L’Inde vue par un autre affreux de la famille…

Un texte qui date de quelques années mais qui me fait toujours autant poiler. La seule chose que je n’aime pas dans ce texte criant de vérité sur l’Inde éternelle, c’est que je n’en suis malheureusement pas l’auteur !  A lire avec son deuxième degré en veille dans un coin du cerveau 😀

Voila un petit bréviaire de tous les trucs cons et étranges que l’on peut trouver en Inde:

Les bestioles :

  • Évidemment, qui dit Inde dit vache…

La vache indienne n’a en fait rien à voir avec la vache française, si ce n’est son regard lumineux. Autant la vache française est flemmarde, autant la vache indienne est anesthésiée. Son lieu de prédilection pour regarder le monde défiler est le milieu de la chaussée où elle contemple l’air hagard, la circulation indienne la contourner. Mais quand la vache indienne a enfin décidé de se bouger, tout le monde doit se plier à son bon vouloir. C’est comme ça que des fois, on voit les deux files de l’autoroute piler brusquement (35 tonnes et camions citernes y compris), parce que le bovin placide a voulu faire du tourisme de l’autre cote de la voie express. en même temps, ça peut se comprendre, ça doit pas être très bon pour le pare choc de se bouffer un ruminant a 100 km/h.

  • Les moustiques :

Le moustique indien est plus proche de la mouette que de l’insecte. J’ai jamais vu un bestiau aussi vorace. Une piqure de moustique équivaut à peu près a ce que pourrait faire un aspivenin gardé en continu pendant 3h. Et comme y’en a pas qu’un, tu ressembles vite a un tableau de contrôle. Mais la bestiole n’étant toujours pas rassasie, elle se donne un plaisir sadique à chercher le moindre petit bout de peau encore vierge. C’est comme ça que tu te retrouves avec un spot sur le gros orteil, une verrue sur l’oreille ou un gyrophare sur le front. La petite saloperie arrive même à piquer à travers les draps et les vêtements. Du jamais vu.

  • Les cafards :

J’avais jusque là toujours trouvé cette petite bestiole rampante plutôt sympathique, croyant que son espace vital se cantonnait à mon plancher. Je me contentais alors de les virer à coup de tongue, et de voir leur résistance a l’éclatage sur le mur. Mais quand l’infâme étron sur patte (gros comme mon pouce) se mit à monter dans mon lit et à rentrer dans mes draps, là ça l’a fait beaucoup moins. Mes collègues m’ont même dit que quand le cafard prenait peur il pouvait te pincer très fort et t’enlever un petit bout de peau. Charmant. Depuis je suis devenu un tueur cafardicide. J’ai une moyenne de deux par soir. Par contre, vue la taille de l’animal, pas question de l’écraser, ça ferait désordre. Le but est donc de la projeter jusqu’a une évacuation d’eau d’un superbe revers slice. Là aussi la tongue est le meilleur outil.

 

La circulation :

Là c’est indescriptible, c’est le seul pays où tu dois regarder à droite et a gauche pour traverser une rue en sens unique. Ça se croise dans tous les sens, ça ne respecte rien, ça klaxonne à tout va. Ça klaxonne en continu d’ailleurs. L’Indien appuie sur le bidule a peu près 15 fois par kilomètre. Mais quand par miracle l’Indien se trouve sur une voie d’autoroute complètement libre, la, on commence à sentir la frustration monter en lui. Il cherche. Une petite intersection par ci par là, un piéton assis sur le trottoir. Mais pas de quoi le rassasier. Et la, le miracle, une oasis dans le désert : un semi-remorque. L’Indien s’empresse de se coller derrière lui et lui décharge toute la frustration qu’il avait contenue en lui depuis deux minutes. Le camion est par ailleurs bien heureux de servir de défouloir, puisque derrière chacun de ces véhicules, il y a écrit « please horn » (défonce-moi le tympan s’il te plait). Pour les changements de file c’est très simple, si on en a envie on le fait. Si quelqu’un se trouve sur l’autre file il a qu’à klaxonner. C’est vrai que ça aurait été trop compliqué de regarder dans le rétroviseur… Mais il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de code de la route en inde. Il est basé sur une hiérarchie très simple. Là voici :

  1. La taille du véhicule.
  2. Le nombre de roues (l’inde est peut être le seul pays ou il existe un permis 3 roues: ces gros enculés de rickshaws).
  3. La puissance du klaxon.
  4. La témérité du chauffeur.
  5. La taille de la moustache.

Bon, évidemment si t’es piéton, là t’es bien dans la merde. Mais après maintes études scientifiques, j’ai enfin compris comment traverser ma rue. Bêtement, mon premier réflexe a été d’attendre le moment propice pour passer. 3 min d’attente sont souvent nécessaires (et je rigole pas). J’ai amélioré la chose en tentant la traversée en sprint ou à l’aveuglette. Pas terrible non plus. Non, la vraie méthode, c’est de marcher posément, en se faisant contourner par tous les bus, les camions et autres camionnettes pourries qui vous klaxonnent chaleureusement à la gueule, de faire une petite pause a mi-parcours, histoire de faire un bilan sur sa vie, et de remettre ça de l’autre cote, pour symétriser la perte d’audition.

Une petite histoire rigolote. Un matin, en allant au boulot, on était sur une bretelle d’autoroute un peu encombrée. On devait rouler à 30km/h. là on entend un bruit régulier se rapprochant. On regarde. Nom de dieu. On s’est fait doubler par un cheval au galop. Comme ça ! Sur l’autoroute. N’importe quoi ce pays.

Enfin, une petite histoire bien trash. Un jour qu’on rentrait du boulot, on voit sur la chaussée une bestiole écrasée avec des bouts de chairs et de boyaux un peu partout. Sauf qu’il y avait aussi du tissu dans tout ça. Silence. Je demande ce que c’était. Tout le mode me répond instantanément que c’était un chien. Puis re-silence. c’était pas un chien…

 

 Les objets à la con :

Les Indiens sont très forts pour dénaturer les aboutissements technologiques de 2000 ans de civilisation occidentale. citons parmi ces objets débiles :

  •  La serviette en papier qui n’essuie pas. Déjà quand tu bouffes, c’est avec les doigts, la plupart des plats baignant dans une sauce rouge hyper salissante. Mais comme l’Indien n’est pas qu’à moitie con, il a trouvé une solution imparable à ça : le chapati. Une espèce de crêpe informe avec laquelle t’es sensé attraper ta bouffe. Après avoir perdu la moitié de ce qu’elle contenait pour l’amener jusqu’a ta bouche, tu t’en fous invariablement plein la gueule, le truc dégoulinant de toute part. Mais tout n’est pas perdu. Tu te diriges vers l’objet salutaire: la serviette. Déjà, quand après l’avoir ouverte tu découvres qu’elle est grande comme un demi kleenex, tu doutes de son efficacité. Mais quand tu t’aperçois qu’elle est aussi absorbante qu’un cours d’informatique, là tu ne doutes plus du tout de son inutilité. Mais comme t’as la moitié de ton assiette étalée sur la tronche, tu peux malgré tout difficilement t’en passer. Tu prends donc ton courage a deux mains, ta respiration, et tu t’échines vainement à projeter la bouffe en dehors de ta figure, à défaut de l’essuyer. Comme d’habitude, tu te loupes, et tu te retrouves avec du poulet dans l’oreille, et du curry dans les cheveux. Bravo pour cette trouvaille.
  • L’Indien ne boit son café ou son thé que bouillant. C’est déjà un peu con, mais pourquoi pas. Là où ça devient franchement idiot, c’est que le liquide est toujours servi dans des tasses en métal. Bah oui, c’est vrai que le métal, c’est pas trop conducteur, pourquoi prendre de la porcelaine, ou du plastique. Dans les endroits vraiment classe, le service vous fait la grâce de la théière ou de la cafetière intégralement en métal… merci de cet égard. Franchement c’est la grande classe.
  • Un truc qui m’a bien gonfle aussi, c’est la marche arrière sonore. Pour s’éviter un torticolis ou un regard dans le retro, l’Indien a préféré mettre sa marche arrière en musique. Ca va de Mozart a la lambada, en passant par les chants de Noël. Pour un peu que le conducteur soit novice, il s’y prendra à 25 reprises pour faire sa manœuvre, et donc, tu peux avoir droit a n’importe quelle heure de la nuit (l’engin ne peut pas s’éteindre) a 25 fois les trois premières secondes des 4 saisons de vivaldi.
  • Pour finir, mon préféré, le roi des objets a la con, celui qui justifie tout les autres. Le pack de lait souple. Putain, mais c’est génial, pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Du liquide dans un emballage souple, mais c’est tout simplement fabuleux. perso, j’en ai jamais mis moins de la moitie à cote. Merci pour tous ces instants de bonheurs offerts gracieusement et quotidiennement par la recherche indienne. Chaque matin, j’ai eu une pensée affectueuse pour l’inventeur de cette sublime invention qui doit se reposer tranquillement sur son brevet, en pensant au milliard d’habitant qui fout chaque jour du lait plein la cuisine alors qu’ils sont encore dans le colletard.
  • En dehors des objets à la con, il y a aussi les objets qui n’existent pas. Celui qui m’a le plus marque est la poubelle. Il n’y en avait pas une seule a BISS. Comment font-ils alors? C’est bien simple, une femme est paye pour passer sa journée à ramasser les ordures que tout le monde balance directement a même le sol. Pourquoi acheter une poubelle quand cent millions d’intouchables ne demandent qu’à ramasser la merde des gens respectables? De même, les rues de Bangalore sont relativement propres. Comment est ce possible dans une ville ou tout le monde jette tout par terre et où il n’existe ni camions bennes ni camions de nettoyage? C’est pareil. Une armée de fourmis en guenilles se balade dans les rues avec un panier sur la tête et un balai minuscule dans les mains, et passent leur journée le dos courbe ou dans les caniveaux a ramasser les saloperies déposées durant la journée par leurs concitoyens.

 

Les chiottes :

Ca, c’était le rayon de soleil de ma journée. Il faut savoir que les Indiens ne s’essuient pas avec du PQ. Leur main gauche leur suffit. Quand je suis arrive a BISS, quelle ne fut ma surprise quand je vis un rouleau de papier dans les dits toilettes. Je n’aurais eu cette joie que trois jours. Du coup, je me ramenais tous les jours avec mon rouleau de PQ, et je passais dignement, le front levé devant tous les bureaux avec le noble objet entre les mains. Du coup, tout le monde savait parfaitement quand j’allais déféquer ou non. Et les jours où j’avais le malheur d’y aller plusieurs fois, mes collègues s’inquiétaient de mon état de santé, et voulaient tout savoir sur la consistance de mon caca, sa compacité, sa couleur, son coefficient de pénétration dans l’air…

Une fois l’exercice termine, tu dois alors te galérer à faire couler ta crotte. Evidemment, la chasse d’eau ne marche pas, donc tu prends ton petit seau et tu vas au robinet. Et si t’as le malheur d’avoir fait une île flottante, t’es bon pour 20 aller retour, et des explications a tes collègues.

 

Les questions à la con :

Les Indiens sont des gens adorables (si si), mais il faut reconnaître que leurs questions toujours identiques peuvent amener à la saturation. La première et inévitable est what’s your name. Je sais pas ce que ça peut leur apporter de savoir mon nom, mais il m’est arriver fréquemment de sourire à une personne, de continuer ma route, et de la voir courir derrière moi pour me demander quel est mon nom. Ca doit sûrement être vital pour eux de connaître les noms de tous leurs congénères. Autant la première question peut être posée par l’ensemble de la population, autant la deuxième est la marque de fabrique d’une tranche de personnes érudites et intelligentes. Cette question, c’est where do you come from? (en fait la vraie question c’est Wedyoukomflom?). Une fois qu’ils ont le bonheur de savoir qu’ils parlent à un français (ou a un slovène, ça dépend de mon humeur), ils me répondent : Ah, France, London… So you are american? Et quand ils veulent vraiment être lourds ils me demandent quel est le taux de change entre le dollar et la roupie, puisque comme je suis étranger, ma monnaie est le dollar. C’est logique. Ils n’auront probablement jamais entre les mains le moindre dollar durant leur vie, mais connaître son taux de change avec la roupie est vachement important pour eux. Après, les plus intrigués ont plein d’autres questions en stock. Et quand tu leur as fait connaître ton arbre généalogique, ton cursus scolaire et ton curriculum vitae, là arrive non pas la question à la con, mais la réponse à la con. Ils me demandent si j’ai une petite copine (la vraie question est Are you married?. Ça peut se comprendre, dans ce pays sans amourettes avant le mariage). Forcement, je leur réponds que non, et la, neuf fois sur dix j’ai droit a un : you are gay?. C’est inconcevable pour eux d’être célibataire. Mais enfin la, je dois dire qu’ils sont pas plus cons que les français, puisque ici comme ailleurs, ça semble inimaginable pour 90 pour cent des gens d’avoir envie de vivre sans une copine a ses cotes. Et cette réponse débile, j’y ai eu plus souvent droit en France qu’en Inde.

 

L’ignorance des indiens :

C’est dément de voir à quel point mes collègues, qui sont des monstres d’intelligence sur le plan scientifique, sont incultes sur la plupart des sujets qui ne le sont pas. du genre:

  • Ils m’ont tous affirmé que le sommet de l’Inde était l’Everest (il faut dire qu’ils n’ont pas les moyens ni le temps de quitter le Karnataka), et quand j’ai eu le malheur d’émettre le fait qu’ils puissent dire des conneries, j’ai eu l’impression de les insulter.
  • Dans le genre question à la con, encore, ils m’ont aussi demandé si on avait des assiettes en france. heu non, bien sur, désolé, mais on a pas encore votre niveau de civilisation qui nous permet de manger avec les doigts dans une gamelle en métal…
  • De même, ils m’ont demande si on avait la télé en France. Non plus, évidemment, mais c’est sur que quand on l’aura, on pensera à importer vos brillantes productions télévisuelles… connards.

En fait, c’est ce qui m’a fait penser que la France n’était pas encore complètement perdue face aux cerveaux asiatiques. Même si je ne peux pas dire que dans mon école je ne suis entoure que de lumière, au moins ces gens la ont un regard sur le monde un peu plus éclairé que celui ci. L’inde a tort de négliger la culture générale, ce genre de lacunes vous modifie vite le point de vue que vous aviez sur une personne que vous trouviez brillante.

 

Les rapports hiérarchiques et entre sexes :

Les rapports hommes femmes sont tout à fait naturels au boulot, et sont même très sincères, puisque dans ce pays ou la femme choisie est la bonne et l’unique, il n’existe pas de désir extraconjugale. En revanche, une fois le boulot termine, le monde des femmes et celui des hommes restent bien distincts. Il parait anormal a un indien de faire une sortie avec des amies ou tout bonnement d’en avoir une. Chacun de son côté.

Du coup, les rapports entre hommes sont différents des nôtres. Puisque les Indiens ne peuvent pas afficher leur affection envers leur femme en publique, ils le font entre hommes. C’est pourquoi il n’est pas rare de voir deux hommes main dans la main ou un collègue passer la main dans les cheveux d’un autre ou de se mettre une main au cul quand ils sont un peu éméchés. C’est surprenant de voir que ce pays ou sur les temples on voit des scènes plus trashs que les plus crus de nos films hards se soit transforme en un pays puritain, ou les hommes et les femmes sont complexes par leur pudeur et leurs coutumes. Pas étonnant qu’il y ait autant d’homos (le mien n’était pas un cas a part, mes collègues me l’ont confirme).

Les rapports hiérarchiques sont eux aussi étranges. A BISS, tout le monde s’appelait par son prénom, sauf deux personnes plus haut placées qu’on appelait sir, et le directeur (mon tuteur), qu’on appelle doctor Sunder. Mr Sunder n’a pourtant rien d’un dictateur. C’est une personne très humaine, érudite, bourrée d’humour et jamais hautaine, mais il existe cette espèce de respect archaïque teinté de crainte. Mr Sunder a été absent pendant l’essentiel de mon stage. Durant cette période, l’ambiance était bonne, et on avait droit chaque semaine a plusieurs petites sauteries (gâteau au chewing gum et gâteaux apéritifs), très bon enfant, où tout le monde parlait et rigolait. En revanche, a son retour, les employés se sont mis à bosser jusqu’a 11h, et leur comportement était modifie. Ainsi, lors de mon pot de départ, personne ne parlait à part moi et Mr Sunder. super bizarre, on aurait dit des gosses trop bien élevés. De même, ils se cachaient pour fumer, parce que fumer devant son supérieur serait un grave manque de respect, même si Mr Sunder sait très bien qu’ils fument.

 

Le mysticisme :

Un jour, durant notre football, un mec était assis au bord du terrain en position de méditation, les jambes croisées et deux doigts posés sur le front. J’ai jamais vu ça. Le type est reste tout le temps de notre match et probablement longtemps après sans faire le moindre geste. Les joueurs le contournaient et criaient à côté de lui. Rien à faire, il restait imperturbable.

Sumana est une de mes collègues. Elle fout des Ganesh et des divinités polycéphales en font d’écran sur tous les ordinateurs. Un jour, je lui demande qui est le type qui me regarde bizarre depuis mon ordinateur. Elle me dit que c’est swamish vivekananda, un des grands maîtres penseur de l’inde. Jusque la pourquoi pas. Là où ça devient plus étrange, c’est quand elle a enchaîne sur un chapitre a propos des vertus de la méditation. Elle m’a dit que la méditation permettait une ouverture d’esprit inimaginable et un accès oublié vers des connaissances inconnues. Elle m’a dit aussi que les études étaient inutiles quand on maîtrisait la méditation, et qu’elle-même tenait une bonne part de son savoir de cet exercice. L’anecdote n’aurait rien de très folichonne si elle avait été dite par un imbécile quelconque aveugle par la religion. Mais venant d’une personne qui a écrit tous les programmes des contrôleurs qui ont été vendus comme des petits pains à la NASA, c’est déjà plus surprenant.

 

Enfin, pour conclure, trois petites anecdotes qu’on ne trouve qu’en Inde :

  • Les Indiens sont les rois de l’administration, et des que tu mets un uniforme sur l’un d’eux, il devient vite plus con que son frère. A Bombay, à l’aéroport des vols internes, j’ai eu le droit à 5 contrôles. D’abord tu fais passer ton sac dans une machine à rayon x, puis le sac est cercle à sa sortie. Tu enregistres ton billet, et la, le cirque commence pour de bon, tu passes par deux séries de détecteurs de métal, et une nouvelle série de rayons x. a chaque fois, il y a deux ou trois mecs qui se passent le passeport de main en main, parfois dans le mauvais sens, et qui scotchent au moins trente secondes chacun à l’analyser. La dernière fouille est une fouille au corps, juste avant de rentrer dans l’avion. Dans l’affaire, je me suis fait choper mon briquet. C’est clair que j’allais détourner l’avion avec ça. « Que personne ne bouge, j’ai un briquet, je ne rigole pas ». Et la, un miracle survint au milieu d’un pays ou rien ne fonctionne. Le briquet m’attendait à mon arrivée a Bangalore. Ça a l’air de rien, mais les Français ne sont pas capables d’en faire autant. A Roissy je me suis fait confisquer mes ciseaux de gosse que j’avais depuis mon enfance. Snif. La seule alternative était de l’envoyer par la poste a mon domicile. Super.

 

  •  Un jour, alors qu’on se changeait pour le football, un de mes collègues fit tomber un flacon de produit chimique par terre, la salle étant dans le noir, par peur d’être aperçu par une femme. Sans mentir, j’ai jamais vu un produit pareil. L’odeur agressait tellement le nez qu’il était impossible de rester dans la salle, et le produit était tellement corrosif qu’il grignotait le sol en lino. Et ben, ça a pas arrêté Chelua, un petit technicien super cool, qui est allé éponger le produit pieds nus. Le voyant faire, je le prends par le bras, et je lui montre le morceau de flacon ou une grosse croix noire et une main rongée par l’acide étaient dessinées. Il me dit qu’il savait ce qu’il faisait, tous ses potes ont approuvé, et pour me rassurer, il m’a dit qu’il avait passé toute son enfance pieds nus. J’étais sur le cul. Par la suite, il m’a aussi montre un de ses doigts ou il manquait une phalange, un accident qu’il avait eu à son ancien job. Un guerrier quoi.

 

  • Quand monsieur Sunder est rentré des États-Unis, il a fait un petit compte-rendu pour tout le monde, dans la salle de réunion. Cette salle est située sous le toit, et durant la réunion, la pluie s’est mise à tomber. Une énorme pluie de mousson. Puis la pluie a commencé à tomber également dans la salle jusqu’à ce qu’il y ait des minis cascades de partout. Je trouvais ça génial de les voir suivre le power point sans sourciller, alors que la salle était inondée. Je trouve ça très représentatif des contrastes existants dans ce pays. Cette entreprise qui arrive à faire des machines ayant une précision au micron et à travailler avec les meilleurs laboratoires du monde n’est pas capable d’avoir un toit étanche ou des robinets qui fonctionnent. C’est l’Inde. 
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6 réflexions sur “L’Inde vue par un autre affreux de la famille…

  1. Exellent, vraiment…tous ceux qui ont passé un certain temps en Inde en reconnaitront les exentricités ! Ce texte est une délectation d’anecdotes qui apprennent ce qu’est l’Inde et ce qui vous attend lorse que vous vous y rendez.
    J’en ai encore les larmes aux yeux… ».symétriser la perte d’audition  » elle m’a bien fait marrer celle ci et celle du sage au bord du terrain de foot, c’est tellement ça.

  2. melaine dit :

    j’adore ! je suis actuellement en Inde et je reconnais tout ça ! bon y’a un livre a écrire. Par contre je suis pas d’accord sur la place de la femme au travail … considérée comme un sous étre. Limite pire que les « servants » (j’aime pas ce mot) on les appelle comme ça.

    merci !

  3. Haha ENORME votre blog 😀
    On part en Inde, on va aussi se faire une danse bien kitsch et pourtant, je ne tombe que mainan sur votre blog 😀
    Vous avez du bien délirer ensemble, mais que faites vous mainan que vous êtes rentrés?

  4. Ely dit :

    Arrivée par hasard sur ce blog, j’ai apprécié ces commentaires si colorés et si drôles. Merci de les avoir mis en ligne!

  5. bizulk dit :

    Merci pour ce témoignage hilarant et respirant l’authenticité.

    J’ai déjà eu des contacts (universitaires) avec des indiens. Enfin un seul mais ça m’a suffit.
    J’avais déjà des aprioris (je sais c’est pas bien) à cause de l’expérience d’un collègue super sympa mais qui ne les supportait pas : leur façon de dire oui, de te mettre dans une case hors-caste à la manière que le ferait une meute de loup qui intègre un de ces hommes-loup. D’un point de vue professionnel, tu as toujours tort car tu es l’étranger.
    Mais la c’était le ponpon avec cette connaissance qui refusait son tour de ménage parce qu’il était un homme.
    Zetes vraiment cool les gars de prendre tout ça au second degré, sérieux je ferai une vrai déprime là-bas.

  6. Alex dit :

    Haha je suis plié de rire :p tellement vrai :p
    Ne pas oublier la séparation des tâches : un baya pour ouvrir l’enveloppe, un baya pour mettre le papier dedans et un pour la fermer :p

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