleus, verts ou même rouges, insérés dans un décor de montagnes pelées, présentant elles-mêmes des rayures rouges et blanches dues aux minéraux qui les composent. Et sur ces lacs de minuscules points roses se déplaçant gracieusement sur des pattes élancées : les flamants qu’on trouve ici par centaines… Ou alors regardez les photos, c’est plus simple… Mais vous aurez encore une pâle idée de l’expérience qu’on a vécue. Ces paysages ne semblent pas terrestres.

La Laguna Verde, qui porte plus que bien son nom
La Laguna Verde, qui porte plus que bien son nom
La Laguna Bianca
La Laguna Blanca
Toujours la Laguna Blanca
Toujours la Laguna Blanca

Pour ajouter à l’intérêt de la chose, il faut préciser aussi que toute la zone est volcanique. Outre les hauts volcans fumant à l’horizon, on a retrouvé des geysers, qui étaient plus ici des marmites de boue bouillonnante, et des sources d’eau chaude à 38°C, idéales pour se baigner quand l’air extérieur incite plutôt à sortir les doudounes (il faisait si froid les matins que la buée gelait à l’intérieur des vitres de la voiture) ! Et puis entre deux lacs, l’altiplano n’est jamais monotone. Les routes caillouteuses sont en fait bordées de rochers aux formes plus étranges les unes que les autres, résultat du travail du vent.

La baignade à 4200m d'altitude... mais dans une eau à 38°C !
La baignade à 4200m d'altitude... mais dans une eau à 38°C !
Les marmites de boue boliviennes
Les marmites de boue boliviennes
C'est pas magique ça ?
C'est pas magique ça ?
L'arbre de pierre
L'arbre de pierre
Ouais, on a bien crevé ! Heureusement Edgar, notre chauffeur, était un sacré bricoleur.
Ouais, on a bien crevé ! Heureusement Edgar, notre chauffeur, était un sacré bricoleur.
Le cactus cardone, l'ami d'Audrey
Le cactus cardone, l'ami d'Audrey
Petit calcul : à raison d'une pousse de 1 cm par an, quel est l'âge de ce vénérable cactus ?
Petit calcul : à raison d'une pousse de 1 cm par an, quel est l'âge de ce vénérable cactus ?
Au cimetière de locomotives d'Uyuni
Au cimetière de locomotives d'Uyuni

Enfin il nous faut parler du salar lui-même : la taille de celui d’Uyuni n’est en rien comparable avec les salines qu’on a pu voir côté argentin, si proche à vol d’oiseau et pourtant si loin. C’est si grand qu’on aperçoit à peine les montagnes qui l’entourent se détacher sur l’horizon. Il vaut mieux les voir cependant car elles sont les seuls guides des chauffeurs à travers ce plateau au blanc éblouissant. Une précision : si l’Atacama et l’altiplano sont des régions archi-sèches (comme les chaussettes de l’archiduchesse), ce n’est pas le cas du salar. En fait on était en pleine saison des pluies et on a failli ne rien voir du paysage (vilain crachin dans la matinée). Heureusement pour nous, cet inconvénient s’est transformé en chance incroyable : la fine pellicule d’eau qui recouvrait le sel est devenue un miroir étincelant avec l’apparition du soleil, donnant encore plus de magie au lieu. Une sensation d’infini face à ces paysages inoubliables…

Le retour des super photos truquées sur le salar
Le retour des super photos truquées sur le salar

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Le retour à San Pedro fut long et fatiguant (lever à 4h du mat’ et nombreuses heures de route pour arriver en temps et en heure à la frontière boliviano-chilienne) mais cette petite fatigue fut plus que compensée par tout ce qu’on vécu dans ces hauteurs andines. Retour qui fut d’ailleurs suivi sans pause aucune par un non moins long mais bien moins fatiguant (vive la classe premium où l’on peut incliner son siège à 180°) voyage de 24h jusqu’à Santiago, la capitale chilienne. Dans désormais très peu de temps, nous quitterons ce continent américain parcouru pendant 4 mois, d’abord pour l’île de Pâques puis pour la Polynésie française. Et nous abandonnerons avec tristesse les rudiments d’espagnol qu’on commençait juste à maîtriser. Mais bon, ce n’est pas la plus moche partie du voyage qui semble se dessiner devant nous 😀

Le poste frontière, un poil perdu au milieu de nulle part
Le poste frontière, un poil perdu au milieu de nulle part
La route du retour
La route du retour

Chiloé, la Bretagne au Chili

On a l’impression de commencer seulement maintenant notre voyage au Chili. Certes on avait passé une bonne semaine aux Torres del Paine et dans les environs immédiats avant de se rendre à Ushuaïa mais, et d’une, le temps ne nous avait pas permis d’en voir grand chose, et de deux, on marchait alors en pleine montagne, montagne qui aurait pu tout aussi bien se trouver de l’autre côté de la frontière, en l’Argentine.

Désormais sortis de la Patagonie, nous venons de passer 3 jours bien plus au nord, dans l’archipel de Chiloé, constitué d’une grande île principale et de nombreux petits îlots. Restée longtemps isolée du reste du pays, l’île a développé une culture unique, rurale et métisse, mélangeant des éléments du catholicisme à des croyances natives de la région. En résulte une mythologie assez spéciale, pleine de divinités guerrières aux penchants sanguinaires. Et une architecture bien particulière pour les églises en bois qui parsèment l’île et ont fait sa renommée internationale (et oui, encore des monuments classés par l’UNESCO).

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L'église de Llingua, isolée sur une toute petite île de l'archipel
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Et celle de tenaun, toute aussi perdue d'ailleurs
La baie de Castro vue depuis les hauteurs de l'île
La baie de Castro vue depuis les hauteurs de l'île

Deuxième particularité de l’île : son climat, un des plus arrosé de tout le pays. Quand il n’y a pas d’orages, c’est qu’il pleut, et quand il ne pleut pas, c’est qu’il bruine ! Enfin on y reviendra plus tard, ce n’est pas tout à fait vrai… Troisième particularité, des paysages enchanteurs, des petits ports de pêche aux bateaux échoués sur la grève, des collines vertes se jetant dans des eaux d’un bleu profond, des huîtres et des poissons fraîchement pêchés vendus directement dans le port…

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Dans le port de Quemchi

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Les palafitos (maisons sur pilotis) de Castro, une ville à laquelle nous sommes restés fidèles...

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La plupart des maisons sont toujours faites en bois
La plupart des maisons sont toujours faites en bois

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Un moulin traditionnel, actionné par l'eau, qu'on a eu un mal fou à trouver dans la campagne
Un moulin traditionnel, actionné par l'eau, qu'on a eu un mal fou à trouver dans la campagne

Légendes, ports de pêche et crachin, ça ne vous rappelle rien ? Et oui, vous avez bien deviné (ou alors vous savez juste lire le titre d’un article) la région possède de très nombreuses similarités avec notre Bretagne ! Mais alors pourquoi venir chercher ici ce qu’on peut avoir chez nous, à quelques heures de TGV, suggérerez-vous peut-être insidieusement ? Non, non, ne niez pas, vous insinuez beaucoup… D’abord parce qu’ici, on a au moins une chance de profiter de temps en temps d’un grand soleil (et paf, le mouvement indépendantiste breton vient de faire sauter notre maison en représailles). Sans doute pour se faire pardonner du temps apocalyptique subi aux Torres del Paine, le Chili nous a offert ici trois jours de soleil sans nuage. On a même ressorti la crème solaire qu’on avait remisée au fond du sac depuis un moment, croyait-on à tout jamais ! Il faisait tellement beau qu’on pouvait admirer la Cordillère des Andes enneigée se déployant dans toute sa majesté face à l’océan Pacifique. On pouvait même, coup de bol ultime, voir l’énorme panache de fumée qui se dégageait d’un volcan en éruption à côté de la ville de Chaiten, de l’autre côté de la baie, sur le continent (on a appris plus tard aux infos que la ville avait été évacuée, moins cool pour les gens qui sont sur place).

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Vue sur les Andes
Le panache de fumée à l'horizon
Le panache de fumée à l'horizon

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Autre raison de venir sur place : les fameuses églises de Chiloé donc. Construites presque entièrement en bois, certaines sans utiliser un seul clou (vive le Lego), elles bordent tout le littoral. Certaines, entourées de quelques maisons traditionnelles (en bois elles aussi et montées sur pilotis) sont complètement paumées, accessibles uniquement par une route de terre défoncée. On avait donc loué une voiture pour faciliter nos déplacements et on ne l’a pas regretté. Découvrir ces petits hameaux loin des routes touristiques, planqués au fin fond d’une crique où le seul bruit qu’on peut entendre est celui des rabots et des scies des chantiers navals tout proches (on construit encore sur l’île des bateaux en bois) est une expérience magique.

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Le hameau de San Juan, des airs de bout du monde, un calme absolu...

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Vili Pulli, seule face à la mer...
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Encore le clocher de Tenaun

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L'intérieur très ornementé de l'église d'Achao
L'intérieur très ornementé de l'église d'Achao

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Et puis il nous faut aussi parler de nos petites chambres coquettes avec vue sur la mer ainsi que des repas qu’on s’est offerts sur place : de l’espadon si frais qu’il en frétillait encore dans l’assiette, des huîtres dégustées en bord de plage avec juste un trait de citron et des moules géantes dans lesquelles on aurait pu faire tenir cinq spécimens de chez nous.

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Ouh le beau bestiau qui va finir dans notre estomac !
Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...
Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés...
Matez les huîtres, là on a pris le modèle réduit...
Matez les huîtres, là on a pris le modèle réduit...
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Miaaaam

Bref, notre séjour sur Chiloé a été une réussite totale, on recommanderait l’île à n’importe quelle personne qui viendrait voyager au Chili (surtout qu’il restait encore beaucoup à voir sur place). Désormais nous repartons toujours plus au Nord, visiter des régions plus désertiques et donc, on l’espère, encore plus chaudes et ensoleillées si possible : direction le fameux désert d’Atacama, le plus aride au monde.

Fear the W…

Non cet article n’est pas, comme son titre pourrait le laisser croire, une charge contre la politique expansionniste américaine au travers des défauts de son désormais ex-président. Le W en question est le nom donné au trek parcourant le parc chilien des Torres del Paine, situé en Patagonie, à l’extrême sud du pays. Pourquoi ce nom ? Parce que sur la carte, le chemin parcouru a très vaguement (de loin par temps de brouillard et seulement en cas de myopie prononcée) la forme de cette lettre. Un trek de 4 à 5 jours donc, extrêmement parcouru dans tous les sens par des hordes de backpackers car combinant à la fois des randos pas trop dures (pas de dénivelée très important) et des paysages de montagnes superbes, constitués de tours de granite verticales au milieu de glaciers monstrueux (oui encore).

Là, y en a encore une qui y croit, normal, on vient juste de débarquer...
Là, y en a une qui y croit encore, normal, on vient juste de débarquer...

Enfin en ce qui concerne ce dernier point, nous allons le laisser au conditionnel car bien que nous ayons passé pas mal de temps dans le parc, nous n’en avons pas vu grand chose. On peut dire sans crainte d’en rajouter que nous avons eu à peu près le pire temps possible. Il a plu sans discontinuer pendant 5 jours, pluie se transformant parfois, sous l’action du froid (ben oui il gelait aussi, sinon c’est pas drôle) en grêle voire en neige. Evidemment qui dit pluie dit affaires humides (et impossible à sécher) et chemins boueux (et donc salissant pour les dites fringues). Qui dit pluie dit également rivières en crue et nous avons dû plusieurs fois poser les pieds dans l’eau pour traverser. Nous avons même fini par faire demi-tour devant une rivière qu’on nous disait impassable (ce qui s’est d’ailleurs avéré exagéré mais bon). Bref que du bonheur…

Le petit panneau, c'est pour bien montrer ce qui cache derrière les nuages
Le petit panneau, c'est pour bien montrer ce qui cache derrière les nuages
La meilleure vue qu'on aura des fameuses Torres del Paine
Allez on y croit ! Ca va se lever !Mais en fait non, on n'en verra pas plus...

Et encore nous n’avons pas connu la mésaventure d’autres campeurs qui ont vu leurs tentes emportées par le vent (qui soufflait à pas loin de 100km/h) et les inondations, et qui se sont vus contraints de s’abriter en pleine nuit dans les refuges. Au moins on a du bon matos. Audrey a supporté la chose relativement bien, étant données les circonstances, sachant que cette rando était un vieux rêve pour Vincent.

Le glacier des français... lesquels on sait pas, mais certainement pas le nôtre !
Le glacier des français... desquels on ne sait pas, mais certainement pas le nôtre !

Mais qu’est ce qui a bien pu faire courir ainsi son bonhomme de mari pendant ces 5 jours de brun (comme on dit dans le nord) ? Et bien l’espoir : l’être humain est ainsi fait que même au fond du gouffre (surtout à ce moment là d’ailleurs), on se dit que ça va aller mieux. La meilleure preuve en fut apportée par Vincent qui a marché pendant 5 heures (et seul) sous la pluie le dernier jour pour tenter de revoir les tours sans succès, et qui est revenu trempé jusqu’aux os. Et dire que nous sommes en plein été, on n’ose imaginer les conditions hivernales…

Mais je rêve ou bien on a une vue...
Mais je rêve ou bien on a une vue...
Ouais décidément avec du soleil, tout ça aurait beaucoup plus d'allure...
Ouais décidément avec du soleil, tout ça aurait beaucoup plus d'allure...

On fait parfois des paris et il faut alors accepter de les perdre. Tout ne peut pas se passer parfaitement dans un voyage aussi long et on a bien eu notre part de chance auparavant. Et ça nous fait des souvenirs à raconter autres que « wahou, c’est trop beau tout ça ». En tout cas on vous rassure, nous sommes de retour avec le moral dans la petite ville chilienne de Puerto Natales où nous prenons un peu de repos. Pas découragés par la Patagonie, on se dirige désormais encore plus au sud, vers Ushuaïa, la ville la plus australe du monde.

La meilleure vue qu'on a eue des tours, c'est finalement depuis notre dernier campement...
La meilleure vue qu'on a eue des tours, c'est finalement depuis notre dernier campement...

Et sinon vous savez qui c’est qu’on a encore rencontré au milieu de cet « enfer » patagonien ? Les mêmes deux frenchies qu’on n’arrête pas de croiser, qu’on le veuille ou non, depuis le Pérou ! Marie et Matthias, les M&M’s, qui nous ont abordés d’un cordial, mais déroutant au vu des circonstances climatiques, « vus les premiers » ! Eux aussi faisaient le W mais avec 4 jours de retard sur nous et en sens inverse, on leur souhaite donc le meilleur temps possible… Mais bref, nous sommes super contents de les avoir vus une dernière fois en Amérique du sud (nos routes se séparant désormais, eux remontant l’Argentine et nous le Chili) et on espère que notre prochaine fois rencontre aura lieu en France !

PS : petite mise à jour dans la foulée des pages bières et trajet en Argentine, il était plus que temps !