Galápagos – Part III : la faune, sur et sous l’eau

Et voici le dernier volet tant attendu (ou pas) de ce triptyque, que dis-je, de cette épique trilogie quasi Peter Jacksonienne sur les Galápagos! Après avoir exploré ciel et terre, il est temps de parler de nos 60 millions d’amis peuplant les océans. Au passage, nous sommes très heureux de voir par vos commentaires que vous sembler autant apprécier nos photos que nous avons eu de plaisir à les prendre. Merci !

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La première (et seule) journée de plongée autour de l’île de Santa Cruz nous a d’emblée révélé que les fonds ici étaient exceptionnellement poissonneux. Faute d’appareil photo adapté, toutes les photos sous-marines de ce billet (et même d’autres d’ailleurs) ne sont pas de notre fait mais de Martin Carlsson, un suédois over sympa rencontré durant notre croisière : Thanks Martin, you really do know how to take a good picture !

Rouquemouttus aquaticus
Rouquemouttus aquaticus

Même si les eaux étaient un peu froides ce jour-là, nous avons pu contempler requins à pointe blanche, raies de toutes sortes, bancs de poissons chirurgiens et autres poissons perroquets à volonté. Ca a d’ailleurs aussi permis à Audrey de retrouver son vieil ami le mal de mer en attendant sur le bateau entre deux plongées. Mais petite déception, pas de requins marteaux pourtant ardemment attendus…

Poissons chirurgiens
Poissons chirurgiens
Requin de récif à pointe blanche
Requin de récif à pointe blanche
Spotted eagle ray
Spotted eagle ray
Ces requins là viennent carrément se reposer à côté de la plage !!
Ces requins là viennent carrément se reposer à côté de la plage !!

Autre animal marin, que nous n’avons malheureusement pas croisé durant nos plongées et/ou snorkeling, évoluant sous l’eau telle une fusée, le pingouin. Remontée du Cap Horn en suivant les courants froids, l’espèce se plaît bien par ici mais on en a juste croisé un spécimen solitaire.

Le seul pingouin rencontré
Le seul pingouin rencontré

Enfin on ne peut parler des Galápagos sans évoquer les lions de mer ! Semblables à de gros phoques, ce sont les seuls mammifères du coin et ils envahissent absolument toutes les plages en immenses colonies étalées le ventre à l’air, poussant de temps à autres de puissants cris rauques.

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On trouve vraiment de tout sur ces plages...
On trouve vraiment de tout sur ces plages...

On était en pleine période de naissances et il faut avouer que les petits sont plutôt du genre craquant avec leur bonne tête et leurs grands yeux noirs. A les voir allongés comme ça, on ne dirait pas que ce sont de véritables missiles dans l’eau.

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Photo spéciale sage-femmes !
Photo spéciale sage-femmes !

Mais nous avons eu la chance de pouvoir nager avec eux et de les observer dans ce qui est leur élément naturel. Les jeunes viennent alors au plus près des plongeurs, leur tournent autour, font d’incroyables « aquabaties » et viennent leur souffler des bulles au visage pour s’amuser.

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Dernière créature sous-marine observée, et non des moindres, d’abord de façon isolée autour de l’île de Santa Fé, puis par dizaines près d’Isabela : les superbes tortues marines vertes. Nous en avons accompagnées certaines sur des dizaines de mètre tandis qu’elles regagnaient le grand large, placides, à peine perturbées par notre présence… De grands moments de bonheur.

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Mais mais mais... Faites sortir les enfants !!!
Mais mais mais... Faites sortir les enfants !!!

Voilà, pour info, nous sommes désormais passés au Pérou et il est déjà possible de suivre notre trajet sur la page suivante : Le trajet au Pérou

Galápagos – Part II : La faune sur terre et dans les airs

Dès l’arrivée sur l’île principale de Santa Cruz, le visiteur est confronté à une faune incroyable. A 10 minutes à peine du centre de cette modeste bourgade,  on trouve la Charles Darwin Station (ici c’est bien simple tout s’appelle Charles Darwin). Dans ce centre sont élevées, avant d’être relâchées sur chaque île, toutes les espèces de tortue géantes des Galápagos. Et quand on dit géantes, ce n’est pas une façon de parler, certains de ces monstres font pas loin de deux mètres…

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On ne peut pas non plus ne pas parler des iguanes, terrestres ou marins, qui abondent sur toutes les îles. Encore plus placides que les tortues, on les trouve le plus souvent en train de réchauffer leurs corps multicolores au soleil toute la journée avant d’aller, pour certains d’entre eux, brouter leur nourriture (des algues) au fond de la mer. Car oui, le bestiau sait nager et même carrément bien (il paraît qu’il tient une heure sous l’eau) ! Un exemple de plus de l’étrangeté de l’évolution dans ces îles…

là c'est un iguane terrestre
là c'est un iguane terrestre

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Et là son cousin aquatique (M. Carlsson)

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Mais reparlons un peu de la croisière tant attendue. Finalement on est plutôt bien tombés car nous nous sommes retrouvés dans une catégorie de navire bien au-dessus de nos moyens normaux (une promo à 750$ certes, aïe le budget, mais il ne restait que deux places à prendre). Bref un beau bateau avec de larges cabines et salles de bains privatives, waouh le luxe !

Premier arrêt dans l’île d’Española, tout au sud de l’archipel. Un endroit superbe, assez aride mais pourtant plein de vie. Entre la savane et les falaises vivent des dizaines de colonies d’animaux différents.

Les oiseaux y abondent et on y trouve des albatros aux ailes immenses dont les jeunes commençaient à peine à s’exercer à voler.

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Également les fameux « blue footed boobies » ces oiseaux danseurs aux pieds bleus qui sont la marque de fabrique de l’archipel, des faucons, des « tropic birds » à la longue queue blanche.

Tropic bird
Tropic bird
Blue Footed Boobie
Blue Footed Boobie
Galápagos Falcon
Galápagos Falcon

Et puis aussi les frégates, ces oiseaux pirates voleurs de poisson (aux autres oiseaux !), possédant au niveau du cou une poche rouge vif qu’elles peuvent gonfler de façon incroyable en période de reproduction

Frégate (M. Carlsson)
Frégate (M. Carlsson)

Et encore des sternes, des pélicans, toutes sortes de mouettes, les oiseaux chapardeurs « mockingbirds »… Bref un incroyable bestiaire aérien!

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Mocking Bird
Mocking Bird

Mais ce qui est extraordinaire ici, sûrement unique au monde, c’est qu’aucun animal ne semble avoir peur de l’être humain (à croire qu’ils ne sont pas rancuniers!) On peut donc venir observer les mères et leurs petits à des distances incroyables, presque dans le nid !

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Galápagos – Part I : les paysages

Enfin le voilà! Le billet sur les Galápagos, cet archipel volcanique paumé à plus de 1000km des côtes équatoriennes, où nous avons passé une semaine ! Il se sera fait attendre mais vous comprendrez aisément qu’on ne peut pas facilement concilier croisière de 4 jours ainsi que vie dans une région relativement isolée d’une part, et tenue d’un blog quotidien de l’autre. Du coup, pour nous faire pardonner, ce n’est pas un, ni de deux mais pas moins de trois articles qui couvriront la chose. Il faut dire qu’il y avait matière à faire de la photographie.

Mais commençons logiquement cette histoire par sa genèse : la recherche d’un tour pour se rendre sur les îles.

Comme d’habitude, nous n’avions rien planifié et avons bien failli nous en mordre les doigts. Il faut en effet savoir qu’il n’est pas facile de visiter les Galápagos en indépendant. Certains coins sont tout bonnement inaccessibles sans passer par un tour organisé. Et comme nous sommes en plein milieu de la haute saison touristique les tours sont 1) bondés 2) excessivement chers (double effet kiss cool). Bref nous avons perdu une bonne journée à visiter toutes les agences de Guayaquil pour trouver un bateau puis à mendier dans plusieurs banques afin de réunir l’argent nécessaire (on a un moment pensé à vendre un rein pour arriver à nos fins). Tout ça pour finalement arriver à un résultat mixte : 1 jour de plongée en indépendants, 4 jours de croisière et 2 jours par nous-mêmes dans l’île montagneuse et plus reculée d’Isabela.

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Commençons donc par planter le décor et parler des paysages : ici quasiment chaque île a son volcan, le plus souvent actif. La roche est donc noire, rouge, violette voire parfois jaune quand elle se teinte de souffre, et l’on sent que le relief a été dessiné par les coulées de lave successives. Dans certains cas, ces mêmes coulées ont, en se refroidissant, créé des tunnels immenses de plusieurs kilomètres de long.

Tunnel créé par la lave
Tunnel créé par la lave

A part sur certaines hauteurs plus humides, la végétation est sèche et rase, parfois semblable à de la savane, le plus souvent faites de petits buissons et lichens multicolores.

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Cependant sur certaines îles, on peut voir prospérer de véritables forêts de cactus géants.

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Les côtes présentent elles aussi un visage rugueux, fait de falaises de lave noire, figée au contact froid de l’océan, servant cependant d’asile à des milliers d’oiseaux.

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Mais de temps à autres, au fin fond d’une crique ou sur la pointe d’une île, la terre s’abaisse et d’un seul coup s’étendent d’immenses plages de sable blanc et fin.

Et si les terres semblent peu hospitalières (seules 4 îles sont d’ailleurs habitées et encore, très faiblement), il en est tout autrement de la mer dont les superbes eaux bleues sont un constant appel la baignade !

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Enfin une mention spéciale au niveau des paysage à l’île d’Isabela, atteinte après deux heures d’un des pires voyages en bateau que nous ayons jamais fait (un horrible hors-bord tape-cul où l’on a littéralement cuit au soleil). Celle-ci nous a plus d’emblée : des routes recouvertes de sable, des maisons faites de bric et de broc, pas grand monde et des palmiers partout… Ça nous changeait de l’ambiance plus touristique et organisée de Santa Cruz, l’île principale !

Nous y avons visité un site exceptionnel : l’immense cratère de la Sierra Negra, soi-disant le deuxième plus grand au monde (soit !). D’impressionnantes coulées de lave datant de la dernière éruption (2005, pas vieux non ?) y dévalaient la pente, figées dans des les formes les plus diverses, au milieu d’un paysage lunaire aux roches multicolores, ponctué parfois d’un immense et solitaire cactus candélabre. Avec, pour ne rien gâter, une vue panoramique en fond sur une bonne partie du reste de l’archipel… Bref une ambiance surréelle, magique (et bouillante, le soleil tapant très fort).

Deuxieme plus grand cratere du monde !!
Deuxieme plus grand cratere du monde !!

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Internet étant une denrée précieuse, nous n’en abuserons pas ce soir et réservons les billets sur la faune terrestre et marine pour une prochaine fois. D’ici là, portez vous bien!

El Chimborazo : the closest point to the sun

Et voici la version de Vinz du petit détour par le Chimborazo! Que ceux qui ne s’intéressent qu’à notre couple ou bien pire, exclusivement à son élément féminin, passent leur chemin. Ca va parler de moi, de moi-même et de mon ego (et en plus y aura du texte) !

Donc Audrey a évoqué l’autre jour ma montagnomanie, qui fait qu’à chaque fois qu’on passe dans une ville à proximité d’un monticule quelconque je lui glisse à l’oreille : « dis donc mon amour/bébé/cœur, on se la fait cette petite colline? ». Sauf qu’à Riobamba, la collinette en question fait la bagatelle de 6310m de haut.

Outre le fait qu’il s’agisse d’un des plus hauts volcans au monde, que ce soit le point le plus haut de l’équateur, cette montagne a une autre particularité relativement amusante : il s’agit du point le plus éloigné du centre de la terre. Dis comme ça, on s’en moque un peu mais attendez un peu.

Depuis Galilée on en est sûr, la terre est ronde, mais en fait non ! Elle est légèrement aplatie au niveau des pôles et devrait soigner son tour de taille à l’équateur. La conséquence ? Et bien plus une montagne est proche de l’équateur, plus elle est loin du centre de la terre, ou inversement plus proche du soleil (d’où le titre). Le Chimborazo bat donc l’Everest à plate couture de deux bons kilomètres (la preuve en image)

Si je vous le dis que c'est le plus haut !!!!
Si je vous le dis que c'est le plus haut !!!

Alors forcément quand j’entends un truc comme ça, j’imagine déjà tous les gazages possibles de ces prétentieux d’alpinistes himalayens ! « T’as fait l’Everest ? Ouais pas mal mais bon c’est très surfait cette montagne, pas si haute que ça en fait… Et toi tu reviens du K2 ? Intéressant également mais très loin du soleil si tu veux mon avis… » Bref il fallait que j’y aille à ce volcan.

Le problème ? Jamais fait un 6000 avant, pas même un 5000 en fait (enfin si mais en bagnole au Tibet, ça ne compte pas) Et l’acclimatation à l’altitude c’est quand même moyennement à prendre à la légère non ? Surtout quand on revient de 5 jours dans la forêt amazonienne au quasi niveau de la mer… Ouais au vu de la suite, j’aurais du m’en soucier plus… Bref nous avons fait un tour à 5000m la veille comme Audrey l’a raconté, elle a eu un mal de crâne pas possible et moi rien, je suis donc parti tout seul à l’assaut de la bête.

Regardez le T-shirt, si ça c'est pas de l'esprit "corporate" !! j'ai emporté mon cher boulot a plus de 6000m !
Regardez le T-shirt, si ça c'est pas de l'esprit "corporate" !! j'ai emporté mon cher boulot à plus de 6000m !

Bon pas tout seul, avec un guide quand même, je suis pas totalement timbré non plus. Donc pour la première journée, 40 minutes (!) de marche pour rigoler entre les deux refuges, on s’installe tranquille pour la nuit à 5000m. Pas de mal de tête, d’envie de vomir, de crachats de sang ni d’état létal, c’est bon je vais bien ! Tellement bien d’ailleurs que je pars seul marcher un peu au-dessus du refuge, vers 5300m (mine de rien, le plus haut point où je n’étais alors allé). Il fait bien plus chaud ici, dans ces hauteurs, que durant un mois de décembre (ou d’août ces dernières années) à Paris. Je passe une heure dans cet endroit avec l’incroyable et merveilleux sentiment de se dire qu’il n’y a ce soir personne plus haut que toi dans la montagne, que tu es totalement seul et loin de tout, et que tu te fiches totalement de savoir que Ségolène a perdu de 42 voix contre la maire de Lille.

Défi relevé Fred, j'ai trouvé un policier a plus de 5000m ! Et je lui ai même fait la bise mais on ne nous a pas pris en photo !!
Défi relevé Fred, j'ai trouvé un policier a plus de 5000m ! Et je lui ai même fait la bise mais on ne nous a pas pris en photo !!

On dîne à 5h30 (ah ah ah) et là le guide m’annonce sans rire qu’il est l’heure d’aller se coucher ! A 6h ! C’est juste 7h trop tôt mon brave ! Et puis après il m’annonce l’heure du lever et tout de suite tu rigoles moins : Coucher à 18h30, réveil à 22h30, yeepee ! C’est que mine de rien on a quand même 1300m de dénivelé à se faire et qu’on ne les fait pas à la même vitesse que dans les Alpes. Et puis en Équateur, les montagnes sont dégagées de 5h59 à 6h02 du matin, faut chopper le bon créneau.

Là tu fais encore le malin mais demain tu vas souffrir !
Là tu fais encore le malin mais demain tu vas souffrir !

Bref nous nous levons à 10h30 pour partir une heure plus tard après le « petit déj » sous une nuit superbement étoilée et toujours pas si froide que ça… Au début tout va bien, la neige est dure, pas besoin de chausser les crampons, toujours pas le mal d’altitude, j’ai une patate d’enfer, je vais me bouffer ce 6000m facile sans entraînement, on double toutes les cordées les une après les autres.

Petite grimpette vers une corniche avec les crampons cette fois car la pente se fait rude et c’est pas près de s’arranger. Arrivée à 5400m, toujours en forme, mais le rythme a baissé. Il faut dire qu’on va suivre l’arrête sur laquelle nous sommes arrivés jusqu’au sommet et que la pente ne va plus jamais passer en dessous de 45°. Et ici, ils ne connaissent que la ligne droite pour grimper…

Petit à petit, sous les effets conjugués de la pente, du froid qui commence à pointer, et de l’altitude qui se rappelle à mon bon souvenir, je baisse de rythme. Tiens cette cordée qui passe, c’est pas celle doublée y a deux heures ? Et cette bosse là devant, quand est-ce qu’on en vient à bout ? Et puis surtout la neige devient poudreuse : un pas grimpé égale deux de redescendus.

Et je fais de moins en moins mon malin. Si par chance je n’ai jamais ressenti aucun des effets néfastes de l’altitude décrits plus hauts, je peux vous affirmer qu’entre 5500 et 6300m, on respire vachement moins bien. Impossible de reprendre mon souffle. J’en étais arrivé à un point où je comptais chaque pas. « Allez un pas et tu souffles… Allez un autre ». Au pire du pire je faisais 30 secondes de pause effondré dans la neige tous les 10 pas. Et sans regarder autre chose que mes pieds, en mode automatique. Ce qui était vraiment plus dur ici que, je pense (on verra ça à la fin du voyage), au Kilimandjaro, c’était cette vacherie de neige.

Au pied de la bête
Au pied de la bête

Car après la poudreuse, on a eu de la croûteuse et ça, c’est encore pire. Si tu as le malheur de peser un peu trop lourd, crack, tu traverses la couche dure et tu t’enfonces jusqu’au bassin. Génial de s’extirper de là quand tu te bats déjà pour simplement marcher. T’as des idées étranges qui te viennent à l’esprit (surtout avec le froid blizzard qui s’installait) du genre « Mais pourquoi je m’allongerais pas ici pour piquer un bon petit somme ? C’est vraiment l’endroit parfait ! ». Heureusement pour toi, le guide tire sur la corde pour te sortir un peu de ta léthargie. D’ailleurs je dois avouer que sans le guide, je ne serais jamais arrivé au sommet! Déjà parce qu’à un moment, alors que je rampais (ouais ça allait moyen) il m’a intelligemment dit « Quieres regressar ? ». Forcément quand on te demande si tu veux faire demi-tour, ta fierté en prend un sale coup et tu te bats un peu plus (d’ailleurs j’ai appris un nouveau mot en espagnol, sans en connaître l’orthographe, « despacio » : lentement ! Très utile !)

Et puis aussi parce qu’il m’a littéralement tiré dans les derniers mètres. Il ne me l’a pas dit mais j’ai bien senti que la corde était tendue ! Il aura bien mérité son pourboire, lui. Bref je peux le dire, malgré les conditions pas si mauvaises, la qualité du matériel et du guide, je n’en ai jamais autant bavé pour une activité physique quelconque de toute ma vie. Et encore je dis « bavé » parce que je sais désormais que de jeunes personnes lisent ce blog (salut Léonie). Quand nous sommes arrivés à 6h30 du matin, après 7h de montée (moins de 200m à l’heure, les randonneurs alpins apprécieront) je me suis tout simplement écroulé.

Sans le p'tit gars à droite, je ne serais même pas rentré entier...
Sans le p'tit gars à droite, je ne serais même pas rentré entier...

Et alors me direz-vous « tout ça pour quoi » ? Trouver ses limites (objectif atteint !) est déjà un challenge super intéressant. Mais surtout, surtout, la haute montagne, c’est quelque chose de magique ! Malgré la souffrance, j’aurai des souvenirs inoubliables de cette lutte avec les éléments pendant la montée de mon premier 6000. Et puis une fois le soleil levé, et que tu profites de la descente sur un immense glacier avec la vision de la vallée devant toi, tu te sens juste heureux, hors du reste de l’humanité en train de se lever pour vaquer à ses occupations quotidiennes. Bref même si j’ai laissé des morceaux de moi partout sur la montagne (en particulier des poumons), je ne regrette pas une seconde cette ascension…

Et comment Audrey se retrouva seule et abandonnée à Riobamba

Facile direz-vous, au bout de 1 mois de mariage, Vincent a enfin réalisé son erreur et a largué Audrey en plein milieu de l’équateur ! Et bien ça va vous étonnez mais non ça ne s’est pas vraiment passé ainsi.

Comme à son habitude, Vincent a été pris d’une envie subite de grimper au point le plus haut des alentours…un grand classique. Mais voilà Riobamba est la ville de référence pour gravir la plus haute montagne (volcan pour être exacte) du monde : le Chimborazo.

Chimborazo
Chimborazo

J’en entends d’ici s’insurger, qu’est-ce qu’ils racontent ces 2 là, c’est l’Everest la plus haute, ils confondent Amérique du sud et Asie ou quoi ???

Bon c’est vrai que nous déformons très légèrement la réalité. Le Chimborazo est le point le plus haut de la terre depuis son centre (étant donnée sa position par rapport à l’Equateur) ou au choix le point de la terre le plus près du soleil. Il culmine à 6310m.

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On est donc allé voir une agence de trek. Le guide très sérieux, nous conseille de se faire un petit entraînement la veille histoire de voir comment on gère la chose. Son petit entraînement consiste à se faire déposer en bus à l’entrée du parc (4300m) et de se faire les 8km qui se font habituellement en 4×4 et qui permettent d’atteindre le premier refuge à 4800m puis de rejoindre le deuxième refuge à 5000m et enfin aller jusqu’à un pic.

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Bon évidemment c’est un plan organisé par Vincent qui par définition est foireux. Il s’est donc mis à pleuvoir averse au milieu des 8km puis à neiger à partir du premier refuge. Le seul intérêt de cette randonnée, hormis de s’entraîner était d’avoir un extraordinaire panorama . Évidemment on ne voit pas le bout de ses pieds alors tenter de voir un semblant de paysage semble compromis.

Bon la bonne nouvelle c’est nous arrivons sans trop de difficultés (on marche vraiment très lentement) au plus haut point jamais atteint grâce à nos petits pieds. (photos à l’appui)

5000m d'altitude !!!!
5000m d'altitude !!!

En revanche, je suis prise d’un mal de crâne épouvantable aussi nommé mal d’altitude qui nous contraint à redescendre illico presto. Évidemment le retour n’est pas plus glorieux (neige, pluie) et nous sommes contraint d’attendre sur le bord de la route le bus en espérant ne pas se faire écraser étant donné l’absence de visibilité.

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Devant l’absence d’amélioration de mon état, et l’absence de bus, Vincent se sent obligé de faire du stop, ce qui nous permet de faire connaissance avec la plus gentille famille d’Equateur qui nous ramène jusque devant notre hôtel (il y avait près de 40km).

Bon vu qu’elle écrit sur le blog, elle doit pas être morte, pensez-vous et vous n’avez pas réellement tort. Nous avons pris le seul traitement possible en ces circonstances : redescendre au plus vite. Tout va mieux à 2800m d’altitude.

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Du coup, je me retrouve privée d’ascension mais pas le Vincent qui est à l’instant où j’écris en train d’essayer de grimper son premier 6000m.

Il doit pour cela passer une nuit en refuge et a donc abandonné sa femme pendant 2 jours. Voilà pourquoi je me retrouve devant la télé à regarder Bob l’éponge (spéciale dédicace pour Hélène et Vincent).

Refuge à 4800m
Refuge Whymper à 5000m

Mais ne vous inquiétez pas je suis aussi allée affronter la ville et ses étranges personnes ne parlant pas notre langue.

Nariz del diablo

Bonjour à tous et à toutes ! C’est la fête, deux billets en trois jours, mais en quel honneur nous direz-vous ? Et bien rien de particulier en fait, nous avions juste envie de vous faire part d’un petit voyage qui nous a vraiment beaucoup plu.

 

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Bien que les chemins de fers équatoriens soient aujourd’hui réduits à la portion congrue, il reste quelques tronçons encore en activité, principalement maintenus en vie pour le plaisir des touristes, ne nous le cachons pas. De toutes façons, vu le prix du billet avoisinant celui d’un trajet Paris-Lille en TGV, il ne risque pas d’y avoir des masses de locaux dans la wagon.

 

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Le trajet que nous avons suivi partait de la localité de Riobamba pour descendre 100km plus au sud dans la ville fantôme de Sibambe. Et qu’a-t’il de particulier ce trajet en autorail (malheureusement le train à vapeur a été mis à la retraite) effectué sur des rails tordus et des ponts faisant penser au train de la mine à Disneyland ?

Et bien deux choses: d’abord on peut voyager sur le toit et ça c’est franchement la classe, même si au matin, mieux vaux se couvrir parce qu’il fait plutôt frisquet. On voyage quand même à plus de 2500m.

 

 

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Et puis surtout ce qui est extraordinaire dans ce trajet c’est le … trajet, bien vu !

On ne cesse de descendre à flanc de montagne sur des voies de plus en plus en plus pentues, dans des décors de canyons, de monts verts et de savane aride.

 

 

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Et arrivés au fameux « Nariz del Diablo » du titre de ce billet, surprise ! A cet endroit la falaise est tellement raide que le train ne peut même plus faire demi-tour pour descendre en lacet. La solution ? On avance sur une voie de garage, le mécanicien descend pour activer un aiguillage et on repart en marche arrière sur une autre voie (on descend en faisant des « Z » plutôt que des « S » donc). C’est vraiment intéressant à voir et puis encore une fois, quand on est posé sur le toit d’un train sous un superbe soleil, que demander de plus ?

El Nariz del diablo
El Nariz del diablo

 

 

 

 

Voies pour faire demi-tour
Voies pour faire demi-tour

 

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Et soudain surgissent face au vent, les plus grand héros de tous les teeeeemps…

Et bien oui, nous sommes allés nous égarer non pas dans la jungle Birmane comme un certain Bob Morane de nos amis, mais dans la jungle certes équatorienne mais non moins amazonienne. Et ceci pour la durée de 5 jours, ce qui explique notre silence des derniers jours. Déjà que nous n’avions pas l’électricité alors ne parlons pas d’une connexion Internet 😀

Mais ne brulons pas les étapes et parlons un peu de l’endroit et du périple pour y aller; car boulets que nous sommes, nous avons fait un demi-tour vers le nord alors que nous nous dirigions en plein Sud. Ça nous a pris comme ça : « Et si on se tapait 12h de bus pour aller à l’autre bout du pays pour ensuite revenir sur nos pas ? » « oh ouais super, mais on va où ?! » (bruit d’une fléchette lancée sur la carte) « A Cuyabeno !!!! » (spéciale dédicace à tous les Benoît qui comprendront, nous l’espérons, la fine allusion)

Départ donc en bus de nuit de la jolie ville de Baños, où nous avions passé 2 magnifiques jours bien relaxants, pour la ville amazonienne de Lago Agrio. Premier trajet, la pluie tombe fort et visiblement un tuyau doit la ramener directement dans la soute à bagages car nos sacs sont complètement trempés, super ! Nos livres et guides ont pris cher et une écharpe violette d’Audrey a déteint sur toutes les fringues de Vincent, youhou ! Mais rien de grave, non ? On peut continuer… Les routes du pays ne sont pas mauvaises et, bercés par le mouvement régulier du bus, on avait fini par trouver tous les deux le sommeil. Tout ça pour nous faire brusquement réveiller à 4h30 du matin par le chauffeur nous disant que nous sommes arrivés à destination ! On a beaucoup de mal à le croire car : un , nous serions arrivés 3H plus tôt que prévu, deux, nous sommes dans une petite rue (forcément sombre à cette heure-ci) qui ne ressemble en rien à la gare de bus attendue. Bref on demande à d’autres personnes autour de nous (chauffeurs de taxi, marchands ambulants qui commencent à s’installer) et nous sommes apparemment bien à destination, juste 3h trop tôt, en pleine nuit, sans nulle part de décent où attendre… Super ! On va donc faire les clodos et se poser avec tout notre barda sur des marches à peu près propres en attendant que le jour se lève et qu’on y voie plus clair, au propre comme au figuré.

les clodos
les clodos

Bon finalement tout finira par s’arranger, on trouvera notre contact sur place qui nous attendait totalement ailleurs, et après 3h de pick-up puis encore 2h de canot à moteur sur une petite rivière, nous voilà enfin arrivés à notre lodge, en plein coeur du fin fond du centre du milieu de la forêt. 5 maisons de planches au toit de bambou, assez charmantes, sans trop de moustiques, mais avec tarentules géantes en option sortant chasser la nuit…

Attention à ne pas marcher pieds nus la nuit...
Attention à ne pas marcher pieds nus la nuit...

Pendant ces journés, nous avons alterné les activités entre marche en forêt et ballades en canot, baignades dans le superbe lac voisin infesté de piranhas, d’anacondas et de caïmans (le pire est que tout est totalement vrai, mais bon vu qu’on a appris que les piranhas sont à 90% fructivores, on était rassurés) et marche de nuit pour écouter tous les sons de la jungle.

Singes capucucins et singes écureuils ensemble
Singes capucins et singes écureuils ensemble

Même si nous n’étions pas à la meilleure saison pour voir tous les animaux possibles, on a quand même eu un bel échantillon de paresseux, singes, serpents (dont un monstrueux anaconda), oiseaux colorés et même des dauphins roses de rivière assez rares avec lesquels on a pu nager un moment. Bref de vrais bons moments entrecoupés de siestes dans les hamacs…

La siesta
La siesta
Hoatzin (ou "dinde puante")
Hoatzin (ou "dinde puante")
Vincent ne sait pas prendre une photo mais Audrey sait pêcher les piranhas !
Vincent ne sait pas prendre une photo mais Audrey sait pêcher les piranhas !

 

Un cormoran
Un cormoran

 

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Un morceau d'anaconda (mais on vous jure qu'il est gros !)
Un morceau d'anaconda (mais on vous jure qu'il est gros !)
Aï aïe aïe
Aï aïe aïe

 

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Et maintenant nous sommes en attente de notre bus de nuit qui doit nous ramener … au Sud, dans la ville de Riobamba où on espère prendre le train pour continuer notre périple: A bientôt et, on le redit, n’hésitez pas à laisser vos commentaires !

En route vers de nouvelles aventures !
En route vers de nouvelles aventures !